Nancy Lauzon dit qu'elle ignorait qu'on enquêtait sur son père

Nancy Lauzon... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Nancy Lauzon

Photo Ivanoh Demers, La Presse

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Son mot de passe n'était plus valide et son père avait été victime d'un braquage de domicile deux ans auparavant. Voilà les raisons qui ont poussé la policière Nancy Lauzon à se servir du mot de passe de sa partenaire absente, le 12 octobre 2007, pour vérifier la plaque d'un véhicule qui «rôdait» près du domicile de ses parents.

C'est ce que Nancy Lauzon, 33 ans, a raconté hier lors de son témoignage pour sa défense, dans le procès où elle est accusée d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur de la police. Le véhicule «rôdeur» était en fait un véhicule de filature impliqué dans une enquête secrète contre un réseau de trafic de stupéfiants. Cette enquête a culminé deux ans plus tard avec l'arrestation de plusieurs personnes, dont le père de la policière, Fernand Lauzon. Mme Lauzon soutient qu'elle ignorait tout et ne se doutait de rien.

«Le plus choquant, quelque part, c'est qu'on fouillait tous les sujets d'intérêt et les sujets en émergence dans le secteur [du poste de quartier 15]. Jamais on n'a entendu parler de mon père. Personne n'est venu me dire: «Ton père est un criminel»», a fait valoir Mme Lauzon, hier.

Depuis son entrée dans la police, en 2002, Mme Lauzon a toujours été affectée au poste de quartier 15, dans le Sud-Ouest, quartier où elle a grandi et lieu de résidence de ses parents. Son père y a déjà tenu un bar. Il est retraité et était fier que sa fille soit policière, selon elle.

C'est avec émotion, et parfois même en pleurant, que Mme Lauzon a rendu certaines parties de son témoignage, hier.

Braquage

Ce fameux 12 octobre, elle se souvient d'avoir reçu un appel de son père, lorsqu'elle était dans sa pause de dîner, au poste de police. Fernand Lauzon s'inquiétait du fait qu'une grosse voiture rôdait près de chez lui, a-t-elle dit. Elle a relaté qu'en 2005, trois Noirs avaient défoncé la porte avant de ses parents et avaient attaqué son père «avec une arme à feu à la tête». Elle a donc vérifié la plaque, en se servant du mot de passe de sa partenaire, absente ce jour-là. Aucun nom n'est apparu pour la plaque, mais les indications lui laissaient croire qu'il s'agissait d'un véhicule de police, ce qui l'a rassurée, dit-elle.

Elle a continué sa journée comme d'habitude, puis, à la fin de son quart de travail, on l'a avisée de rester sur place. Des enquêteurs de la Division du crime organisé venaient la rencontrer. Elle était impressionnée. Ils lui ont demandé pour qui elle avait vérifié la plaque, et elle leur a demandé si elle était obligée de répondre. Ils ont dit non. Selon un des enquêteurs présents ce jour-là, le ton était cordial, mais Mme Lauzon était méfiante.

Nancy Lauzon n'a plus entendu parler de cette histoire, jusqu'en février 2009. En revenant d'un voyage au Brésil avec sa conjointe, policière elle aussi, Mme Lauzon a appris que son père avait été arrêté et accusé quelques jours plus tôt, dans le cadre du projet Axe, et qu'elle-même allait être accusée d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur. Elle est suspendue sans solde depuis.

Questionnée sur son mot de passe par la procureure de la Couronne Marjorie Delagrave, l'accusée a dit hier en pleurant: «J'ai jamais pensé que je faisais de quoi de mal. Je le crois vraiment, sincèrement. C'était fréquent d'utiliser les mots de passe des autres.»

Me Marjorie Delagrave et l'avocat de la défense, Me Gérald Soulière, plaideront devant le juge Pierre Labrie en janvier. Le père de Mme Lauzon doit avoir son procès le même mois.

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