La saga judiciaire d'un enseignant canadien en Indonésie s'allonge encore

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Neil Bantleman

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Diana Mehta
La Presse Canadienne
TORONTO

Des procureurs indonésiens ont porté en appel une décision qui a permis de faire libérer un enseignant canadien condamné pour pédophilie dans le pays.

Neil Bantleman purgeait une peine de 10 ans de prison lorsqu'une décision a permis sa sortie en août dernier. Une interdiction de voyager demeurait toutefois en vigueur.

D'après son frère, cet appel l'empêchera désormais de rentrer au Canada pour plusieurs mois encore.

Originaire de Burlington, en Ontario, Neil Bantleman et Ferdinant Tjiong, un assistant indonésien, travaillaient à l'école interculturelle de Djakarta lorsqu'ils ont été arrêtés, en juillet de l'an dernier, à la suite d'une plainte des parents d'un garçon de six ans qui affirmaient que leur petit avait été sodomisé. La police avait déjà arrêté cinq concierges de l'école en lien avec ces allégations.

MM. Bantleman et Tjiong, qui ont été accusés d'avoir agressé sexuellement trois enfants de l'école, ont subi un procès où ont été présentées des preuves conflictuelles.

Ils ont été condamnés en avril, mais, clamant leur innocence, ont fait appel du verdict à la haute cour de Djakarta. Leur condamnation a été renversée en août.

Ce nouvel appel des procureurs prolonge de nouveau la saga judiciaire de M. Bantleman de deux à six mois, a expliqué son frère, ajoutant que sa famille allait «continuer de se battre pour que la vérité soit exposée».

«On ne peut pas faire grand-chose, à part préparer tout ce que la défense peut fournir», a dit Guy Bantleman.

«Nous comprenons qu'étant donnée la nature médiatisée du dossier, les procureurs veulent s'assurer qu'on les voit faire tout ce qu'ils peuvent. La partie la plus blessante, c'est qu'on n'a encore vu aucune preuve physique ou médicale. Il n'y a pas de témoin oculaire.»

Guy Bantleman a confié que son frère était frustré et qu'il avait hâte de passer par-dessus cette épreuve.

«Je pense que d'un point de vue diplomatique, le gouvernement devrait essayer de découvrir pourquoi un Canadien innocent se fait encore interdire de quitter le pays.»

Un avocat indonésien qui représente Neil Bantleman et son collègue soutient que les allégations visent à extirper de l'argent. Le directeur et plusieurs professeurs de l'école, qui est fréquentée par beaucoup d'expatriés, croient la même chose.

La mère de l'un des enfants a poursuivi l'école pour négligence et réclamé 125 millions $ de dédommagement. La cause a été rejetée puisqu'aucune des agressions alléguées n'avait pu être prouvée.

Des rapports médicaux de trois différents hôpitaux de Djakarta et Singapour, nouvellement présentés comme preuves, n'ont détecté aucune blessure ni anomalie, selon le tribunal.

Un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué que le gouvernement avait été informé de la nouvelle.

«Le gouvernement du Canada a déjà incité l'Indonésie à traiter le cas de M. Bantleman de façon équitable et transparente - et il continuera de le faire», a déclaré François Lasalle dans un courriel, ajoutant qu'il ne dévoilerait pas d'autres détails pour une question de confidentialité.

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