Port pétrolier à Belledune: les Micmacs déposent une poursuite

Trois communautés micmaques de Gaspésie se sont adressées... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Trois communautés micmaques de Gaspésie se sont adressées hier à un tribunal du Nouveau-Brunswick pour bloquer un projet de port pétrolier à Belledune, dans la baie des Chaleurs. Dans leur poursuite contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick, les autochtones affirment que le réseau du CN dans cette région n'est pas adapté au transport de matières dangereuses.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Trois communautés micmaques de Gaspésie se sont adressées hier à un tribunal du Nouveau-Brunswick pour bloquer un projet de port pétrolier à Belledune, dans la baie des Chaleurs.

Les Micmacs estiment que la province du Nouveau-Brunswick a failli à son obligation de les consulter avant d'autoriser le projet de la société Chaleur Terminals inc.

Cette entreprise prévoit construire des installations permettant de décharger chaque jour deux trains pétroliers et de transférer le brut à bord de navires.

Les trains parviendraient au port de Belledune via le réseau du CN, qui emprunte les vallées des rivières Matapédia et Restigouche, qui se situent sur le territoire traditionnel des Micmacs.

Dans leur poursuite contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick, les autochtones affirment que le réseau du CN dans cette région n'est pas adapté au transport de matières dangereuses.

« Le projet comprendrait le transport du pétrole brut toxique sur des trains mesurant jusqu'à 2 km, dans des wagons non sécuritaires et sur des rails qui n'ont pas été conçus pour ce type de marchandise », affirment les communautés dans un communiqué.

Les Micmacs disent s'inquiéter pour les ressources biologiques des rivières et de la baie des Chaleurs, notamment le saumon atlantique.

Mauvais souvenirs de Mégantic

La poursuite survient deux ans après la tragédie de Lac-Mégantic, où un accident ferroviaire impliquant un convoi pétrolier a tué 47 personnes en plus de polluer la rivière Chaudière.

Plusieurs autres déraillements de convois pétroliers sont survenus depuis deux ans, alors que le volume de pétrole transporté par rail en Amérique du Nord a continué d'augmenter.

Entre 2010 et 2014, les volumes de pétrole transporté par rail ont été multipliés par 18, passant de 55 000 à 1 million de barils par jour sur le continent.

Au Canada, c'est vers la côte est du pays que le volume transporté a le plus augmenté, selon les statistiques les plus récentes de l'Office national de l'énergie.

En début de soirée hier, le CN a fait parvenir une brève déclaration à La Presse, affirmant qu'il « s'engage à opérer un chemin de fer sécuritaire » et que sa responsabilité est « de livrer tous les types de marchandises sécuritairement et le plus efficacement possible, tout en servant l'intérêt public et en tant que colonne vertébrale de l'économie canadienne ».

Pour sa part, l'entreprise Chaleur Terminals affirme sur son site web qu'elle aborde « les communautés autochtones d'une manière équitable et transparente, tout en reconnaissant l'importance de la relation le désir de participer pleinement et de consulter les communautés » (sic).

Dans leur poursuite, les Micmacs reconnaissent avoir rencontré les représentants de l'entreprise, mais ils invoquent la décision de la Cour suprême dans l'affaire Haida Nation pour exiger du gouvernement du Nouveau-Brunswick de les consulter avant de délivrer des permis touchant leurs droits ancestraux.

Ils affirment, comme le leur permet ce jugement historique de 2004, ne jamais avoir cédé leurs droits territoriaux ou sur les ressources qui s'y trouvent.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer