Valérie Plante élue: la gauche pavoise à Québec et à Ottawa

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Valérie Plante en discussion avec son attaché de presse Marc-André Viau, ancien responsable des communications du caucus du NPD à Ottawa

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Joël-Denis Bellavance et Hugo Pilon-Larose
La Presse

(Ottawa et Québec) La spectaculaire victoire de Valérie Plante aux élections municipales de Montréal dimanche soir anime les espoirs électoraux de Québec solidaire et ragaillardit le NPD à Ottawa.

Dans les deux capitales, on voit cette victoire comme un signe que « la gauche peut gagner au Québec », d'autant que le parti de Mme Plante, Projet Montréal, compte dans ses rangs plusieurs militants du NPD de même que des partisans de Québec solidaire.

Mme Plante siège d'ailleurs depuis juillet 2014 au conseil d'administration de l'Institut Broadbent, un think tank de gauche qui porte le nom de l'ancien chef du NPD Ed Broadbent et qui demeure proche du NPD fédéral. Elle a aussi participé au dernier sommet de l'organisation pancanadienne qui a eu lieu à Ottawa en avril, selon nos informations.

L'actuel attaché de presse de Mme Plante, Marc-André Viau, était auparavant responsable des communications du caucus du NPD à Ottawa, alors qu'un autre néo-démocrate, Youseff Amane, s'occupait des communications de tous les candidats de Projet Montréal durant la campagne.

« C'est certain que Projet Montréal est une coalition. Il y a des gens de tous les horizons. Ce n'est pas l'apanage d'une seule formation politique. Mais pour être tout à fait franc et honnête, je suis membre de Projet Montréal, je suis un donateur de Projet Montréal. J'ai fait une vidéo pour appuyer Projet Montréal dans Rosemont - La Petite-Patrie. J'ai une de mes employées, Maeva Vilain, qui est devenue hier conseillère d'arrondissement sous la bannière de Projet Montréal. On a beaucoup de membres et de bénévoles qui ont travaillé pour Projet Montréal », a lancé hier le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

« Est-ce qu'il y a des liens entre le NPD et Projet Montréal ? Évidemment, oui. Est-ce qu'on a maintenant plus d'alliés progressistes, environnementalistes à l'hôtel de ville de Montréal ? Oui ! »

Sa collègue néo-démocrate d'Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, a ouvertement appuyé Mme Plante et a tenu à saluer sa victoire hier à la Chambre des communes. « C'est avec un immense plaisir que je me lève aujourd'hui pour féliciter la nouvelle mairesse de Montréal, mon amie Valérie Plante. [...] Valérie est une femme progressiste, positive et rassembleuse qui met l'accent sur les gens et sur une vision d'avenir pour Montréal, en priorisant l'économie, mais aussi le transport en commun et - on comprendra ici que cela m'interpelle - le logement social et abordable. C'est un véritable vent de fraîcheur qui souffle sur Montréal, ce matin, et j'ai vraiment hâte de travailler avec elle. »

Plus tard, Mme Boutin-Sweet a interpellé le gouvernement Trudeau sur une des promesses de Mme Plante d'obtenir d'Ottawa plus d'investissement pour le logement abordable à Montréal.

Québec solidaire: des intérêts communs=

À Québec, Gabriel Nadeau-Dubois, le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), a estimé que la victoire de Valérie Plante est le symbole que « la gauche peut gagner au Québec [même si] tous les pronostics et les pessimistes disaient que Projet Montréal était trop radical et une "gang" de "pelleteux" de nuages ».

« Valérie Plante a démontré qu'en faisant des propositions concrètes, l'audace n'est pas un boulet, c'est un avantage. »

Sa collègue Manon Massé, également co-porte-parole du parti souverainiste de gauche, est élogieuse lorsqu'elle parle de Valérie Plante, première mairesse de Montréal « après 375 ans, ce qui n'est pas trop tôt ! ».

Les valeurs et les intérêts politiques communs sont nombreux entre Québec solidaire et Projet Montréal, reconnaissent les deux députés. Des membres de leur comité de coordination nationale ont ouvertement milité pour la formation politique montréalaise, Manon Massé a par le passé fait un don au parti et la conjointe d'Amir Khadir, Nimâ Machouf, était colistière de Richard Bergeron (autrefois chef de Projet Montréal) aux élections de 2009.

« C'est grâce à elle que Richard Bergeron a pu rentrer pour la première fois au conseil municipal. [...] Aujourd'hui, je suis très désolé pour mon ami [qui a perdu son siège, dimanche], mais c'est le résultat des mauvais choix qu'il a faits », résume le député de Mercier.

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, « il ne faut pas être Sherlock Holmes pour constater que les militants de Québec solidaire sont nombreux dans les rangs de Projet Montréal ». Or, si le parti se voit comme « le parti national de la gauche québécoise », il n'a pas officiellement appuyé les troupes de Valérie Plante, appelant plutôt ses militants à « aller sur le terrain pour faire avancer les candidatures progressistes ».

Une vague de la gauche au provincial ?

L'arrivée au pouvoir de Valérie Plante à Montréal, qui ne se gêne pas pour se dire de gauche, annonce-t-elle une embellie pour la gauche québécoise ? Lors du scrutin, dimanche, Valérie Plante a fait des gains dans des quartiers anglophones et multiculturels de la métropole, historiquement réfractaires à la souveraineté du Québec, alors que la gauche québécoise campe pour l'instant du côté indépendantiste.

« Je pense que notre conception du projet d'indépendance est inclusive, démocratique, sociale et peut franchir les frontières linguistiques, espère Gabriel Nadeau-Dubois. Quand on veut convaincre les gens de faire l'indépendance, si on le fait tout simplement pour protéger le vieux fond canadien-français, on ne se donne pas beaucoup de chances. »




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