Universités québécoises: l'effet Trump se confirme

« Nous observons une hausse de 20 % des demandes d'inscription... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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« Nous observons une hausse de 20 % des demandes d'inscription de la part d'étudiants américains », souligne le recteur et vice-chancelier de l'Université Concordia, Alan Shepard.

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Avec l'élection de Donald Trump, les Américains sont plus nombreux à vouloir étudier ou travailler dans les universités canadiennes, selon le recteur et vice-chancelier de l'Université Concordia, Alan Shepard.

« On voit l'effet Trump de deux ou trois façons, a-t-il dit en marge d'une conférence au Conseil des relations internationales de Montréal. Nous observons une hausse de 20 % des demandes d'inscription de la part d'étudiants américains. Et je suis sûr que les autres universités canadiennes le voient elles aussi. Il y a aussi plus d'universitaires réputés aux États-Unis qui s'informent des possibilités de venir enseigner chez nous. »

DÉCRET SUR L'IMMIGRATION

« Il y a une hausse des demandes d'admission en provenance de pays qui sont sur la liste des décrets de l'administration Trump, ou même qui ne le sont pas, comme l'Inde, ajoute M. Shepard. C'est comme s'ils percevaient le message qu'ils ne seraient pas les bienvenus aux États-Unis. » Geneviève O'Meara, porte-parole de l'Université de Montréal, fait part elle aussi d'une hausse des demandes en provenance des États-Unis et d'autres pays, dont l'Inde, surtout aux cycles supérieurs. « L'écho qu'on a, c'est que les étudiants recherchent une expérience universitaire nord-américaine dans le contexte d'une ville sécuritaire et accueillante, et c'est ce qu'on offre à Montréal », dit-elle.

L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE EN VEDETTE

Un article paru lundi dans le New York Times faisait jaser hier dans les cercles économiques et universitaires. Intitulé « Un dividende Trump au Canada ? Peut-être dans le secteur de l'intelligence artificielle », il s'ouvre sur l'histoire de Botler AI, jeune entreprise montréalaise fondée par quatre immigrants d'Iran et de Colombie qui tente d'appliquer les techniques de l'intelligence artificielle pour aider les candidats à l'immigration. Elle vient de recruter le chercheur Yoshua Bengio, star de l'intelligence artificielle à l'UdeM, comme conseiller. « Une start-up qui va aider les talents universitaires à s'installer chez nous, c'est une bonne nouvelle ! », a commenté Mme O'Meara. De son côté, M. Shepard, lui-même immigré, souhaite une simplification de la procédure d'immigration.

DES DIPLÔMÉS QUI S'INSTALLENT

L'organisme Montréal International en a fait une priorité récemment, mais la tendance est peut-être déjà là : les étudiants étrangers ont été plus nombreux à vouloir s'installer ici à la fin de leurs études. Selon les données estimées par le ministère de l'Immigration du Québec, transmises par Montréal International, plus de 4000 certificats de sélection du Québec ont été délivrés en 2016 à des étudiants étrangers dans le Grand Montréal, en hausse de 44 % par rapport à 2015. Selon M. Shepard, une des clés est d'enseigner le français aux étudiants étrangers, y compris dans les établissements anglophones. En poste depuis près de cinq ans, M. Shepard montre l'exemple en suivant des cours : il comprend le français et le parle, quoique avec difficulté. « Apprendre le français à 50 ans, c'est plus difficile », dit-il.

FUIR L'IMPULSIVITÉ ET L'EXCLUSION

Hubert Bolduc, président-directeur général de Montréal International, ne se gêne pas pour « miser sur l'incertitude et l'impulsivité » de l'administration Trump pour convaincre les entreprises de s'installer ici. « Les entreprises ont horreur de l'incertitude et ne veulent pas être à la merci d'un tweet intempestif du président Trump », a-t-il dit hier en entrevue dans ses bureaux du Centre de commerce mondial. Il croit que les décrets migratoires américains, même s'ils sont contestés, vont faire mal à l'économie américaine, mais pourraient favoriser Montréal. « Auparavant, le talent suivait les entreprises, mais aujourd'hui, c'est l'inverse », dit-il.

DES ATOUTS QUI SE CONFIRMENT

M. Bolduc ajoute que les atouts de Montréal pour attirer tant les entreprises que les étudiants ou les employés et professionnels qualifiés se confirment sur la scène internationale. En février, Montréal a été désigné meilleure ville universitaire au monde par le classement QS, qui décrit ainsi la métropole : « Une ville francophone dans un pays majoritairement anglophone qui a reçu des vagues d'immigration massive de partout dans le monde, Montréal est renommé pour son caractère multiculturel et son esprit inclusif. » Un magazine spécialisé dans la localisation d'entreprises a récemment décrit Montréal comme un « épicentre à part entière du big data, de l'infonuagique, de l'intelligence artificielle et de l'apprentissage automatique ».




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