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Cadre financier: le PQ s'attaque au salaire des médecins

Jean-François Lisée et Nicolas Marceau, lors du dévoilement... (Alain Roberge, La Presse)

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Jean-François Lisée et Nicolas Marceau, lors du dévoilement du cadre financier du parti.

Alain Roberge, La Presse

Le Parti québécois compte sur les médecins pour réinjecter 4 milliards de dollars en services dans un éventuel premier mandat. Pour ce faire, Jean-François Lisée promet de geler dès octobre les hausses de rémunération qui leur a été consentie s'il forme le prochain gouvernement.

« Il n'y a aucun scénario qui va faire en sorte qu'il y aura 7 milliards, 6, 5, 4, 3, 2, 1, ou même 100 millions versés [en hausses de rémunération] aux 22 000 médecins. (...) Le chiffre c'est zéro », a martelé le chef péquiste, jeudi, qui a pris une pause de sa préparation au premier débat électoral pour présenter son cadre financier. 

M. Lisée demande ainsi aux Québécois d'avoir en tête lors l'élection du 1er octobre la question de la hausse de rémunération des médecins. 

« Nous demandons aux Québécois de nous donner le mandat de dépenser [l'argent versé en hausse de rémunération aux médecins] sur les aînés, les patients, plutôt qu'auprès des gens les plus fortunés du Québec », a-t-il dit depuis la permanence de son parti, à Montréal.

« Vont-ils dégainer leur avocat ? Bien sûr. Nous allons dégainer aussi le nôtre. Nous avons à la disposition de l'Assemblée nationale un certain nombre de moyens législatifs pour agir. Nous allons utiliser tous les moyens à notre disposition », a dit M. Lisée, qui n'exclut pas le recours à une loi spéciale.

Des dépenses moins élevées que ses adversaires 

Dans son cadre financier, le Parti québécois prévoit des dépenses moins élevées que celles de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti libéral (PLQ). Au total, la somme des engagements péquistes s'élève à 1,4 milliard sur quatre ans. La CAQ a pour sa part calculé des promesses électorales de 2,6 milliards $ dans son propre plan financier et celles du PLQ s'élèvent à 2,4 milliards.

« Lorsqu'on a fait nos calculs, on s'est dit qu'on serait prudent. Il est possible qu'il y ait au cours des quatre prochaines années un ralentissement économique [ou] de mauvaises surprises. Ces mauvaises surprises ne doivent jamais se traduire par de la misère humaine », a dit Jean-François Lisée, jeudi. 

Le chef péquiste s'est aussi félicité d'avoir respecté les prévisions économiques énoncées par la Vérificatrice générale dans son rapport préélectoral. À ce sujet, il a décoché plusieurs tirs contre ses adversaires, dont la croissance économie prévue dans leur cadre financier ne respecte pas le rapport de la VG, a-t-il dit.

« Lorsque la VG a donné son rapport préélectoral, pour nous, on n'a pas pensé que c'était une suggestion. On a pensé que c'était une obligation (...) de respecter les chiffres à la lettre », a affirmé M. Lisée. 

En santé, le Parti québécois prévoit une croissance des dépenses de 4,7 % en moyenne pour les quatre prochaines années. Il obtient ce chiffre quand « on retire les dépenses de [la hausse de] la rémunération médicale », qui sera gelée pendant tout un potentiel premier mandat. 

La croissance des dépenses en éducation en culture est de 3,6 %. En moyenne, les dépenses augmenteraient de 3,3 % sous un gouvernement péquiste, ressort-il du cadre financier.

De nouveaux revenus 

En plus des médecins, qui verraient leur hausse de salaire annulée, le Parti québécois compte aller chercher des centaines de millions de dollars grâce à différentes nouvelles mesures pour « rétablir l'équité fiscale ». 

Ainsi, Jean-François Lisée et son équipe comptent percevoir la TVQ sur les biens tangibles achetés en ligne, instaurer une taxe sur les profits détournés, mettre fin à l'incorporation des médecins, limiter les salaires « faramineux des hauts dirigeants » et hausser la redevance sur l'eau, entre autres. 

Dans des promesses plus spécifiques, la formation politique s'est engagée, dès son premier mandat, à dépenser 1,4 milliard pour améliorer l'accès aux Centres de la petite enfance (CPE).

Elle prévoit également dépenser plus de 1 milliard pour favoriser les soins à domicile et quelque 500 millions seraient consacrés à l'embauche de préposés et d'infirmiers.

Le PQ dépenserait 200 millions pour assurer ce que la vice-cheffe Véronique Hivon a qualifié de « seuil de services » aux enfants en difficulté.

Le parti table sur une croissance des revenus de l'État de 2,3 % à 3,3 %.

M. Lisée n'a aucune autre activité prévue à son horaire jeudi. Le reste de la journée sera consacrée à la préparation pour le premier débat des chefs qui a lieu en soirée.

Un cadre sur des bases «peu réalistes», dit le PLQ 

Aux yeux des libéraux, le cadre financier déposé jeudi par le Parti québécois s'inscrit sur des bases «peu réalistes». 

«Le Parti Québécois fait des promesses en l'air en assurant d'aller chercher des économies sur le salaire des médecins. (...) Ces sources de financement très hypothétiques ne permettront pas de financer les dépenses annuelles liées à leurs engagements», a-t-on écrit en après-midi par voie de communiqué.

«Fait troublant, et ce malgré le cautionnement d'experts indépendants, le cadre financier du Parti Québécois semble comporter une erreur assez grossière en omettant de calculer l'impact de l'utilisation de la réserve de stabilisation sur la dette brute du Québec. Cette omission a comme incidence de sous-estimer le montant de la dette et donc le coût des paiements d'intérêts sur la dette», poursuit le PLQ.

Fait à noter, dans un communiqué qui réagit au cadre financier du Parti québécois, les libéraux lancent quelques flèches à François Legault. «Nous notons également que ce cadre présente de manière assez complète le coût des engagements du Parti Québécois, contrairement à la Coalition Avenir Québec», écrit-on notamment. 

Du côté de Québec solidaire, le parti a décrit le cadre financier péquiste comme étant «conservateur».

«Le PQ n'a jamais été aussi près du PLQ et de la CAQ. C'est un cadre financier conservateur, qui manque d'ambition. Si on veut investir en éducation, en santé et en environnement, il faut aller chercher de l'argent neuf! Et il faut aller le chercher là où il est, à commencer par les coffres des multinationales. Le PQ n'a pas le courage de le faire», a dit QS par voie de communiqué.

- Avec La Presse canadienne  




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