Centres jeunesse: Québec incapable de chiffrer le financement

La ministre déléguée à la Protection de la... (Photo Martin Tremblay, archives La Presse)

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La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse a reconnu elle-même que Québec est incapable de dire combien d'argent précisément il met dans les centres jeunesse.

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Conséquence insoupçonnée de la réforme Barrette, Québec est désormais incapable de dire combien d'argent précisément il met dans les centres jeunesse.

La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, l'a reconnu elle-même lors de l'étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, vendredi.

Dans les centaines de pages fournies à l'opposition pour détailler les dépenses gouvernementales en santé, le député péquiste Jean-François Lisée a relevé qu'aucune précision n'est donnée quant au financement des 16 centres jeunesse pour la prochaine année, contrairement à ce qui se faisait dans le passé. Leur financement se trouve dans un programme général appelé « Jeunes en difficulté », qui réunit différentes dépenses et pas seulement celles liées aux centres jeunesse.

« Les centres jeunesse sont intégrés dans ce budget-là parce qu'ils font maintenant partie des CISSS », c'est-à-dire les centres intégrés de santé et de services sociaux, a expliqué Mme Charlebois avant de céder la parole au sous-ministre adjoint aux Finances, François Dion. « Compte tenu du fait que le CISSS a intégré tous les domaines d'activité et les missions, on n'a plus spécifiquement un budget au niveau du centre jeunesse proprement dit. Ce qu'il y avait autrefois, le volet centre jeunesse avec ses composantes administratives et de soutien, on n'a plus cette information-là de façon précise », a-t-il affirmé.

Il faut comprendre qu'avec la loi 10, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a réduit le nombre d'établissements dans le réseau, qui est passé de 182 à 34 - dont 22 CISSS et CIUSSS. Selon le Ministère, chaque CISSS est responsable de déterminer comment est dépensé l'argent du programme Jeunes en difficulté sur son territoire.

Désormais, seules les dépenses pour les activités cliniques des centres jeunesse, le plus gros poste budgétaire, seront connues, mais après la fin de l'année financière seulement, précise-t-on. Le budget du gouvernement ne donne plus d'indication à ce sujet.

Pour Jean-François Lisée, on assiste à une « perte de connaissance » importante sur le financement des centres jeunesse au moment même où un débat fait rage au sujet des compressions du gouvernement. Les coupes ont atteint 20 millions l'an dernier.

Le programme Jeunes en difficulté est doté d'une enveloppe de 1,184 milliard pour 2016-2017. C'est une hausse de 1,58 % ou 18 millions par rapport à l'année précédente. Cette augmentation couvre à peine l'inflation, a souligné M. Lisée. Les salaires des employés de l'État, qui constituent la majeure partie des dépenses au ministère de la Santé, grimpent de 1,5 % cette année, par exemple.

« Avec une augmentation de 18 millions, ce n'est même pas le rétablissement des 20 millions qui ont été coupés. Pour les jeunes en difficulté, l'année qui vient ne sera pas une année de réparation des dégâts libéraux », a-t-il tonné.

Jean-François Lisée a accusé la ministre Charlebois de « présider à la réduction des services en centre jeunesse ». Documents à l'appui, il a signalé que le centre jeunesse de Chaudière-Appalaches a supprimé trois postes d'éducateurs et un autre de technicien en assistance sociale.

Pour Lucie Charlebois, son vis-à-vis noircit le portrait. « Il va falloir que je lui achète un livre de pensée positive ! », a-t-elle lancé au cours d'un échange acerbe.

La ministre a cité un autre document émanant du même centre jeunesse stipulant que les suppressions de postes n'ont pas eu d'impact sur l'offre de services. Il s'agit d'une réorganisation visant à « améliorer la productivité » et assurer « une plus grande rigueur dans la gestion des normes de pratique », a-t-elle dit. Pour l'ensemble du réseau, les compressions « n'ont pas touché les services », selon elle.

Elle a énuméré des statistiques prouvant une réduction de délais d'attente dans les centres jeunesse, notamment pour l'évaluation des jeunes. « Si ça ne fonctionnait pas, je verrais une augmentation des délais et des problématiques, mais c'est le contraire qui se passe, a-t-elle plaidé. Si lui est axé seulement sur l'argent dans les centres jeunesse, moi je suis axée sur les services pour les jeunes. »

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