Aaron Driver: le chauffeur de taxi dit que la police ne l'a pas aidé

Aaron Driver est mort au cours d'une confrontation... (Photo La Presse canadienne, Dave Chidley)

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Aaron Driver est mort au cours d'une confrontation avec les agents de la GRC, mercredi dernier à Strathroy, en Ontario.

Photo La Presse canadienne, Dave Chidley

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La Presse Canadienne
STRATHROY, Ontario

Le chauffeur de taxi qui se trouvait dans sa voiture avec un présumé terroriste lorsque celui-ci a été abattu par la police la semaine dernière en Ontario blâme sévèrement les autorités pour avoir mis sa vie en danger.

Terry Duffield a déclaré au quotidien The London Free Press que les policiers ne l'avaient pas prévenu de ce qui se tramait. Il avait pourtant attendu cinq minutes dans l'entrée de garage de la maison d'Aaron Driver avant que l'homme de 24 ans ne sorte pour s'asseoir à l'arrière de son taxi.

Il a expliqué que les agents avaient attendu qu'il recule son taxi dans la rue pour se ruer sur eux. C'est à ce moment que le suspect a fait détonner un engin explosif.

M. Duffield affirme que ce ne sont pas les policiers qui ont sauvé sa vie, mais plutôt un paquet de cigarettes. Quelques secondes avant que l'explosion ne survienne et que les agents ne commencent à tirer, M. Duffield dit s'être baissé pour attraper ses cigarettes, ce qui lui a permis d'être protégé par son siège.

Aaron Driver est mort au cours de la confrontation avec les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), survenue mercredi dernier à Strathroy, en Ontario. Il venait d'enregistrer une vidéo de martyr dans laquelle il laissait entendre qu'il allait mener une attaque à la bombe dans un centre urbain.

Le suspect était sous le coup d'un ordre de la cour qui lui interdisait de s'associer à une quelconque organisation terroriste, d'utiliser un ordinateur ou un téléphone cellulaire. Il n'était toutefois pas soumis à une surveillance continue, malgré les préoccupations des autorités à son endroit.

«Alors que j'étais étendu au sol, j'ai entendu un policier dire que Driver bougeait toujours. Par la suite, j'ai entendu quatre ou cinq détonations et ensuite, c'était le silence complet», a témoigné M. Duffield, âgé de 47 ans, qui dit souffrir aujourd'hui d'un stress post-traumatique.

«Pourquoi est-ce que la police a mis ma vie en danger? Ils n'ont absolument rien fait pour m'aider à n'importe quel moment», a-t-il dit au quotidien. «Ils n'ont absolument rien fait pour m'empêcher de me retrouver dans cette situation.»

La police provinciale de l'Ontario, qui a pris en main l'enquête sur la mort de Driver, a affirmé mardi que le présumé terroriste a été tué par balles. Aucun autre détail n'a été dévoilé.

Aaron Driver avait déménagé à Strathroy plus tôt cette année pour habiter avec sa soeur. Le FBI a informé les autorités canadiennes des activités troublantes de Driver quelques heures avant que la GRC n'intervienne.

Le père du défunt a affirmé que son fils avait eu une enfance difficile, mais qu'il semblait avoir repris sa vie en main après s'être converti à l'islam.

Des agents du Service canadien du renseignement de sécurité l'avaient toutefois contacté en janvier 2015 pour l'informer de commentaires subversifs que son fils avait publiés sur les médias sociaux.

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