Un attentat meurtrier assombrit la victoire péquiste

  • Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir. (Olivier Pontbriand, La Presse)

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    Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir.

    Olivier Pontbriand, La Presse

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  • Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir. (Olivier Pontbriand, La Presse)

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    Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir.

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  • Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir. (Olivier Pontbriand, La Presse)

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  • Pauline Marois, évacuée par le service de sécurité. (Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne)

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    Pauline Marois, évacuée par le service de sécurité.

    Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne

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  • Ce camion jugé suspect était, mercredi matin très tôt, inspecté par les policiers du SPVM. (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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    Ce camion jugé suspect était, mercredi matin très tôt, inspecté par les policiers du SPVM.

    Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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La Sûreté du Québec prend en charge l'enquête sur l'attentat perpétré par un homme de 62 ans et qui a fait un mort lors des célébrations de la victoire du Parti Québécois hier soir au Métropolis. La sécurité de la première ministre ayant été mise en jeu, le corps de police dirigera l'enquête avec la collaboration du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Comment réagissez-vous à l'attentat contre le PQ?

Rappelons les faits, du moins ceux qui sont connus pour le moment.

Vers minuit, Pauline Marois prononçait le discours de la victoire.

Au même moment, un homme de 62 ans, vêtu d'un peignoir bleu et d'une cagoule, s'est approché de l'entrée des artistes, rue Boisbriand, derrière le Métropolis.

Soit il a ouvert la porte, soit elle était déjà ouverte, mais il s'est approché jusqu'au seuil de celle-ci. «Il ne serait finalement pas entré dans l'immeuble», confirme le porte-parole du SPVM, le commandant Ian Lafrenière.

Les instants qui suivirent demeurent nébuleux.





Chose certaine, le suspect a tiré un certain nombre de coups de feu en direction de la salle de spectacle, atteignant deux personnes.

D'abord, un homme dans la quarantaine, qui a succombé à ses blessures et dont le décès a été constaté sur place.

Un deuxième homme, plus jeune, a été touché au niveau du bassin. Sa vie n'est plus menacée, mais ses blessures sont tout de même sérieuses.

Les deux hommes seraient des techniciens de scène, employés d'une entreprise chargée de la technique pour l'événement péquiste. Ils ne seraient pas un des employés du Métropolis.

Un troisième homme, souffrant d'un choc nerveux, a été transporté à l'hôpital.

À 25 pieds de Pauline Marois

Selon un témoin, Le tireur était à 20 ou 25 pieds de la scène où parlait Pauline Marois.

Rapidement, une personne présente à l'intérieur du Métropolis a tiré vers l'intérieur un des blessés et verrouillé la porte. Le suspect, pris à l'extérieur, aurait alors allumé un incendie sur la porte de l'entrée des artistes.

À l'intérieur, le vacarme des militants survoltés a couvert le son des détonations et personne n'a entendu ce qui s'est passé.

«J'étais heureuse et la foule aussi. Elle (Pauline Marois) a commencé son discours et tout allait bien. Et soudain, les gardes du corps se sont rués sur elle et l'ont sortie de scène», raconte Danièle Lorrain, une militante présente au rassemblement.

La SQ, responsable de la protection des trois chefs de parti, a tenu à se faire rassurante. «Jamais la sécurité de madame Marois n'a été compromise, les policiers ont agi rapidement pour la sécuriser», assure le capitaine Jean Finet.

«Les Anglais se réveillent»

À peu près au même moment, d'autres policiers se sont rapidement rués dehors pour plaquer le tireur au sol et le menotter. Ils l'ont laissé dans cette posture pendant de nombreuses minutes.

«Les Anglais se réveillent», a lancé l'homme. «Its gonna be fucking payback», aurait-il ajouté.

Le caméraman de Radio-Canada Martin Bouffard a capté toute cette scène surréelle à partir du moment de l'incendie, lui qui se trouvait déjà dehors où il avait filmé l'entrée de Pauline Marois dans l'édifice.

Sur ses images saisissantes, on voit le tireur, que les policiers appellent «Richard», étendu au sol. On voit aussi un policier en civil manipuler au moins deux armes saisies au suspect, dont un pistolet et un fusil d'assaut automatique de type Kalachnikov AK-47. Il se pourrait que celle-ci se soit enrayée, ce qui explique qu'il n'aurait pu tirer plus de coups de feu.

Une fois l'homme embarqué dans une voiture de patrouille, des policiers ont ouvert son gros véhicule de type GMC Yukon stationné tout près. Mais ils ont rapidement refermé la porte en voyant ce qui s'y trouvait. Il pourrait s'agir de substances accélérantes pour démarrer un incendie et de munitions.

Par mesure de sécurité, cinq familles logeant dans le grand complexe de HLM voisin ont été évacuées, et d'autres résidents se seraient fait recommander de se tenir loin des fenêtres.

«Il y a présentement une approche du véhicule par les artificiers», a confirmé le commandant Lafrenière.

Une longue enquête

C'est une longue enquête qui s'amorce.

