Pour qui voteront les femmes ?

La vidéo montrant François Legault rabrouant son épouse qui a fait le tour des... (Photo archives La Presse Canadienne)

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La vidéo montrant François Legault rabrouant son épouse qui a fait le tour des réseaux sociaux la semaine dernière n'aidera peut-être pas la cause de la CAQ auprès des femmes. On y voit le chef intimer à sa femme de se taire en lui disant sur un ton un peu brusque: «Non, non, ce n'est pas à toi qu'il parle...»

Un incident qui tombe mal pour un parti qui ne passe déjà pas bien auprès de l'électorat féminin.

En effet, l'arrivée de la CAQ dans le paysage politique a provoqué une division au sein de l'électorat québécois, selon Éric Bélanger, professeur associé au département de sciences politiques de l'Université McGill. «Avant 2012, on n'observait pas de «gender gap» au Québec», note le professeur qui est aussi coauteur de l'ouvrage Les Québécois aux urnes paru l'an dernier aux Presses de l'Université de Montréal.

«Les statistiques illustrent très bien que la scission entre hommes et femmes s'est faite avec l'émergence de la CAQ. Au niveau du positionnement gauche-droite, les femmes sont plus à gauche.»

Sachant cela, on comprend mieux la présence - parfois maladroite - de l'épouse de M. Legault auprès de son mari depuis le début de la campagne. La CAQ a sans doute voulu adoucir l'image du chef tout en tendant la main aux femmes. Les sondages le prouvent: une présence féminine plaît aux électrices. «Les sondages montrent par exemple qu'elles ont une attitude plus positive à l'endroit de Pauline Marois et de Françoise David», note Youri Rivest, vice-président chez CROP.

Au Québec, comme dans l'ensemble des démocraties occidentales, les études montrent que les femmes votent moins que les hommes. Les femmes ont en outre une sensibilité différente aux promesses électorales. Elles s'intéressent davantage aux questions sociales, à la santé et à l'éducation tandis que la priorité des hommes demeure l'économie et les finances publiques.

«Dans nos groupes de discussion, on note en outre que les hommes s'attarderont davantage au contenu du discours des leaders alors que les femmes accordent d'abord de l'importance aux qualités personnelles», observe Youri Rivest.

Certains sujets sont toutefois unisexes: la Charte, par exemple, n'est pas analysée dans une perspective hommes-femmes. «Les positions des individus face à la Charte dépendent surtout du lien à l'immigration et à la religion», note M. Rivest. Même chose pour le référendum et la question nationale, deux dossiers où l'on n'observe pas de différence hommes-femmes.

Pas de mot d'ordre

Aux États-Unis et dans le reste du Canada, certaines associations féminines vont lancer un mot d'ordre à leurs membres en campagne électorale, les encourageant à soutenir telle ou telle candidate. Pas au Québec. Les principales associations - l'AFEAS et la Fédération des femmes du Québec - demeurent non partisanes.

«Nous avons un thème annuel et nous développons une plateforme autour de ce thème, explique Céline Duval, présidente de l'AFEAS, qui compte 9000 membres au Québec. Ensuite c'est aux associations régionales d'interpeller les candidats sur le terrain.»

À la Fédération des femmes du Québec, qui compte 670 membres individuels et 190 membres associatives, et qui s'est prononcée fortement contre la Charte, on a aussi établi des priorités. «On adhère à la plateforme du G13, une coalition de groupes, de regroupements et de tables de groupes de femmes, dont le contenu reflète les préoccupations soutenues par le mouvement autonome des femmes, explique la présidente Alexa Conradi.

Parmi ces priorités, on trouve bien entendu l'autonomie économique des femmes et la conciliation travail-famille. «Des questions sont posées à chaque parti et leurs réponses sont affichées sur notre site web», ajoute Mme Conradi. La Fédération des femmes organise en outre un débat le aujourd'hui (24 mars), auquel participeront Christine St-Pierre (PLQ), Djemila Benhabib (PQ), Molly Alexander (QS) et Valérie Assouline (CAQ).

Les Québécoises pourraient donc être courtisées davantage d'ici le 7 avril. Comme le rappelle le professeur Éric Bélanger de l'Université McGill, «elles ont tendance à faire leur choix plus tard dans la campagne, contrairement aux hommes qui prennent une décision assez tôt.» En d'autres mots, leur vote est encore à conquérir.




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