Syndicat des cols bleus de Montréal: Chantal Racette veut laver sa réputation

Depuis la mise en tutelle du Local 301, en... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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Depuis la mise en tutelle du Local 301, en juin dernier, par le Syndicat canadien de la fonction publique, Chantal Racettte est la cible de tous les reproches : dysfonctionnement du syndicat, mauvaise gestion, dépenses excessives, attitude dictatoriale.

Photo André Pichette, Archives La Presse

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Le ras-le-bol de Chantal Racette est clair. À quelques heures d'une assemblée d'information pour faire le point sur la tutelle imposée au Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal, l'ancienne présidente veut laver sa réputation.

Les allégations d'intimidation et de voies de fait qui pesaient contre elle ont été abandonnées et il est temps que les membres réalisent qu'il s'agissait donc, selon elle, d'une joute strictement politique.

« Je voudrais juste que ça cesse. [...] Ça m'écoeure au plus haut point », a expliqué Chantal Racette en entrevue à La Presse.

« Ça fait 30 ans que je suis à la Ville de Montréal. [...] Jamais j'ai été traitée par mon employeur comme je l'ai été par mes pairs. Jamais. C'est grave en maudit. »

La conductrice de machinerie lourde, qui reprendra le chemin du travail la semaine prochaine, ne se pose pas en victime, mais elle en a gros sur le coeur.

Depuis la mise en tutelle du Local 301, en juin dernier, par la centrale syndicale qui chapeaute les Cols bleus, soit le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), elle est la cible de tous les reproches : dysfonctionnement du syndicat, mauvaise gestion, dépenses excessives, attitude dictatoriale.

Mais Mme Racette rappelle aux quelque 6000 syndiqués que les façons de faire étaient en place bien avant son arrivée à la présidence.

Un virage difficile

C'est justement ce que dénonce le groupe de dissidents mené par le col bleu Patrick Roy. Ce dernier a créé l'Union syndicale des cols bleus de Montréal et il ne mâche pas ses mots. Selon lui, « la guerre de clans » se poursuit toujours au syndicat, mais à l'ombre du tuteur. C'est à qui se fera le plus valoir auprès de M. Régimbald, raconte M. Roy, pour qui « 30 ans de culture, c'est dur à changer ».

« Ce n'est plus un syndicalisme de combat, c'est un syndicalisme de vendus », affirme-t-il, soulignant que les millions de dollars générés annuellement par les cotisations des travailleurs sont au coeur des tiraillements politiques. « En ce moment, ceux qui font du militantisme syndical, ce n'est pas pour aider les travailleurs, c'est pour tripler leur salaire », critique Patrick Roy.

De son côté, Chantal Racette met de l'avant son intégrité. « J'ai jamais volé une cristi de cenne de ma vie. Je commencerai pas à perdre mon nom pour deux, trois mille piasses », tranche celle qui considère qu'être une femme dans une fonction de leader syndicale n'est pas encore parfaitement accepté par ceux qui bataillent pour le pouvoir.

« Les cols bleus sont plus évolués que toute cette gang-là [de dirigeants du SCFP] qui est dans les bâtisses sur Crémazie. Ils ont été capables de faire confiance à une femme. »

Faire le point

Chose certaine, le tuteur Denis Régimbald a convoqué les cols bleus ce soir afin de brosser le portrait de la situation actuelle. Selon l'ordre du jour proposé, il fera le point sur la vérification des finances ; la révision de la politique de dépenses et de rémunération des dirigeants ; la révision des statuts et règlements ainsi que les règles électorales ; le rôle et le fonctionnement des nombreux comités ; la préparation en vue des prochaines négociations.

Au SCFP, on a souligné au début de la semaine que la fin de la tutelle ne serait pas envisagée à court terme. « Il reste encore beaucoup de boulot à faire pour remettre le 301 sur la bonne voie, et ce, de façon démocratique », écrit M. Régimbald dans la convocation.

Bien qu'il s'agisse d'une assemblée d'information, Patrick Roy a préparé avec son équipe des propositions afin de forcer une réflexion parmi les cols bleus. Par exemple, les dissidents souhaitent que les libérations syndicales n'entraînent plus de rémunération supplémentaire pour les directeurs syndicaux. Quant aux dirigeants, ils ne pourraient recevoir un salaire supérieur à l'échelon le plus élevé de la convention collective.

M. Roy réclame également la transparence, c'est-à-dire que tous les procès-verbaux des différentes structures décisionnelles soient accessibles, tout comme les lettres d'entente avec l'employeur et les propositions en vue de la signature de la convention collective.

Mais Patrick Roy ne se fait pas d'illusions et craint que l'assemblée d'information ne tourne au « show de boucane ».




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