Un sous-ministre congédié sur fond de tensions

Yves Sylvain a perdu son poste de sous-ministre... (Photo fournie par la Commission Scolaire Marguerite-Bourgeoys)

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Yves Sylvain a perdu son poste de sous-ministre adjoint mardi. Il était chargé de mettre en place les changements à l'organisation du réseau scolaire prévus au projet de loi 105, adopté en novembre dernier.

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Des remous secouent une fois de plus le ministère de l'Éducation. Un sous-ministre vient d'être congédié au moment où des tensions se manifestent dans la réforme des pouvoirs au sein du réseau scolaire.

Yves Sylvain a perdu son poste de sous-ministre adjoint mardi. Le cabinet du ministre Sébastien Proulx confirme qu'il y a eu « résiliation de son contrat de travail ». Il est peu loquace sur les motifs de la décision. « On est en réaménagement au sein de l'organisation du ministère », s'est contentée de dire l'attachée de presse Marie B. Deschamps. Ce ministère en a connu beaucoup dans les deux dernières années.

Nommé en juillet 2015, sous le règne du ministre François Blais, M. Sylvain, 59 ans, était responsable des secteurs primaire et secondaire. Cet ancien directeur général de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys relevait de la sous-ministre en titre, Sylvie Barcelo - en poste depuis juin 2015 -, et, bien entendu, de Sébastien Proulx. Il était chargé de mettre en place les changements à l'organisation du réseau scolaire prévus au projet de loi 105, adopté en novembre dernier.

La réforme prévoit une décentralisation de pouvoirs des commissions scolaires vers les écoles, mais celle-ci est moins importante que ce qu'avait proposé le gouvernement Couillard au départ.

Il y a toutefois de la résistance dans la mise en oeuvre des changements, selon des sources qui ont requis l'anonymat. Yves Sylvain avait convoqué les acteurs du réseau de l'éducation la semaine dernière pour discuter, entre autres, de la mise en place d'un comité de répartition des ressources dans chaque commission scolaire, comme le prévoit la réforme. Les directeurs d'école y seront majoritaires, ce qui signifie une perte d'influence pour les commissaires. Ce comité sera chargé « d'établir les objectifs et les principes de la répartition annuelle des revenus » de la commission scolaire entre les écoles, prévoit la loi.

Or, selon des sources, des représentants des commissions scolaires ont pris la décision de ne pas participer à cette rencontre. Celle-ci a été annulée. La Fédération des commissions scolaires du Québec n'a pas voulu faire de commentaires.

INQUIÉTUDE PALPABLE

Au cabinet du ministre Proulx, on affirme que la rencontre a été reportée « compte tenu du contexte lié au réaménagement », « pas pour une question de frictions entre les organisations ».

La Fédération des comités de parents n'a pas voulu commenter les circonstances du départ d'Yves Sylvain, mais elle a souligné que « son attention et son respect pour les parents ont toujours été appréciés ». « Ceci dit, le ministre a adopté une nouvelle loi et on s'attend à ce qu'il mette tout en oeuvre pour poursuivre les changements nécessaires à son application », a affirmé par courriel la présidente, Corrine Payne. L'inquiétude est palpable quant à l'avenir de la réforme.

Anne-Marie Lepage succède à Yves Sylvain, a précisé le gouvernement. Elle faisait déjà partie de la direction du ministère de l'Éducation, à titre de sous-ministre adjointe aux Relations extérieures et Services aux anglophones et aux autochtones.




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