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Les policiers menacent de perturber le 375e

Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et... (PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE)

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Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal

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Après les cols blancs et les cols bleus, c'est au tour des policiers de menacer de perturber les fêtes du 375e anniversaire de la Ville de Montréal en 2017 pour faire pression sur l'administration Coderre.

Le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, en a fait l'annonce aux dirigeants de la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal de façon inusitée en répondant « à tous » à une infolettre portant sur la programmation hivernale de l'événement. « Compter sur nous pour vous en faire un beau 375ieme [sic] », a-t-il écrit dans son courriel.

Le président du syndicat des policiers a trouvé insultant de recevoir une invitation « au petit party » du maire Denis Coderre alors que les relations et le climat de travail à la Ville sont « pourris ».

« On nous frappe de tous bords tous côtés, on méprise nos droits constitutionnels, et après, on nous envoie un beau petit courriel comme si de rien n'était pour nous inviter à participer aux festivités ? C'est certain qu'on a l'intention de manifester notre mécontentement », a dit M. Francoeur.

La Ville de Montréal veut attirer 10 000 touristes grâce à la programmation du 375e. « S'il faut se chicaner devant la visite, on va le faire », a-t-il ajouté.

Puisqu'il s'agit d'un service essentiel à la population, les moyens de pression des policiers sont limités. M. Francoeur souligne que les possibles actions pour perturber le 375e se feraient dans les limites de la loi. Il n'exclut pas la tenue de manifestations, un moyen rarement utilisé par les policiers.

« C'est bien évident qu'on est utilisés, mais c'est de bonne guerre, ils utilisent les armes qu'ils ont », a indiqué le commissaire aux célébrations du 375e, Gilbert Rozon, qui a reçu le courriel de M. Francoeur. « Je trouve cela dommage, mais qu'est-ce que je peux faire ? Je ne suis pas heureux de ça, mais je relativise et j'ose espérer que ça va se régler pour 2017. »

Sans contrat de travail

Les 4500 policiers représentés par la Fraternité sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2014. Cela explique notamment le port de pantalons de couleur par les agents de la Ville de Montréal.

Le syndicat affirme que le maire refuse de négocier l'enjeu de la rémunération globale en invoquant la loi 15 sur les régimes de retraite. Concrètement, la loi 15 augmenterait de plus de 40 % la cotisation payable par un policier chaque année, ce qui, selon le syndicat, équivaut à 2500 $ par année pour un « constable de 1re classe ». La Fraternité craint par ailleurs l'adoption d'un projet de loi annoncé dans le nouveau pacte fiscal entre Québec et les municipalités, qui donnera en fin de négociation le droit aux villes d'imposer les conditions de travail de leurs employés.

« On se concentre sur la production de la programmation et nous ne commenterons pas les négociations entre la Ville et ses syndicats », a indiqué Kathia St-Jean, directrice des relations publiques et gouvernementales à la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal.

L'administration Coderre n'a pas souhaité commenter cette affaire.

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