Procès pour le meurtre de Pina Rizzi: des pieds sortis du tapis, relate un témoin

Jean-Philippe Tremblay, en 2009... (Photo archives La Presse)

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Jean-Philippe Tremblay, en 2009

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« Sur la go depuis quatre jours, en rechute sur la cocaïne », Pierre Painchaud trouvait « merveilleux » de trouver un cabanon dans une cour désaffectée de la rue Notre-Dame Est pour y dormir un peu, l'après-midi du 4 août 2009. Son abri de fortune lui réservait cependant une très mauvaise surprise.

En voulant sortir du cabanon le tapis roulé qui « puait le brûlé et le calvaire », M. Painchaud a vu apparaître deux pieds. « J'ai fait un sapré saut. J'ai dit : "Tabarnak, c'est des pieds ! Des petits pieds en plus !" J'ai pensé à Cédrika Provencher. J'ai paniqué. C'est ben beau, s'intoxiquer, mais tu désintoxes assez vite », a relaté M. Painchaud, hier, alors qu'il témoignait au procès de Jean-Philippe Tremblay. Ce dernier est accusé d'avoir tué avec préméditation Pina Rizzi, maquilleuse professionnelle d'une quarantaine d'années.

CRAINTE

Mais ce fameux après-midi d'août, après sa découverte, c'est M. Painchaud qui craignait d'être accusé du crime. D'autant, dit-il, qu'il a un dossier criminel, qui inclut des voies de fait. Mais il se disait qu'il ne pouvait pas partir de là sans rien faire. Après avoir appelé son ex-conjointe pour l'informer de sa découverte, il a appelé le 911. La répartitrice lui a dit de rester sur place, mais, craintif, M. Painchaud est plutôt allé attendre dans le parc de l'autre côté de la rue. Les policiers sont arrivés et n'ont pas mis de temps à le retrouver. Il a senti une main sur son épaule. Dès que les policiers ont su que c'était lui qui avait appelé, M. Painchaud dit s'être retrouvé au sol, « la face dans la bouette et menotté dans le dos ». Il a ensuite été placé dans la voiture de police, « les vitres fermées ».

« J'essaie d'aider, et c'est moi qui me fais brasser », a déploré M. Painchaud. Sa situation a été éclaircie quand les enquêteurs des homicides sont arrivés.

SOIRÉE

Un peu plus tôt, hier, c'est une amie de longue date de la victime, Annette, qui a témoigné. Elle a raconté qu'elle et Pina étaient sorties ensemble le soir du 1er août 2009 pour voir un spectacle et aller dans un bar. À la fermeture du bar, Pina Rizzi voulait continuer à faire la fête dans un « after-hour ». Annette l'a vue partir avec trois hommes qu'elle venait de rencontrer. Annette n'en revenait pas. Elle croit que Pina avait pris de la cocaïne. Elle n'a jamais revu son amie par la suite, et elle est allée rapporter sa disparition quelques jours plus tard. Au poste, elle a fini par apprendre que son amie était morte.

Lors de son exposé d'ouverture, Me Catherine Perreault a indiqué au jury que la théorie de la Couronne veut qu'au petit matin, Mme Rizzi ait croisé le chemin de M. Tremblay ; ils auraient marché dans la rue Notre-Dame Est et se seraient retrouvés dans le fameux cabanon. Lorsque le cadavre de Mme Rizzi a été découvert, le 4 août, il affichait de nombreuses blessures, son chandail était enroulé autour de son cou, son soutien-gorge était détaché et sa petite culotte avait disparu. Le procès devant jury, présidé par la juge Sophie Bourque, se poursuit aujourd'hui. Me Martin Latour défend l'accusé.




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