Mike Duffy affirme avoir été poussé à réclamer tous ses frais de subsistance

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Mike Duffy

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(Ottawa) Mike Duffy affirme que ce sont des leaders du Parti conservateur au Sénat qui l'ont incité à réclamer ses frais de subsistance dans la capitale nationale pour valider la thèse qu'il vivait bel et bien à l'Île-du-Prince-Édouard.

Au cours de la deuxième journée de son témoignage, hier, M. Duffy a affirmé que c'est le sénateur David Tkachuk qui avait lui-même insisté quelques jours après sa nomination pour qu'il présente toutes ces réclamations pour frais de logement et de voyages au Sénat.

«Il a dit: "C'est très important que tu réclames toutes les allocations, parce que si tu ne le fais pas, [il y aura] des différences par rapport à d'autres sénateurs [...].»

David Tkachuk était l'un des leaders du Parti conservateur au Sénat et un membre influent du comité de régie interne, qui gère les questions administratives de la Chambre haute. Dans un article publié dans le Guardian de Charlottetown deux jours après la nomination de M. Duffy, un expert remettait en question sa capacité de représenter la province au Parlement. La Loi constitutionnelle de 1867 prévoit que les sénateurs sont tenus d'être «domiciliés» dans la province pour laquelle ils sont nommés. Or, bien que l'ex-journaliste soit né et ait grandi à l'Île-du-Prince-Édouard, il habite Ottawa depuis les années 70.

Mike Duffy affirme qu'il a fait de son chalet de l'Île-du-Prince-Édouard sa résidence principale au moment de sa nomination et que la situation était connue du premier ministre Stephen Harper. Le témoin a précisé qu'il aurait pu vendre sa maison de la banlieue d'Ottawa et réclamer aux contribuables des frais de subsistance encore plus importants lors de ses séjours dans la capitale, mais qu'il a préféré garder cette résidence pour être plus près de la famille de son épouse.

Le sénateur fait face à 31 chefs d'accusation de fraude, abus de confiance et corruption de fonctionnaires. Ces accusations visent ses frais de logement, de déplacement et de bureau ainsi que l'acceptation d'un paiement de 90 000$ par l'ex-chef de cabinet de M. Harper, Nigel Wright.

«Toutes les réclamations que j'ai présentées, qu'elles soient pour le logement, pour les voyages ou quoi que ce soit d'autre, ont toutes été faites de manière ouverte, honnête et en toute bonne foi», a-t-il martelé hier.

Il a en outre décrit Stephen Harper comme un premier ministre extrêmement cachottier, qui s'en remettait le plus souvent à son adjoint Ray Novak pour communiquer avec de tierces parties et distribuer ses directives. Dans le passé, a affirmé M. Duffy, la plupart des premiers ministres écrivaient leurs notes en marge des documents qui leur étaient présentés. «Ce premier ministre-là utilise des notes Post-it jaunes. Et quand les documents retournent vers le bas de l'échelle au sein de la bureaucratie, les Post-it disparaissent. Ça ne laisse aucune trace.»

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