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Informateurs du SPVM: «Je travaillais juste avec Phil»

L'ancien enquêteur Philippe Paul répond à ses détracteurs... (PHOTO DE COURTOISIE)

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L'ancien enquêteur Philippe Paul répond à ses détracteurs dans un livre intitulé Coupable d'être policier, en librairie demain. En novembre 2004, il a posé avec des armes saisies lors d'une opération policière.

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Des informateurs confidentiels du SPVM affirment qu'ils refuseront désormais de collaborer avec la police à la suite du départ dans des circonstances nébuleuses de leur contrôleur, le sergent-détective Philippe Paul, qui lance demain un livre sur les coulisses du corps policier.

La Presse a réussi à s'entretenir avec trois sources enregistrées, des informateurs bien connectés qui ont vendu pendant longtemps au SPVM des informations sur le crime organisé.

Tous étaient contrôlés par l'enquêteur Philippe Paul, réputé pour être l'un des policiers québécois qui disposaient du plus grand nombre de contacts sur le terrain, jusqu'à sa suspension et son départ à la retraite il y a un an. Tous ont voulu monter au créneau pour sa défense en prévision de la sortie de son livre, Coupable d'être policier, qui arrive en librairie demain.

Dans son ouvrage, Philippe Paul se défend d'avoir été trop proche de ses sources, comme on l'en a accusé au moment de le suspendre pour «mauvaises fréquentations». Il raconte aussi ses faits d'armes avec moult détails spectaculaires, comme pour défier ses nombreux détracteurs.

«Juste avec Phil»

«C'est faux de dire qu'il était ami avec les criminels. Il faisait son travail, il collectait de l'information. Si un autre policier m'appelle, je lui dirai non. Je travaillais juste avec Phil, je ne fais confiance à personne d'autre», a lancé l'un des informateurs que La Presse avait interrogé autour d'un café.

Une autre de ces sources enregistrées affirme qu'elle accepterait de rencontrer d'autres enquêteurs, mais seulement en présence de son ancien contrôleur, qui est maintenant persona non grata auprès de la direction du corps policier. «J'ai toujours dit à Phil: les autres, je ne les rencontre pas sans toi. Phil a toujours été intègre avec moi, il ne m'a jamais donné de trouble. C'est sûr qu'il y a d'autres policiers et des criminels qui le haïssaient... il faisait vraiment beaucoup de job», dit-elle.

«C'est dommage, car il y en a là-dedans qui ont certainement de bonnes informations qui pourraient encore servir», renchérit Philippe Paul en entrevue, au sujet de ses contacts. Il affirme toutefois avoir déjà retransmis à d'anciens collègues certaines informations qu'il continue de recevoir.

Le jeune retraité sait qu'il ne convaincra pas tout le monde avec son livre. Il s'est fait dans la police trop d'ennemis, qui critiquaient non seulement ses relations avec ses sources, mais aussi sa capacité à travailler dans l'intérêt de la justice et du SPVM plutôt que pour sa gloire personnelle.

Tellement de rumeurs circulent à son sujet qu'il s'est retrouvé dans la mire non seulement de la division des Affaires internes du SPVM, mais aussi de policiers de la Sûreté du Québec et de la GRC. Il n'a été accusé de rien, mais sa suspension l'a poussé à démissionner.

Il conserve encore quelques alliés, notamment son ancien partenaire André Loiselle, un enquêteur d'expérience qui ne s'est pas gêné pour l'appuyer, lorsque joint par La Presse. «Phil, je laisserais ma vie entre ses mains. N'importe quand», dit-il.

Enquêtes dévoilées

Son livre fera grincer des dents tant chez les criminels que dans la police en dévoilant les détails de certaines enquêtes, dont au moins une qui est toujours devant les tribunaux.

Il s'agit du dossier de membres d'un gang de rue arrêtés pour avoir tué le beau-frère du caïd Raynald Desjardins sur commande de la mafia italienne en 2013.

Philippe Paul raconte comment les policiers ont piégé ces «tueurs à gages novices» grâce à l'imprudence d'un de leurs leaders qui utilisait un téléphone crypté pour parler aux mafieux, mais qui répétait ensuite la conversation à ses amis sur un téléphone non crypté qui pouvait être épié facilement.

«Il n'a pas inventé le bouton à quatre trous, celui-là!», dit à la blague l'ex-policier, qui prétend s'être protégé contre les représailles en préparant des «enveloppes» avec des informations incriminantes sur certains personnages, qui pourraient être mises en circulation s'il lui arrivait quelque chose.

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