Pas de blâme après des propos déplacés sur la tuerie de Charlie Hebdo

Un fonctionnaire fédéral a semé l'émoi sur son lieu de travail, en janvier... (PHOTO ERIC GAILLARD, ARCHIVES REUTERS)

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Un fonctionnaire fédéral a semé l'émoi sur son lieu de travail, en janvier dernier, au lendemain des attentats terroristes contre Charlie Hebdo, à Paris. Il aurait alors clamé devant plusieurs collègues que les «journalistes avaient eu ce qu'ils méritent». Malgré tout, l'employé qualifié d'«extrêmement instable» par un collègue n'a pas été sanctionné pour ces propos puisqu'il ne proférait aucune menace directe et n'était pas violent.

Une enquête interne a été ouverte par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) pour faire la lumière sur une «déclaration gratuite» d'un employé sur l'attentat contre Charlie Hebdo, révèle le Rapport général d'incident obtenu par La Presse. Toutefois, de nombreux passages du document ont été caviardés, y compris les noms de tous les témoins et de l'employé concerné. Nous appellerons ce dernier X pour favoriser la compréhension. 

Quatre jours après l'incident, le 12 janvier, le gestionnaire de l'Unité d'enquête de sécurité a rencontré un cadre et la gestionnaire des opérations de sécurité pour faire le point sur ce coup de gueule. «Aucun détail additionnel n'a été mentionné, à savoir si X a fait des menaces de faire la même chose ou si X était compatissant envers les victimes», peut-on lire dans le bref compte rendu de la réunion

Le 14 janvier, un employé a raconté en anglais à l'enquêteur que «X est une personne extrêmement instable» et que «X nécessite une surveillance quotidienne». Une personne non déterminée, encore une fois, a ajouté en anglais que «X est instable mais n'est pas violent. X n'a lancé aucune menace à quiconque».

On peut ensuite lire dans le document que, le même jour, «X a été informé qu'à moins d'information contraire, ce dossier sera conclu car je n'ai pas de raison de croire que X a fait des menaces ou que X a été [...] envers des employés de TPSGC».

Le lendemain, l'enquêteur a rencontré un employé dans son bureau. Ce dernier lui a raconté, en français, sa version des événements. «X a dit: "Je suis contre Charlie Hebdo. Je n'aime pas ce magazine. Je suis sympathisant avec les [...]."» L'employé a ensuite relaté que «X a parlé de ses convictions, X parlait fort et mes collègues entendaient (approximativement huit personnes) [...] X revenait constamment sur le sujet, j'essayais de changer de sujet mais il est clair que X voulait parler des incidents de Paris. X n'a fait aucune menace, aucune allusion que la même chose pourrait arriver ici et que cela serait OK, [...] X avait de la colère contre le magazine, pas contre les individus. [...]» Le témoin a terminé sa version des faits en rappelant que «X n'a pas fait allusion à l'exportation du terrorisme vers le Canada.»

En fin de journée, le 15 janvier, l'enquêteur interne a informé des gestionnaires et une personne non citée que «la plainte n'est pas fondée et que le dossier est conclu».

«TPSGC a lancé une enquête sur les actes répréhensibles allégués de l'employé. À la suite de cette enquête, le Ministère a pris les mesures appropriées pour régler la situation», a indiqué un porte-parole du TPSGC, dans un courriel laconique. Malgré un avis de plusieurs jours, l'Alliance de la Fondation publique du Canada n'avait pas répondu à nos questions au moment de publier.

- Avec la collaboration de William Leclerc

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