Saccage à l'hôtel de ville: les policiers ne se sentaient pas menacés

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Le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent.

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Souvent prompts à utiliser le règlement P6 pour mettre fin à des manifestations, les policiers n'y ont pas eu recours lors du saccage de l'hôtel de ville de cet été parce qu'ils ne se sentaient pas menacés, a expliqué le chef de police Marc Parent.

Le directeur du Service de police de Montréal (SPVM) a dû défendre devant des élus hier matin les lacunes dans l'intervention policière lors de la manifestation du 18 août, à l'intérieur de l'hôtel de ville de Montréal. Il a notamment dû expliquer pourquoi ses agents n'avaient pas fait appel au règlement adopté dans la foulée du printemps étudiant en 2012 spécifiquement pour contrer les manifestations plus corsées, obligeant les manifestants à fournir leur itinéraire et à ne pas se masquer.

«Pour P6, on aurait pu l'appliquer, démasquer les gens, mais les policiers ne se sentaient pas visés comme dans d'autres manifestations où ils se font lancer des objets», a expliqué Marc Parent. P6, on ne l'applique pas toujours. On l'applique selon le climat de la manifestation. Si on sent que ça dégénère, que ça va mener à des méfaits, à des actes criminels, on peut l'utiliser.»

Cette explication a fait sursauter la conseillère Laurence Lavigne-Lalonde qui lui a souligné que, si les policiers n'étaient pas visés, les élus, eux, l'étaient.

Marc Parent a précisé que le commandement sur place avait fait une mauvaise lecture de la situation en raison de plusieurs erreurs. Seulement deux policiers avaient été déployés à l'intérieur de l'hôtel de ville, alors que le bâtiment compte quatre étages. Et comme les deux agents sont restés au rez-de-chaussée, on a tardé à savoir que des manifestants avaient pénétré dans la salle du conseil municipal située au 1er étage.

Le chef de police a ajouté que des sanctions ont été imposées justement en raison de la réponse inadéquate aux débordements. En tout, huit membres du SPVM ont fait face à des mesures disciplinaires. Quatre cadres ont reçu une suspension allant jusqu'à un mois. Quatre «policiers de première ligne» attendent de connaître leur sanction.

Intensité surprenante

L'administration Coderre a reconnu que l'intensité de la manifestation l'avait prise par surprise. «Jamais on ne se serait attendu à une situation comme ça de nos employés», a commenté Anie Samson, élue responsable de la sécurité publique.

Elle dit avoir été «très inquiète» quand elle a constaté que des manifestants avaient tenté de forcer leur entrée dans le bureau du maire. «En groupe, les gens ont perdu la boule et sont allés plus loin qu'ils auraient dû. Qu'est-ce qu'ils auraient fait après ?»

Cette lecture des événements par l'administration Coderre indispose Lorraine Pagé, du Vrai changement pour Montréal. «Si, comme administration municipale, ils n'avaient pas compris que la loi 3 avait profondément indisposé le personnel, qu'ils étaient en colère, je crois qu'on a manqué de sensibilité.»

Quant au travail des policiers, Mme Pagé dit entretenir «un doute raisonnable» sur le fait que les agents aient tardé à réagir en raison d'une simple mauvaise lecture des événements. «Ou on les communications étaient mauvaise -et c'est un problème- ou on a manqué de jugement. Il me semble que quand on avait des manifestations de carrés rouges, ils réussissaient toujours à apprécier la gravité de la situation.»

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