Expulsé en 2014, un redoutable chef de gang est de retour à Montréal

Richard Goodridge... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse)

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Richard Goodridge

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Daniel Renaud
La Presse

Un redoutable chef de gang proche des Hells Angels, qui avait été expulsé du Canada à l'hiver 2014, est de retour à Montréal depuis au moins le mois de février dernier. Richard Goodridge, 47 ans, qui avait été expulsé pour grande criminalité vers son pays d'origine, le Guyana, serait revenu au Canada légalement, selon ce qu'il a dit à TVA.

On ignore comment Goodridge a pu revenir au pays. Certaines informations laissent croire qu'il aurait obtenu sa citoyenneté. Mais à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, une porte-parole nous a répondu qu'en raison de la loi sur la projection des renseignements personnels, elle n'était pas en mesure de divulguer de l'information sur M. Goodridge sans son consentement.

Richard Goodridge avait lutté contre son expulsion en 2014. Devant un commissaire, il avait rejeté tout lien avec le crime organisé, se présentant plutôt comme un vendeur de batteries d'appareils électroniques et de téléphones cellulaires, un responsable de la sécurité et un professeur d'arts martiaux mixtes.

Mais le commissaire avait maintenu son renvoi et Goodridge s'était adressé au ministre de l'Immigration. Il avait bénéficié d'un sursis et devait respecter des conditions qu'il a toutefois brisées, en se rendant à Toronto sans prévenir les autorités. Le fait que son nom ait été inscrit sur une liste de clients liés au crime organisé et interdits au restaurant Cavalli dans une décision de la Régie des alcools lui avait également nui.

Depuis son retour à Montréal, les policiers du SPVM ont observé et enquêté sur Goodridge à plus d'une reprise. Selon des informations qui n'ont pas été confirmées, il aurait effectué quelques voyages, notamment en Amérique centrale.

Un parcours tumultueux

Durant les années 90, Goodridge aurait fait partie des Scorpions, une clique qui gravitait dans l'entourage des Rockers, un défunt club-école des Hells Angels. Selon certaines informations, Goodridge aurait été très proche de Dany Kane, membre des Rockers devenu agent d'infiltration dans l'enquête Printemps 2001 qui a mené au démantèlement de ce club-école et des Hells Angels Nomad. Kane, rappelons-le, s'est suicidé avant l'aboutissement de l'enquête. En 1999, Goodridge avait été observé comme garde du corps dans un cortège dans lequel se trouvait l'ancien chef guerrier des Hells Angels, Maurice Boucher.

Au milieu des années 2000, Goodridge a fondé, avec le défunt caïd Ducarme Joseph, le gang de rue des 67 à Montréal. Les deux hommes se sont ensuite brouillés, devenant des ennemis jurés. En 2005, Joseph a quitté les 67, dirigés par Goodridge, et qui deviendront plus tard les Loyalties, selon ce que le lieutenant du SPVM James Paxeo avait expliqué devant un commissaire à l'immigration et au statut de réfugié.

Durant les années 90 et 2000, Goodridge a été victime d'au moins quatre tentatives de meurtre, dont une au cours de laquelle un projectile lui a sectionné un doigt à Toronto, où il aurait résidé de 2000 à 2004.

La police le soupçonne d'être impliqué dans l'attaque de la boutique de vêtements de Ducarme Joseph dans le Vieux-Montréal, qui a fait deux morts et deux blessés en mars 2010. Dans les heures qui avaient suivi cette attaque, la police avait fait fermer d'urgence un bar de danseuses du centre-ville de Montréal, le Temptation, dont Goodridge était au moins le gérant, par crainte de représailles.

Même s'il est bien connu des policiers, Richard Goodridge a peu d'antécédents judiciaires. Il a été intercepté à bord d'une voiture dans laquelle il y avait une arme, à Toronto en 2004. Au Québec, il a été reconnu coupable de deux accusations de possession d'arme et de vol de carte de crédit. Il a été acquitté ou a bénéficié d'un arrêt de procédures dans plusieurs autres dossiers.

***

Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le (514) 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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