27e meurtre à Montréal: entre la mafia et les gangs de rue

La victime est Ewald Étienne, un organisateur de... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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La victime est Ewald Étienne, un organisateur de spectacles et d'événements qui n'est pas connu des policiers.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

Tiraillée entre les gangs de rue et la mafia, la victime du 27e meurtre de l'année à Montréal subissait depuis plus d'un an une éprouvante affaire d'extorsion qui minait sa santé et suscitait ses craintes, ont confié des sources à La Presse.

L'homme a été tué hier dans le quartier Rivière-des-Prairies.... (Photo Félix O.J. Fournier, Collaboration spéciale) - image 1.0

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L'homme a été tué hier dans le quartier Rivière-des-Prairies.

Photo Félix O.J. Fournier, Collaboration spéciale

Ewald Étienne, 35 ans, un promoteur de spectacle, propriétaire de café et employé de banque nous a été décrit comme un homme très doux et gentil.

Mais derrière cette image en apparence heureuse, il vivait un cauchemar depuis plus d'un an alors qu'il a été désigné comme «garantie» pour une dette contractée par deux individus d'origine haïtienne auprès de la mafia. Un jour, les deux hommes auraient quitté le pays et M. Étienne se serait retrouvé à devoir assumer l'importante dette dont le montant ne nous a pas été communiqué.

La victime a fini par porter plainte à la police et il y a environ un an, un individu lié à la mafia a été arrêté et accusé. Mais selon nos informations, des membres de gangs de rue ont ensuite demandé à M. Étienne de retirer sa plainte, ce qu'il a voulu faire, en vain. Il s'est ainsi retrouvé coincé entre les gangs de rue et la mafia.

«Il avait très peur. Cette affaire l'a rendu malade», affirme une source.

Le suspect accusé dans cette affaire a subi son procès et a été acquitté il y a quelques semaines. Cette affaire de dette et d'extorsion sera vraisemblablement examinée par les enquêteurs de la Division des crimes majeurs de la police de Montréal, mais ceux-ci devront ouvrir toutes les autres portes et n'écarter aucune hypothèse. «Quelqu'un qui doit de l'argent vaut plus cher vivant que mort», nous a-t-on dit. Ewald Étienne connaissait des individus liés aux gangs de rue et à la mafia.

Signature du crime organisé

«C'est vers 20 h 30 jeudi soir que des membres de la famille d'Ewald Étienne ont communiqué avec le 911 pour dire que l'homme était en sang au volant de sa voiture, devant sa résidence située sur la 63e avenue, près du boulevard Maurice-Duplessis», raconte l'agent Manuel Couture de la police de Montréal.

Les techniciens paramédicaux d'Urgences Santé ont été appelés sur les lieux et ont aussitôt pratiqué les manoeuvres habituelles de réanimation. L'homme a ensuite été transporté à l'hôpital où son décès a été constaté. La victime a été atteinte d'au moins un projectile d'arme à feu dans le haut du corps.

Au Registraire des entreprises, le nom d'Étienne apparaît en tant que propriétaire d'un bar de la rue Saint-Laurent à Montréal, le Havana Café. Fait anecdotique, M. Étienne avait été porté disparu par erreur à la suite du séisme de janvier 2010 en Haïti.

C'est le troisième assassinat commis en trois semaines dans le nord-est de Montréal.

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