Palais de justice: sécurité accrue, arrestations en hausse

Depuis le 28 juin, les citoyens doivent franchir l'un... (PHOTO Martin Chamberland, archives LA PRESSE)

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Depuis le 28 juin, les citoyens doivent franchir l'un des 15 portiques de sécurité à rayons X pour se rendre dans une salle d'audience du palais de justice de Montréal.

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Le nombre quotidien d'arrestations a bondi de 500 % au palais de justice de Montréal depuis l'inauguration d'un imposant système de sécurité au début de l'été. En seulement deux semaines, 47 personnes se sont fait coincer avec de la drogue ou une arme prohibée. Ce rythme effréné inquiète le syndicat des constables spéciaux, qui réclame plus d'effectifs pour la rentrée judiciaire.

Entre le 28 juin et le 14 juillet derniers, les constables spéciaux ont effectué 36 saisies de drogue et 11 saisies d'arme prohibée à l'intérieur du palais de justice le plus fréquenté de la province, soit environ trois arrestations par jour. Il s'agit d'une hausse marquée par rapport au début de l'année, alors que 96 personnes avaient été arrêtées en sept mois, soit une arrestation tous les deux jours.

Cette augmentation du nombre d'arrestations en raison de la mise en service des contrôles de sécurité était attendue par le ministère de la Sécurité publique (MSP). « Cette situation n'est donc pas problématique. Le MSP s'assure que tout soit en place pour faire face à ces situations », a indiqué par courriel la porte-parole Louise Quintin. Le nombre de suspects formellement accusés demeure inconnu.

Auparavant, un citoyen pouvait circuler librement à l'intérieur du palais de justice de Montréal sans être fouillé par un constable spécial, un agent de la paix assujetti à la Loi sur la police. Depuis le 28 juin, les citoyens doivent franchir un des 15 portiques de sécurité à rayons X pour se rendre dans une salle d'audience. Leurs effets personnels sont également fouillés systématiquement. Ce nouveau dispositif a coûté 25,6 millions.

LE SYNDICAT INQUIET

Le nombre d'arrestations quotidiennes risque de doubler, voire tripler, cet automne, s'alarme Franck Perales, le président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec (SCSGQ). « Présentement, on fait toutes ces arrestations et c'est la période la plus morte de la saison. Il y a moins de salles de cour d'ouvertes. Imaginez en septembre lors de la rentrée judiciaire, quand on va avoir une trentaine de salles d'ouvertes ! Ça va être fou ! Les gens vont rentrer en masse au palais », s'inquiète-t-il.

Selon Franck Perales, de 20 à 25 constables devraient être embauchés pour assurer un « maximum » de sécurité au palais de justice de Montréal. « Oui, il y a eu des embauches d'effectifs pour les arches [de sécurité]. Mais ça n'a pas comblé les départs. Finalement, c'est un coup d'épée dans l'eau. On doit en réembaucher d'autres », martèle-t-il.

Franck Perales se réjouit néanmoins de l'installation de ce dispositif de sécurité digne d'un aéroport. « Il n'était pas trop tôt ! Avant, on pouvait rentrer sans être fouillé, avoir une arme sur soi sans vraiment être interpellé, même si les constables le faisaient souvent en vertu de leur pouvoir. Il y a plusieurs entrées au palais. Entre 5000 et 6000 personnes, c'est énorme ! », dit-il.

La convention collective des constables spéciaux est échue depuis le 31 mars 2015. « Les négociations sont complètement gelées », souligne Franck Perales. Il salue toutefois l'ouverture du ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux lors d'une récente rencontre.

« Il n'était pas au courant de ce qui bloque à la table. On lui a remis des documents, on lui a fait part de nos préoccupations. Pour le moment, on veut donner toute la place au dialogue pour faire débloquer les dossiers », dit le président du syndicat.

Le SCSGQ réclame l'embauche de 50 nouveaux constables à travers la province et une réévaluation de leur corps de métier au sein de la fonction publique, afin d'obtenir une augmentation salariale. En 2015, un constable spécial gagnait 38 757 $ à l'embauche et 53 671 $ au dernier échelon.

- Avec la collaboration de Tristan Péloquin, La Presse

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