Le décrochage chez les garçons ne diminue pas

Les garçons sont plus nombreux que les filles... (Photo Olivier Jean, La Presse)

Agrandir

Les garçons sont plus nombreux que les filles à avoir tant de difficultés à l'école qu'ils sont très tôt dirigés vers des formations qui sont loin de mener à des diplômes en bonne et due forme.

Photo Olivier Jean, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Louise Leduc 
La Presse

Le décrochage des garçons ? Ça ne s'arrange pas. Près d'un garçon sur cinq (18,8 %) abandonne toujours l'école avant la fin du secondaire, comparativement à 11,9 % des filles. Au surplus, ils sont plus nombreux que les filles à avoir tant de difficultés à l'école qu'ils sont très tôt dirigés vers des formations qui sont loin de mener à des diplômes en bonne et due forme.

C'est ce qui ressort de la plus récente édition des Indicateurs de l'éducation, publiée hier par le ministère de l'Éducation.

Visuellement, quand on regarde la courbe descendante du graphique sur le taux annuel de sorties sans diplômes, on pourrait croire qu'un miracle est survenu en 2008-2009, que le nombre de décrocheurs ne cesse de diminuer depuis, y compris en 2012-2013, où le taux de décrocheurs masculins est de 18,8 % par rapport à 19,8 % l'année précédente.

On pourrait se féliciter aussi de la réduction de l'écart entre les garçons et les filles.

Or les explications font ressortir un tout autre tableau.

Tout en soulignant que l'écart entre les deux sexes s'amenuise, les auteurs des Indicateurs indiquent « que les garçons obtiennent la plus grande part des nouveaux certificats délivrés depuis 2007-2008, ce qui contribue à diminuer légèrement l'écart entre les filles ».

Que sont ces attestations qui sont incluses depuis lors et qui font réduire les chiffres de décrochage ?

Ce sont ces attestations de formation préparatoire au travail ou qui mènent à des métiers dits « semi-spécialisées ». Ceux qui les obtiennent deviendront par exemple préposé à l'entretien d'édifices publics, nettoyeur de véhicules, commis de quincaillerie ou commis de vente.

Bref, comme le dit Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l'Université Laval, ce sont des formations pour des jeunes qui ont de très grandes difficultés à l'école et à qui l'on propose ces programmes dans l'espoir - le plus souvent vain - qu'ils parviennent ensuite à suivre une réelle formation professionnelle.

Dans les statistiques officielles qu'il met de l'avant, le gouvernement du Québec continue donc d'amalgamer des diplômes au sens habituel du terme - des diplômes d'études secondaires et des diplômes d'études professionnelles - avec des attestations remises « à des jeunes qui, dans certains cas, ne dépassent pas le niveau primaire », déplore M. Royer.

M. Royer estime que si l'on excluait ces attestations, le pourcentage réel de décrochage des garçons serait supérieur de 4 points et s'établirait à quelque 22 %.

Dépistage en bas âge

Il est quand même bon de maintenir ces jeunes à l'école, dit M. Royer, mais ce qui serait bien mieux, ce serait plutôt « de dépister dès l'âge de 6 ou 7 ans ces enfants qui ont du mal à lire et leur donner dès lors toute l'aide nécessaire » pour éviter que leur seul horizon, 9 ou 10 ans plus tard, soit ces programmes qui mènent à des emplois très peu rémunérés.

Pour un portrait plus parlant de la réussite des garçons et des filles, M. Royer suggère cette donnée, incluse dans les Indicateurs 2013 de l'éducation. Dans ce document, on notera que 60,2 % des filles obtiennent un premier diplôme de cégep. C'est le cas de seulement 38,5 % des garçons.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer