Compressions: les écoles privées craignent un exode vers le public

Le débat autour du financement des écoles privées... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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Le débat autour du financement des écoles privées est particulièrement complexe puisque les experts ne s'entendent pas sur le pourcentage que représente le financement du gouvernement.

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Annabelle Blais
La Presse

Si le gouvernement va de l'avant avec son projet de réduire d'au moins 50% le financement des écoles privées, les droits de scolarité augmenteront d'au moins 2000$ par année, souligne la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP). Avec une telle hausse, le réseau privé pourrait perdre jusqu'à 80% de sa clientèle et plusieurs écoles devront fermer.

«Ce serait une vraie saignée dans les écoles privées», prévient Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération. À l'heure actuelle, il en coûte environ 4000$ par année aux parents d'un élève au secondaire, affirme le président. Si la subvention du gouvernement diminue de moitié, la facture grimpera de 2000$, au minimum.

Or la Fédération affirme que «le seuil critique d'absorption d'une hausse des droits de scolarité» des familles est très faible. Selon une recherche de l'Université de Sherbrooke réalisée en 2013 à la demande de la FEEP, 31% des parents interrogés dont les enfants fréquentent une école privée ne peuvent se permettre d'absorber une hausse de 999$ et moins et devraient retirer leur enfant du réseau des écoles privées subventionnées. Pour une hausse de 1999$ et moins, ce pourcentage grimpe à 63%.

«Une hausse substantielle des droits de scolarité aurait l'effet d'un tsunami sur le clivage sociologique entre la composition des ménages dont les enfants fréquentent le secteur public et le secteur privé, réduisant pratiquement ce dernier à une clientèle de ménages particulièrement nantis et éliminant de facto la présence d'enfants en provenance de la classe moyenne», peut-on lire dans cette étude que La Presse a consultée.

Ces départs pourraient à leur tour entraîner des fermetures d'écoles. Ainsi, en évaluant le nombre de départs causés par l'augmentation des droits en incluant les fermetures d'écoles, la Fédération estime qu'elle pourrait perdre 90 000 de ses 110 000 élèves du jour au lendemain au profit du réseau public.

M. Saint-Jacques souligne que l'arrivée massive d'élèves dans le secteur public entraînera des coûts importants pour le gouvernement.

La Fédération rappelle que pour l'année 2014-2015, il y a eu des compressions de 23 millions dans les transferts du gouvernement aux écoles privées subventionnées. «Et déjà plusieurs écoles nous ont signifié avoir perdu des élèves cet été.»

Guerre de chiffres

Le débat autour du financement des écoles privées est particulièrement complexe puisque les experts ne s'entendent pas sur le pourcentage que représente le financement du gouvernement.

Le rapport Champoux-Lesage publié le printemps dernier indiquait que ce pourcentage était de 74,8% au secondaire. Mais le comité recommandait aussi au Ministère de réviser et de valider l'estimation. La Fédération renvoie aux données du MELS, qui calcule cette part à 42%.

Le privé isolé

Les écoles privées auront toutefois de la difficulté à trouver des alliés dans son combat. La Fédération des syndicats de l'enseignement, la Fédération autonome de l'enseignement, la Fédération des commissions scolaires du Québec sont favorables à des compressions dans le secteur privé.




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