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Un candidat caquiste accumule les infractions au Code de la route

Amateur de vitesse, le candidat caquiste de Maskinongé, Simon Allaire, semble... (photo françois gervais, le nouvelliste)

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Amateur de vitesse, le candidat caquiste de Maskinongé, Simon Allaire, semble avoir de la difficulté à respecter le Code de la sécurité routière, selon ce qu'a pu constater La Presse canadienne.

Au fil des ans, il a multiplié les infractions en prenant place derrière son volant : excès de vitesse à répétition, conduite sans permis ou sans attestation d'assurance, permis de conduire suspendu, véhicule saisi pour vitesse excessive, amendes en souffrance, stationnement en zone interdite, la liste est longue. Ces incartades lui ont valu plusieurs points d'inaptitude.

Un exemple : en avril 2008, il s'est fait intercepter en milieu urbain, à Shawinigan, dans une zone où la limite de vitesse était fixée à 50 km/heure. Son compteur affichait alors 89 km/heure.

Il a écopé de trois points d'inaptitude et a dû acquitter une amende de 155 dollars.

Autres exemples : dans des zones limitées à 50 km/heure, il s'est fait prendre à rouler à 82 km/h en 2004, à 79 km/h en 2009, à 73 km/h en 2013, encore à 73 km/h en 2014 et à 75 km/h en 2016.

Dans des zones limitées à 70 km/h, M. Allaire a été intercepté alors que son compteur marquait 95 km/heure en 2011, voire 100 km/h en 2013.

Au total, on compte 16 infractions de ce genre impliquant le candidat caquiste entre 2004 et 2018.

Ces données apparaissent sur le site web de la Société québécoise de l'information juridique (SOQUIJ), qui compile les décisions des tribunaux judiciaires.

La plus récente infraction inscrite à son dossier remonte à mars 2018, alors qu'il a été surpris au volant de sa voiture, au centre-ville de Trois-Rivières, sans avoir avec lui son permis de conduire.

Vérification faite, la CAQ était au courant des écarts de conduite de son candidat dans Maskinongé, au moment de l'intégrer dans l'équipe.

La CAQ a refusé mercredi d'acheminer toute demande d'entrevue avec son candidat.

Quand il a lancé sa campagne, M. Allaire avait pourtant affirmé devant les médias que c'était « super important » pour lui de se rendre accessible, allant même jusqu'à rendre public son numéro de téléphone cellulaire.

« S'en foutre comme de l'an 40 »

M. Allaire, un gestionnaire qui fait partie de l'escouade économique de François Legault, aime bien se démarquer et mettre de côté les conventions. Il a choisi de ne pas ouvrir de local électoral, contrairement aux autres candidats.

Au lieu de cela, il se promène dans sa circonscription à bord de son « bureau électoral mobile », une fourgonnette blanche décorée de sa photographie.

M. Allaire a tourné une vidéo pour présenter aux électeurs son local roulant. Afin d'assurer le confort de ses visiteurs, il a même installé un divan, agrémenté de deux coussins.

Le premier coussin porte l'inscription « Good vibes », témoin de la bonne position de la CAQ dans les sondages.

Mais, « mettons que ça allait moins bien » pour lui, ajoute-t-il dans sa vidéo, l'inscription sur le deuxième coussin indique son intention de « s'en foutre comme de l'an 40 ».

« Ingérence illégale »

Directeur principal du développement des affaires chez Desjardins Entreprises pour le secteur de Maskinongé, Simon Allaire a aussi été dans le passé directeur général du Centre local de développement de la MRC de Maskinongé, de 2012 à 2015.

Ses relations avec le syndicat de la boîte ont été tumultueuses.

En juillet 2014, il s'est fait rabrouer sévèrement par la Commission des relations de travail, qui a jugé qu'il avait violé le Code du travail, faisant preuve « d'ingérence patronale » dans le but d'éviter de négocier avec le syndicat de l'établissement.

Dans ce cas-ci, écrivait la Commission dans sa décision, « l'employeur a négocié directement et illégalement une entente collective avec des salariés », sans l'autorisation du syndicat.

M. Allaire avait offert à quatre de ses sept salariés de devenir cadres, un geste ayant « entravé gravement » les activités du syndicat, selon la Commission.

Par la suite, les quatre personnes en cause avaient déposé une demande de révocation d'accréditation syndicale.




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