Maurice Boucher et sa fille condamnés

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Maurice Boucher a été condamné à 10 ans de pénitencier pour avoir comploté le meurtre du caïd Raynald Desjardins, vendredi.

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Daniel Renaud
La Presse

Journée familiale vendredi au Centre de services judiciaires Gouin, à Montréal. Maurice Boucher a été condamné à 10 ans de pénitencier pour avoir comploté le meurtre du caïd Raynald Desjardins. Quelques minutes auparavant, sa fille, Alexandra Mongeau, a reçu une peine de 21 mois à purger dans la collectivité après avoir plaidé coupable à un chef de possession d'argent provenant des fruits de la criminalité.

La jeune femme de 28 ans était également accusée d'avoir comploté le meurtre de Desjardins avec son père et un autre individu - dont on doit taire le nom - mais elle a été acquittée de cette accusation lorsque le procureur de la Poursuite, Me Matthew Ferguson, a annoncé avoir choisi de ne pas présenter de preuve.

La majorité de cette preuve reposait sur des images vidéo (et sonores) de Maurice Boucher et de sa fille captées par des caméras de surveillance installées dans le parloir de l'Unité spéciale de détention (USD) où est détenu l'ancien chef guerrier des Hells Angels.

Maurice Boucher avait présenté une requête pour faire exclure cette preuve, arguant notamment que l'interception était illégale en raison de l'expectative raisonnable de vie privée au parloir du Centre régional de réception du pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines. Mais le juge Downs a rejeté sa requête et Maurice Boucher a plaidé coupable au chef de complot le 17 avril dernier.

Loin de la réhabilitation

Après avoir écouté les courtes plaidoiries des parties, avant de prononcer sa sentence, le magistrat a demandé à Boucher s'il avait des choses à ajouter. «Tout est beau», a répondu l'ancien motard, d'une voix éraillée.

Le juge a ensuite confirmé la sentence de 10 ans, qui est concurrente à celle, à vie, que purge déjà Maurice Boucher pour les meurtres de deux gardiens de prison commis à la fin des années 90, au plus fort de la guerre des motards.

En rendant sa décision, le juge Downs a fait valoir que cette affaire démontrait que Maurice Boucher n'était pas sur la voie de la réhabilitation et que les facteurs atténuants étaient «quasi inexistants». Il a souligné que le condamné a utilisé sa fille comme courroie de transmission pour tuer Raynald Desjardins. Le juge a ajouté que cette nouvelle sentence était théorique mais symbolique, que la justice devait prévaloir en toutes circonstances et qu'un lieu d'incarcération n'est pas une zone de non droit.

«Nous sommes satisfaits de la décision et également que le juge ait souligné qu'un lieu d'incarcération n'est pas une zone de non droit», a déclaré le procureur Ferguson après l'audience. Le procureur a aussi précisé que même si la nouvelle sentence ne change rien à la durée de la peine actuellement imposée à Boucher, elle pourrait jouer dans la décision des commissaires lorsque l'ancien motard s'adressera à la Commission des libérations conditionnelles pour obtenir une éventuelle libération.

Alexandra Mongeau, la fille de Maurice Boucher... (Photo Ivanoh Demers, La Presse) - image 2.0

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Alexandra Mongeau, la fille de Maurice Boucher

Photo Ivanoh Demers, La Presse

1000 $ par mois

Quant au chef de recel d'argent pour lequel Alexandra Mongeau a plaidé coupable, Me Ferguson a lu un résumé des faits selon lequel la jeune femme recevait 1000 $ par mois provenant d'une taxe imposée par des individus à un réseau de trafic de stupéfiants opérant dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Durant l'enquête policière qui a mené à son arrestation en novembre 2015, Mme Mongeau a également été vue entrant dans un logement servant de lieu de transit d'argent pour l'achat de cocaïne, et où près de 60 000 $ ont été trouvés lors d'une perquisition.

La preuve révèle également que Mme Mongeau était très proche et communiquait régulièrement avec un individu, souvent avant et après qu'elle visite son père au pénitencier. «Elle servait de courroie de transmission entre cet individu et Maurice Boucher», a dit le procureur.

En mai 2015, alors qu'elle a visité son père à l'USD, Alexandra Mongeau lui a dit qu'elle croyait avoir fait une gaffe lors d'une discussion avec une tierce personne. Son père lui a répondu de ne pas donner de nom, et de tout dire à l'individu en question.

Durant sa sentence de 21 mois, Mme Mongeau devra respecter de sévères conditions. Entre autres, durant les six premiers mois, elle sera assignée à résidence 24 heures sur 24 sauf durant une plage horaire très précise pour effectuer ses commissions, pour des sorties médicales ou pour d'autres sorties accordées par son agent de libération. Elle devra avoir une ligne téléphonique dure et toujours répondre au téléphone. Elle ne pourra communiquer avec son père sauf par le courrier postal, et ses lettres seront ouvertes et examinées par les autorités.

Durant l'audience de ce matin, Maurice Boucher a cherché à croiser le regard de sa fille et il a simulé le battement de son coeur, pour lui dire qu'il l'aimait. Il a aussi fait un geste voulant dire qu'elle avait maigri, en levant ses pouces en l'air.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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