Examens du ministère de l'Éducation: les élèves des écoles alternatives sous le radar

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Les 32 écoles alternatives de la province ne transmettent pas à leurs commissions scolaires les résultats aux examens du Ministère de 6e année, pas plus qu'elles ne les transmettent au ministère de l'Éducation, qui fait passer les élèves du primaire au secondaire sans connaître leur performance à ces tests normalisés.

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Louise Leduc
La Presse

Les écoles alternatives ne transmettent pas à leurs commissions scolaires les résultats aux examens du Ministère de 6e année, pas plus qu'elles ne les transmettent au ministère de l'Éducation, qui fait passer les élèves du primaire au secondaire sans connaître leur performance à ces tests normalisés.

C'est lors d'une collecte de données réalisée grâce à la loi sur l'accès à l'information que La Presse a constaté que les commissions scolaires ne nous avaient pas transmis les moyennes aux examens du Ministère de 6e année des écoles alternatives de leur territoire (sauf pour deux écoles).

À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, la porte-parole Gina Guillemette nous a indiqué que si c'était le cas, c'est parce que les écoles alternatives profitaient d'une dérogation en vertu de laquelle elles n'étaient pas tenues de révéler ces notes, pas même à la commission scolaire.

Même son de cloche à la Commission scolaire de Montréal. « Nous ne disposons pas des résultats aux épreuves ministérielles de mathématiques et de français des écoles alternatives au primaire. [...] Pour "évaluer l'école" et "connaître ses besoins" [les guillemets figuraient dans la déclaration écrite], la commission scolaire observe ses écoles exactement comme les autres, entre autres par l'entremise des plans de réussite et projets éducatifs et par l'observation des taux de réussite », a répondu Alain Perron, porte-parole de la CSDM.

Selon la conception alternative, poursuit-il, « un résultat en pourcentage en dit justement bien peu sur les besoins d'apprentissage des élèves. C'est, entre autres, la raison pour laquelle elles prônent une évaluation qualitative en soutien à l'apprentissage ».

Sanction des études et dérogations

Selon la loi, toutes les écoles doivent faire passer aux élèves les épreuves imposées par le Ministère au primaire et au secondaire, commence Bryan St-Louis, responsable des relations de presse au ministère de l'Éducation.

Mais « pour toutes les écoles, y compris les écoles alternatives, seuls les résultats aux épreuves uniques de 4e et 5e secondaire sont transmis par toutes les écoles au Ministère pour la sanction des études ».

M. St-Louis ajoute que les commissions scolaires peuvent accorder des dérogations à des écoles de leur territoire ayant des projets pédagogiques particuliers.

C'est donc dire que dans le cas des écoles alternatives, ni les commissions scolaires ni le ministère de l'Éducation ne voient les résultats aux examens du Ministère du primaire.

« La 6e année ne conduit pas à l'obtention d'un diplôme. Dans ce contexte, on ne peut parler de "sanction des études" comme c'est le cas au secondaire [...] », dit M. St-Louis.

Si le Ministère peut ponctuellement demander les notes, « l'évaluation des apprentissages est de la responsabilité des écoles qui ont l'obligation d'appliquer le programme d'études prescrit et de produire le bulletin scolaire [...]. Par ailleurs, il appartient à la commission scolaire, qui assume la responsabilité de l'enseignement primaire d'un élève, de déterminer si cet élève a satisfait aux exigences du primaire ».

M. St-Louis souligne que les résultats aux examens du Ministère sont consignés au bulletin de l'école.

Les écoles alternatives contactées ont cependant dit qu'elles n'avaient pas de bulletin chiffré, comme le disent aussi les commissions scolaires.

Quand on a soumis cette situation à Pierre Chénier, porte-parole du Réseau des écoles alternatives du Québec (REPAQ), il a dit qu'il ignorait que les notes aux examens du Ministère n'étaient pas transmises. « C'est bizarre. Vous me voyez totalement surpris. »

Même étonnement à la Fédération des comités de parents. Chrystel Jobin-Gagnon, conseillère en communications, dit que la Fédération tenait pour acquis qu'il n'y avait pas de dérogation pour la 6e année et pour toute matière visée par une sanction des études.

« C'est un mystère que nous aimerions bien éclairer », a-t-elle dit.

Le Réseau des écoles alternatives du Québec dit représenter 32 écoles alternatives : 28 au primaire, 3 au secondaire et une autre encore, qui accueille pour sa part aussi bien des élèves du primaire que des élèves du secondaire.

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