Accusations déposées contre l'homme arrêté dans un hôtel d'Ottawa

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Christopher Burton Phillips

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(Ottawa) Des accusations de menace contre un policier et de possession d'un produit chimique susceptible de mettre la sécurité du public en danger ont été déposées à Halifax contre Christopher Phillips, l'homme arrêté mercredi dans un hôtel d'Ottawa.

M. Phillips devait être raccompagné jusqu'en Nouvelle-Écosse hier après-midi, où il demeurera détenu.

Pour la deuxième journée consécutive, la GRC est restée très prudente dans ses commentaires et n'a partagé qu'un minimum d'informations sur cette affaire qui a attiré l'attention des médias du Canada et du monde entier.

Christopher Phillips, un Américain de 42 ans qui réside en banlieue d'Halifax, aurait conservé une grande quantité de produits chimiques dans un chalet au sud-est d'Halifax. Un colis suspect aurait aussi été découvert dans une résidence de Cole Harbour, en banlieue de la capitale néo-écossaise.

On ignore la nature exacte de ces produits. Un document déposé en cour hier indique toutefois que la substance dangereuse pour le public serait du tétroxyde d'osmium, une substance volatile et toxique qui peut pénétrer la peau. On ignore comment M. Phillips se l'est procuré.

L'évacuation des voisins du chalet de Grand Desert reste en vigueur au moins jusqu'à ce matin. Des chimistes de Santé Canada ont été appelés en renfort pour identifier les matières qui s'y trouvent.

Aucune substance dangereuse n'a été découverte à l'hôtel Chimo d'Ottawa, où M. Phillips a passé la nuit de mardi à mercredi. L'établissement a été évacué en pleine nuit et à l'insu du suspect lorsque les policiers ont été alertés de la présence de ce dernier.

La GRC a confirmé hier qu'il avait bel et bien conduit à bord d'une camionnette de la Nouvelle-Écosse jusqu'à la capitale nationale.

Ancien spécialiste militaire

Selon une note interne du corps policier qui n'a pas été rendue publique, mais dont CBC a fait état, Christopher Phillips est un ancien spécialiste militaire des armes biochimiques.

Il est diplômé d'ophtalmologie d'une université américaine et a possédé sa propre clinique de chirurgie des yeux au laser près de Seattle, qu'il a fermé abruptement en 2008 avant de déclarer faillite.

Son divorce acrimonieux en 2006 avec Shannon Miller, ex-médaillée d'or olympique en gymnastique, a aussi attiré l'attention des médias. Mercredi, Mme Miller a remercié les policiers canadiens par le truchement d'un porte-parole.

On ignore les circonstances dans lesquelles les infractions alléguées ont été commises, et les raisons qui auraient poussé le suspect à agir de la sorte. Des documents judiciaires évoquent une période d'environ un mois durant laquelle ces crimes auraient été commis, entre le 26 décembre et le 21 janvier.

La police a martelé qu'aucune preuve n'indique pour l'instant d'intention de commettre un acte terroriste. Personne n'a été blessé dans le cours de cette affaire.

Selon une note interne de la GRC, M. Phillips pourrait être aux prises avec des troubles mentaux ou des symptômes de stress post-traumatique.

Qu'est-ce que le tétroxyde d'osmium?

Le tétroxyde d'osmium est un composé chimique utilisé dans les laboratoires de chimie, de biochimie et de biologie, principalement en microscopie. Il est très oxydant, une propriété qui lui vaut d'être utilisé, sous sa forme diluée, comme agent colorant.

«C'est un produit qui est rare, cher et dangereux, car il est extrêmement réactif», résume Jérôme Claverie, professeur au département de chimie de l'Université du Québec à Montréal. Le produit, qui se présente sous forme solide, émet des gaz qui réagissent avec des composants biologiques comme les protéines, les lipides ou l'ADN. «Il s'attaque en premier aux yeux. Il peut endommager la surface de l'oeil ou la peau. Il doit être catastrophique pour les poumons», illustre M. Claverie.

À l'état pur, sous sa forme solide, un gramme de tétroxyde d'osmium est vendu 300$. Et il est peu accessible. «À ma connaissance, le seul moyen d'acheter ce genre de produit est d'être une entreprise ou une université qui en a besoin», indique le professeur Claverie. 

- Marie-Michèle Sioui 

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