Premier débat télévisé : Tremblay et Harel croisent le fer sur fond de crise

Louise Harel et Gérald Tremblay se sont affrontés... (Photos: David Boily, La Presse)

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Louise Harel et Gérald Tremblay se sont affrontés lors d'un premier débat télévisé.

Photos: David Boily, La Presse

Éric Clément
La Presse

Le premier débat télévisé, hier, entre Louise Harel et Gérald Tremblay a permis à ces deux candidats à la mairie de Montréal de croiser le fer en ce début de campagne électorale.

Gérald Tremblay a d'abord dû s'expliquer sur l'échec du processus d'attribution du contrat des compteurs d'eau à GÉNIeau. Il a dit que ce qui s'est passé n'est pas «normal» mais a ajouté qu'il avait «agi» en renvoyant le directeur général de la Ville, Claude Léger, et le directeur principal aux affaires corporatives, Robert Cassius de Linval, et en réclamant des changements dans les façons de faire de l'administration.

Mme Harel a alors dit à M. Tremblay qu'il avait agi «trop tard» et qu'il avait «le devoir de savoir». Elle a rappelé que, au printemps, il avait vanté le contrat de GÉNIeau en disant que c'était «le contrat du siècle». Elle a relevé qu'il n'y avait pas eu autant d'enquêtes policières sur Montréal depuis 50 ans et que l'administration Tremblay avait «entaché la réputation de la ville» au Canada et à l'étranger.

Gérald Tremblay a répliqué que tous les élus montréalais avaient voté en faveur du contrat de GÉNIeau en 2007 et que «les citoyens décideront le 1er novembre».

Les deux candidats ont ensuite abordé le thème des transports en commun. Mme Harel a dit qu'il fallait «remettre en question le tramway», car elle veut avant tout installer 20 nouvelles voies réservées aux autobus dans les quatre prochaines années. Elle a cité les boulevards Lacordaire, Hymus et Saint-Jean-Baptiste pour accueillir trois nouvelles voies. Elle a regretté que les tarifs des transports en commun aient augmenté de 37% avec Gérald Tremblay.

Ce dernier a rétorqué que les usagers des transports en commun «ne paient pas trop cher» et que les automobilistes paient les parcomètres «au juste prix». Son administration a amélioré les transports en commun de 17%, a-t-il ajouté. Il s'est engagé à prolonger le métro jusqu'à Anjou en trois ans, ce que Mme Harel juge irréaliste - il faudrait plutôt, selon elle, viser 10 ou 12 ans.

Sur la propreté, M. Tremblay a dit à l'animateur Jean-Luc Mongrain que Montréal «n'est pas sale». Mme Harel a répondu que les citoyens ont honte de l'état de leurs rues et qu'ils en ont assez de voir qu'il y a «19 façons de faire du déneigement?» à Montréal. Elle veut centraliser le déneigement pour que tous les citoyens aient droit aux mêmes services. Le maire sortant a reconnu qu'on «?ne déneige pas pareil partout».

Gérald Tremblay a alors affirmé que l'ex-ministre péquiste est responsable du cafouillis administratif de la Ville. Elle a répondu que «l'identité des quartiers ne doit pas rimer avec inefficacité», ajoutant que Montréal n'obtient pas de bonnes notes à l'extérieur du Québec en ce qui a trait à sa gestion ou à son attractivité. À plusieurs reprises, elle a dit que la Ville fonctionnait mal, «sans coordination ni organisation», et que les investisseurs privés avaient bien du mal à démêler les responsabilités des arrondissements par rapport à ceux de la ville centre.

M. Tremblay a affirmé que, sous son administration, des projets avaient démarré. Il a cité le Quartier des spectacles et le Quartier international. Il a rappelé que la cote de crédit de Montréal est excellente, à quoi Mme Harel a répondu que, puisque la loi ne permet pas aux villes de faire des déficits, la cote de crédit n'est pas un critère pour juger de la bonne gestion d'une ville.

Comme le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, le lui reproche depuis quatre ans, le maire Tremblay s'est fait dire par Mme Harel qu'il sous-utilise les services publics et l'expertise de la Ville en faisant trop appel au secteur privé. M. Mongrain a alors demandé à Mme Harel si elle voulait «sortir le privé» de Montréal. Elle a répondu par la négative, ajoutant qu'il fallait que les contrats du privé se fassent «sous la surveillance du public».

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