Justin Trudeau en terrain hostile dans l'est de Montréal

La circonscription fédérale d'Hochelaga n'a pas voté libéral... (Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne)

Agrandir

La circonscription fédérale d'Hochelaga n'a pas voté libéral depuis que le père de Justin, Pierre Elliott Trudeau, a été premier ministre.

Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne

Les clients d'un marché public de l'est de Montréal étaient tout sourire lorsque le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, leur a rendu visite vendredi, mais sous les propos aimables se cachait une certaine réticence à l'idée de voter pour son parti.

Le marché Maisonneuve est situé dans la circonscription fédérale d'Hochelaga, dont les électeurs se sont tournés vers le Nouveau Parti démocratique (NPD) en 2011, après avoir voté pour le Bloc québécois depuis les premières élections générales auxquelles le parti a participé, en 1993.

Presque tous les électeurs interrogés vendredi au marché Maisonneuve ont affirmé que Justin Trudeau n'était pas leur candidat favori.

Quand François Forget, 59 ans, s'est fait demander ce qu'il faudrait pour qu'il vote libéral, il a répondu: «Quand ils changeront de chef!».

Il a expliqué qu'il avait longtemps voté pour le Bloc, mais qu'il avait opté pour le NPD aux dernières élections. Il pense refaire le même choix en octobre.

«Le Bloc n'a plus sa place à Ottawa», a-t-il dit, alors qu'il était assis à siroter un café à l'extérieur du marché.

Marie-Hélène, 33 ans, assise tout près, a déclaré qu'elle voterait pour le NPD parce qu'elle estime que c'est le parti le plus convenable.

«Les gens sont cyniques, a lancé la femme, qui n'a pas voulu donner son nom de famille. Ils ne croient pas aux politiciens. Le NPD est l'option la moins pire.»

La circonscription fédérale d'Hochelaga n'a pas voté libéral depuis que le père de Justin, Pierre Elliott Trudeau, a été premier ministre.

Le message libéral ne trouve pas beaucoup d'écho dans l'est de Montréal, dont les résidants sont majoritairement francophones et moins riches que dans l'ouest de l'île, où le Parti libéral maintient un haut niveau d'appuis.

Hochelaga est un quartier populaire qui compte de nombreux citoyens engagés et plusieurs groupes progressistes, voire radicaux, qui réclament de meilleurs services publics et dénoncent l'embourgeoisement du secteur. De temps à autre, des militants inconnus vandalisent les vitrines de magasins et de restaurants chics parce qu'ils attireraient une clientèle aisée, accusée d'être responsable de la hausse des loyers et du déplacement des résidants pauvres.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a été membre du Comité des citoyens d'Hochelaga-Maisonneuve dans les années 1970 avant d'entrer en politique pour représenter la circonscription voisine, Laurier-Sainte-Marie.

Devant les journalistes réunis à l'extérieur du marché Maisonneuve, vendredi, Justin Trudeau a reconnu que son parti avait «du travail à faire».

«Le fait est qu'avec 35 sièges à travers le pays, il y a beaucoup d'endroits qui n'ont pas voté libéral depuis un certain temps», a-t-il dit.

M. Trudeau a affirmé que les promesses de son parti de diminuer les impôts de la classe moyenne et de donner plus d'argent que les conservateurs pour soutenir les familles aiderait les libéraux à rallier les appuis dans les circonscriptions de l'est de Montréal.

Christine Poirier, la candidate libérale dans Laurier-Sainte-Marie, porte le message de son chef de porte en porte.

Présente avec M. Trudeau au marché Maisonneuve vendredi, elle a déclaré que tout reposait sur le travail de terrain et sur l'importance de parler aux électeurs un à un.

«La campagne sera extrêmement importante, a-t-elle dit. Avant M. Duceppe, il y avait un candidat libéral dans la circonscription et il était très apprécié. Je fais du porte-à-porte depuis plus d'un an.»

Mais les visites à domicile ne seront pas suffisantes pour Rosaire Turcotte, 61 ans, qui a déclaré ne pas être intéressé du tout à voter libéral.

Il a affirmé que le parti payait toujours pour sa décision d'avoir laissé le Québec hors de la Constitution de 1982 et pour le scandale des commandites.

«Je suis quand même persuadé que Justin Trudeau ferait un bon premier ministre, a toutefois dit M. Turcotte. Il est proche des gens. Pas comme son père, qui ne nous aurait jamais donné une tape dans le dos. Justin, oui.»

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer