Manifestation à l'arrivée d'Yves Bolduc au Complexe Desjardins

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Les principaux syndicats de l'enseignement sont représentés à la manifestation, et les policiers, nombreux.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a subi le même sort que le premier ministre Philippe Couillard, vendredi, lorsqu'il s'est adressé aux participants à une causerie devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain: des manifestants l'ont interrompu et ont dû être escortés de la salle par des policiers. Et cette fois, ils ont même réussi à monter sur l'estrade.

Ces protestataires, environ une douzaine, portaient des pancartes qui dénonçaient les «coupes dans l'aide aux devoirs» et dans les «fonds de recherche». «Comment pouvez-vous faire réussir les élèves en coupant dans l'aide aux devoirs, en augmentant les élèves dans les classes?» lui a lancé un des protestataires, en se dirigeant vers l'estrade.

Le ministre Bolduc est resté calme, les a laissés scander leurs slogans. Les policiers les ont escortés à l'extérieur de la salle; ils n'ont pas résisté.

Le ministre a ensuite affirmé au microphone qu'il n'avait pas d'objection à ce que les gens manifestent, «à condition que cela se fasse dans l'ordre». Interrogé après son allocution à savoir s'il s'était senti indisposé par les manifestants, il a répondu: «écoutez, ils ont le droit de manifester. Je pense que ça a dérangé, mais aujourd'hui, on a parlé de persévérance scolaire à notre auditoire et je pense que les messages ont bien passé», a-t-il répondu.

Comme cela avait été le cas lors de l'allocution perturbée du premier ministre Couillard devant la Chambre de commerce, le 3 février dernier, ces manifestants s'étaient glissés incognito parmi les autres convives, s'étaient assis à une table et ont attendu le moment propice pour se lever et interrompre le ministre en criant.

Un autre groupe avait également perturbé le déroulement de l'événement en interrompant et en scandant des slogans, avant même que le ministre Bolduc ne monte sur l'estrade, lorsque la présentatrice parlait au microphone.

Et un troisième groupe, plus nombreux, a aussi bruyamment manifesté à l'intérieur du Complexe Desjardins, auquel est relié l'hôtel dans lequel le ministre prenait la parole. Ceux-ci se sont répartis sur les mezzanines et étages du centre commercial à aires ouvertes, brandissant des pancartes, des drapeaux, et faisant beaucoup de bruit. Les policiers les ont surveillés.

De plus, à l'extérieur de l'édifice, un quatrième groupe manifestait malgré le froid mordant. Eux avaient fait les choses plus en règle, convoquant les médias avant l'allocution du ministre et après, pour expliquer les raisons de leurs protestations. Au final, ils ont été environ 200.

Ils provenaient notamment de la CSN (Conseil central du Montréal métropolitain), de la CSQ (Fédération du personnel de soutien scolaire, Fédération des syndicats de l'enseignement et Fédération des professionnels de l'éducation), de même que la Fédération autonome de l'enseignement.

«On est ici pour dire au ministre que quand on prétend, comme le veut le titre de sa présentation, que la réussite des élèves est au coeur de nos préoccupations, on ne se livre pas à un saccage sans pareil de l'éducation en multipliant les compressions, de la petite enfance à l'université», a critiqué Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN.

À ses côtés, Sylvain Mallette, de la Fédération autonome de l'enseignement, a fait un peu de sarcasme avec les bourdes du ministre Bolduc, cette semaine, qui ont poussé le gouvernement Couillard à limiter la possibilité pour les ministres de s'adresser aux médias sans être préparés au préalable. «On est content d'apprendre que le ministre de l'Éducation a reçu l'autorisation du premier ministre pour s'adresser à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, malgré la règle qui vise à museler les ministres qui a été mise en place», a-t-il ironisé.

M. Mallette a dit trouver «choquant» que le ministre Bolduc vienne «dire combien pour son gouvernement l'éducation est une priorité» alors qu'il a réduit les budgets dans les commissions scolaires et l'aide aux devoirs, entre autres.

Le ministre Bolduc, quant à lui, a voulu convaincre les convives de la Chambre de commerce que la réussite scolaire est l'affaire de tous, non pas seulement du ministère. «Pour améliorer la persévérance et la réussite scolaire, nous avons besoin de chacun d'entre vous. Et c'est ça notre stratégie gouvernementale: vous utiliser pour que ces jeunes puissent réussir», a-t-il dit aux gens d'affaires.

Il a rapporté des progrès en matière de lutte contre le décrochage scolaire au fil des ans.

De même, il s'est porté une nouvelle fois à la défense de la réforme scolaire, qui a été récemment contestée, 20 ans après son entrée en vigueur.

«La réforme scolaire était nécessaire. Mais vous savez: vous avez beau avoir une bonne idée, quand elle est mal appliquée, ça ne donne pas toujours les bons résultats. Ça a chambardé le système d'éducation; les enseignants ont résisté; et également il n'y avait pas eu assez de formation, ce qui fait qu'il y a eu beaucoup, beaucoup de résistance», a dit le ministre.

Il a ajouté que des correctifs avaient été apportés depuis l'entrée en vigueur de la réforme.

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