Compressions à la CSDM: un déficit de 29,5 millions en vue

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Depuis le dépôt du budget Leitao au début du mois de juin, la CSDM attendait de connaître l'effort budgétaire qu'elle allait devoir fournir afin d'atteindre l'objectif global de 150 millions de compressions exigé par le gouvernement.

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Marie-Michèle Sioui
La Presse

Incapable de procéder aux compressions exigées par le dernier budget provincial, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a adopté en séance extraordinaire hier une demande d'autorisation pour un déficit de 29,5 millions de dollars pour l'année 2014-2015.

Depuis le dépôt du budget Leitao au début du mois de juin, la CSDM attendait de connaître l'effort budgétaire qu'elle allait devoir fournir afin d'atteindre l'objectif global de 150 millions de compressions exigé par le gouvernement.

La réponse est arrivée le 15 juin: la commission scolaire allait devoir trouver le moyen de retrancher 15,4 millions de plus à son budget 2014-2015. 

Mais la CSDM a fait un choix qu'elle qualifie de «politique». Pas question de réduire les services aux élèves, martèle sa présidente, Catherine Harel-Bourdon. Ce seront donc seulement 2,5 millions de dollars de plus qui seront retranchés «là où ça fait le moins mal», c'est-à-dire dans la formation et dans la réforme de la comptabilité scolaire, par exemple.

Résultat, le déficit de la CSDM s'accentuera de 12,9 millions pour l'année scolaire 2014-2015. En combinant ce montant au manque à gagner de 16,4 millions déjà prévu dans le budget, le déficit de la CSDM atteindra 29,5 millions.

«On arrivait à 16,4 millions, mais le gouvernement a changé les règles du jeu», estime Catherine Harel-Bourdon, qui a néanmoins bon espoir de voir la demande de la CSDM favorablement accueillie par le gouvernement.

«On espère qu'ils vont accepter. C'est impossible pour nous de réduire [le budget] comme ça en fin d'année, parce que nos plans d'effectifs sont déjà préparés», explique-t-elle. D'autant que ces plans d'effectifs - qui prévoient la demande et la distribution du personnel dans les écoles - représentent 80% des budgets de la commission scolaire, ajoute la présidente.

À titre d'exemple, la CSDM prévoyait un déficit de 47,5 millions en 2012-2013, sur un budget de 978 302 885$ (il s'est finalement établi à 24,6 millions). 

Où faire des coupes?

En tenant compte des nouvelles compressions, les commissions scolaires auront eu à consentir des efforts de 800 millions en cinq ans. À la CSDM comme ailleurs, les réponses à la question «Où faire des coupes?» commencent à se faire rares. D'autant plus que la clientèle ne cesse d'augmenter, à un rythme moyen de 1000 élèves par année à la CSDM.

«Nos frais administratifs représentent 4% du budget. Sincèrement, pour une institution qui gère 112 000 élèves, ce n'est pas beaucoup, avance Catherine Harel-Bourdon. On est déjà plafonnés au niveau de la taxe scolaire à Montréal, alors on ne l'augmentera pas non plus.»

Surtout, la CSDM assure n'avoir aucune intention de sabrer les services aux élèves comme l'aide aux devoirs, les services alimentaires ou les mesures d'appui à la réussite. Reste que la marge de manoeuvre est mince, selon Catherine Harel-Bourdon, si bien que les solutions envisagées commencent à prendre des airs d'économies de bouts de chandelle (voir encadré).

«Le gouvernement aussi a un choix social à faire», conclut la présidente. «Est-ce qu'on veut vraiment couper dans les services aux élèves, surtout dans un contexte où on veut tant qu'ils terminent leur secondaire? C'est très inquiétant.»

Une marge de manoeuvre de plus en plus réduite

Pour limiter les compressions dans les services aux élèves, la CSDM envisage une série de solutions pour réduire son budget. Voici trois exemples.

  • Des achats regroupés entre écoles pour les produits d'hygiène et d'entretien.
  • Une réduction des coûts en santé et sécurité. «Nous souhaitons faire de la prévention afin d'éviter les congés de maladie prolongés, qui nous obligent à payer l'employé malade et son remplaçant», explique Catherine Harel-Bourdon.
  • Optimiser le transport scolaire en modifiant les horaires afin qu'un autobus puisse faire deux trajets le matin, notamment. «S'il reste de la place dans un autobus pour les plus petits, nous pourrions l'offrir à un élève plus vieux, mais en exigeant un montant supplémentaire de la part des parents», propose aussi Mme Harel-Bourdon.




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