Les policiers ont saisi au moins deux armes à feu à cet homme et ne savent pas pour l'instant s'ils ont à faire à un désaxé ou à une sorte de terroriste à la Timothy McVeigh qui aurait des complices. À priori, on semble pencher pour la première hypothèse. L'homme n'était pas connu des policiers. Mais seul le procès qu'il subira dans le futur permettra de tirer la chose au clair. L'homme pourrait comparaître au palais de justice de Montréal ce mercredi après-midi.

Étant donné les propos livrés par l'homme et la présence de la première ministre sur les lieux du crime, celui-ci prend une dimension politique qui explique l'arrivée sur la scène de crime, en fin de nuit, d'un bataillon d'enquêteurs de la Sûreté du Québec.

Mais ceux-ci ne chassent pas les policiers montréalais de l'affaire. Les municipaux se chargeront de la portion homicide seulement. La SQ se chargera de la question «sécurité de l'État».

«La SQ a le mandat d'assurer la protection de l'État. Et comme nous ne pouvons pas exclure que la personne visée par l'attentat soit un élu, nous participons à l'enquête», a expliqué le lieutenant Guy Lapointe.

Ils devraient former un «commandement unifié» pour piloter l'enquête.

Fait à noter, après la fusillade mortelle, un autre député péquiste élu se serait plaint au SPVM d'insultes reçues par message texte sur son téléphone. Il portera plainte dans un poste de quartier au cours de la journée.

Réaction de Pauline Marois

Pauline Marois devait déjà tenir un point de presse cet après-midi, au lendemain de sa victoire. Gageons que ce dernier sujet y sera relégué au second plan.

Elle s'est toutefois brièvement expliquée dans un communiqué de presse.

«Mes pensées vont d'abord à la famille et aux proches de la victime décédée. À la suite de cette tragédie, ce sont tous les Québécois qui sont en deuil aujourd'hui devant un tel acte de violence gratuite. Jamais une société comme la nôtre ne laissera la violence dicter ses choix collectifs. C'est par la voix démocratique qu'il faut s'exprimer, comme les Québécois ont pu le faire hier», y a-t-elle indiqué.

Les réseaux sociaux se sont également enflammés. Autredéputé péquiste réélu hier, Pascal Bérubé disait sur Twitter que «malgré la fatigue, je n'arrive pas à dormir. Impuissance et consternation à un moment qui devait être si réjouissant pour mon parti et moi».

Dans les instants suivant le drame, une page Facebook a été créée pour réclamer la démission de Pauline Marois. Le créateur de la page qui a rapidement accumulé 300 adeptes stipulait que les événements du Métropolis démontrent que la présence du PQ à la tête de la province ne peut que provoquer de la violence.

-Avec Philippe Teisceira Lessard et Pierre-André Normandin

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Quelques événements survenus dans l'histoire du Québec

6 juin 2012

Des enveloppes contenant une substance douteuse sont envoyées aux bureaux du premier ministre Jean Charest, de plusieurs ministres et dans certains médias, dont La Presse et Le Journal de Montréal.

5 novembre 1995

Moins d'une semaine après le référendum, un individu de Longueuil, André Dallaire, s'introduit au 24 Sussex Drive pour s'en prendre au premier ministre Jean Chrétien. C'est Aline Chrétien, la femme du premier ministre, qui alerta la GRC.

8 mai 1984 

Le caporal Denis Lortie, ancien membre des Forces armées canadiennes, pénètre à l'Assemblée nationale dans le but d'assassiner le premier ministre René Lévesque. Il tue trois personnes dans sa course vers le Salon bleu. C'est à ce moment que le directeur de la sécurité, René Jalbert, réussit à le convaincre de laisser partir les gens encore dans l'enceinte. Quelques heures plus tard, Lortie se rend pacifiquement aux policiers.

17 octobre 1970

Le corps du ministre du Travail Pierre Laporte est découvert dans le coffre d'une voiture abandonnée à l'aéroport de Saint-Hubert. La Crise d'octobre atteint son paroxysme.

29 septembre 1969

Une bombe d'une grande violence explose à la résidence du maire Jean Drapeau, causant des dommages considérables. L'épouse du maire ainsi que leur fils Michel, qui se trouvaient à l'intérieur de la maison, n'ont pas été blessés.

février 1929

Les autorités judiciaires du Québec annoncent l'octroi d'une récompense de 3000 $ à quiconque pourrait dénoncer la personne ayant placé un bâton de dynamite, avec une mèche allumée, au bureau du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau.

Ailleurs dans le monde

14 juillet 2002

Lors du traditionnel défilé du 14 juillet, un militant d'extrême droite, Maxime Brunerie, ouvre le feu à l'aide d'une carabine de calibre 22 en direction du président Jacques Chirac. Trois individus, dont le Vancouverois Mohamed Chelali, réussissent à le maîtriser. «J'ai agrippé la 22», relate M. Chelali en entrevue à La Presse.

30 mars 1981

Le président américain Ronald Reagan est victime d'une tentative d'assassinat commis par John Hinckley Jr, un déséquilibré de 26 ans. Outre le président, blessé au poumon, trois autres personnes sont atteintes de coups de feu.

- André Duchesne et Marie Allard

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