Infrastructures scolaires: une rentrée, deux réalités

Une nouvelle école primaire voit le jour à... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Une nouvelle école primaire voit le jour à Carignan cette semaine.

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Louise Leduc
La Presse

D'une part, des écoles condamnées pour insalubrité, en très mauvais état ou qui débordent. D'autre part, des écoles flambant neuves qui poussent là où il y avait des champs il n'y a pas si longtemps. En cette rentrée, les enfants sont loin d'être égaux.

Sainte-Marthe-sur-le-Lac et Terrebonne auront chacune une nouvelle école primaire de 515 places cet automne. Les enfants ne s'y sentiront pas à l'étroit: il manque à chacune plus de 200 élèves pour qu'elles soient bondées.

«Terrebonne est en train de développer un nouveau quartier et nous prévoyons d'importantes hausses d'élèves dans ce secteur», explique Mélanie Poirier, porte-parole de la commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles.

En 2015, cette commission scolaire aura deux autres écoles: l'une à Saint-Joseph-du-Lac, l'autre à Saint-Augustin-de-Mirabel.

En Montérégie, même ébullition. Une nouvelle école voit le jour à Carignan cette semaine. L'an dernier, c'était à Beloeil.

Deux autres écoles sont en construction à la commission scolaire des Patriotes et trois demandes sont à l'étude au Ministère.

L'effervescence immobilière dans la couronne nord et en Montérégie n'explique pas tout. Le baby-boom des dernières années se fait sentir un peu partout dans les écoles primaires.

À la Commission scolaire de Montréal, où l'on accueillera 1300 élèves de plus au primaire, pas de nouvelle école cette année. Le ministère de l'Éducation a cependant donné le feu vert à l'agrandissement de huit écoles aux quatre coins de la ville, pour une facture de 55 millions.

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L'école Baril sera bientôt détruite.

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Cependant, dans Hochelaga-Maisonneuve, qui a perdu trois écoles primaires à cause des moisissures au cours de la dernière année, l'heure n'est pas encore aux projets emballants, mais plutôt aux projets de démolition.

À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, 1200 élèves additionnels sont attendus en cette rentrée. C'est particulièrement le cas dans l'arrondissement de Saint-Laurent, où une école a été acquise d'une commission scolaire anglophone et une autre, d'une ancienne école privée. Pas moins de 60 classes ont en construction ou sont agrandies dans cet arrondissement.

À Laval aussi, les écoles débordent. «D'ici cinq ans, on attend 4000 nouveaux élèves au primaire», explique Jean-Pierre Archambault, secrétaire général de la Commission scolaire de Laval.

L'an dernier, la situation était tellement criante que 92 élèves de maternelle dans Chomedey ont été transférés dans un quartier voisin. Cette année, deux nouvelles écoles ont été construites et la commission scolaire est en discussion avec la Ville pour obtenir de nouveaux terrains.

Laisser-aller «inadmissible»

Annick Germain, professeure à l'INRS, Urbanisation, culture et société, se désole du fait que l'on soit autant "à la remorque des promoteurs immobiliers» qui finissent par décider, finalement, où l'on plante des écoles.

«En même temps, les budgets des municipalités sont tellement serrés que ce n'est pas un hasard si elles s'écrasent devant les promoteurs.»

À son avis, il est impératif que les municipalités mettent en priorité, dans leurs plans d'urbanisme, la notion de «milieu de vie complet».

Que les écoles de la région de Montréal, par ailleurs, soient dans un tel état de décrépitude la sidère.

«Un tel laisser-aller est inadmissible. C'est minable. Ça, ça va nous péter en pleine face», dénonce-t-elle.

Dans ces conditions, poursuit Mme Germain, pas étonnant que les familles de classe moyenne fuient vers la banlieue.

Quelles familles restent en ville? Les nouveaux immigrants, pour beaucoup. «Pas moins de 40% des familles avec enfants à Montréal ont au moins un parent immigrant», rappelle Mme Germain.

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Le Collège Saint-Louis, à Lachine.... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE) - image 3.0

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Le Collège Saint-Louis, à Lachine.

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Les gagnants du gros lot

Au secondaire, tout indique que ce sont les élèves et le personnel du Collège Saint-Louis, à Lachine, qui ont gagné le gros lot. Le bâtiment de 1930 dans lequel se trouve l'école a été complètement rénové au coût d'une trentaine de millions de dollars. L'école compte une grande bibliothèque, un atrium et une cafétéria verte avec composteur industriel.




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