Compressions: vives inquiétudes à l'UQAM

Claude Corbo... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Claude Corbo

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

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Le recteur sortant de l'Université du Québec à Montréal, Claude Corbo, craint que les compressions annoncées dans les universités ne mettent à mal le travail de reconstruction accompli au cours des cinq dernières années.

M. Corbo, qui a été recteur de l'UQAM de 1986 à 1996, en a repris les rênes en janvier 2008, en pleine tourmente à la suite du fiasco de l'îlot Voyageur.

«Nous étions en situation de crise majeure: une crise financière résultant de la dérive immobilière, une crise de gouvernance, une crise de réputation, une crise de crédibilité», rappelle-t-il.

Cinq ans plus tard, la situation est tout autre. «L'UQAM s'est sortie de ses problèmes financiers», se réjouit M. Corbo, qui quittera ses fonctions le 6 janvier prochain. L'université a aussi fait beaucoup sur le plan de l'enseignement, avec un renouvellement de la moitié de son corps professoral depuis les années 2000.

Les compressions de 124 millions exigées des universités par le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, risquent toutefois de faire plonger l'UQAM de nouveau.

L'établissement doit retrancher quelque 12,5 millions de son budget d'ici au mois d'avril 2013. Le conseil d'administration vient d'être saisi de la demande et doit évaluer comment y répondre.

«C'est un motif d'inquiétude important, reconnaît M. Corbo. Nous allons regarder très attentivement la signification et la portée de la demande de compressions pour voir comment nous pouvons la réaliser sans nuire à l'Université.»

Ces nouvelles compressions s'ajoutent aux pertes de 17 millions engendrées par la grève étudiante du printemps dernier. Il est clair que l'UQAM ne pourra respecter son plan de retour à l'équilibre budgétaire, qui autorisait un déficit de 9 millions. Ce sera beaucoup plus, estime M. Corbo.

Régler la question du sous-financement

À quelques semaines du Sommet sur l'enseignement supérieur, le financement des universités se retrouve au coeur des débats. Il est temps de régler la question, croit le recteur. Le consensus qui existait sur le sous-financement il y a un an a cédé la place à des suspicions.

Les problèmes de financement sont pourtant réels, croit M. Corbo, qui propose de profiter du sommet pour refaire l'exercice de comparer les universités québécoises et canadiennes. «Cette fois en prenant en compte le vrai budget, qui est le budget de fonctionnement, pas les immobilisations ni les fonds de recherche.»

Le recteur réfute également la thèse qui veut que toutes les universités soient mal gérées, une idée «intellectuellement indéfendable». Sans nier qu'il puisse survenir des dérapages, il rappelle que les universités ont des comptes à rendre, qu'elles doivent remettre quantité de rapports exhaustifs à Québec.

Le problème est qu'il n'y a jamais de rétroaction, affirme-t-il avec une certaine frustration. «Si on fait juste rendre des comptes et que personne ne réagit, ça ne nous avance pas beaucoup», fait-il valoir.

Comme les autres universités, l'UQAM fait maintenant face à de nouveaux défis, comme la baisse démographique ou l'arrivée de jeunes étudiants qui ont grandi avec les nouvelles technologies.

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Bilan du mandat de Claude Corbo en cinq réalisations

> Plan de retour à l'équilibre budgétaire d'ici à 2016.

> Des états financiers déposés sans restriction ni réserve par le vérificateur général, qui a agi à titre d'auditeur externe indépendant, au cours des deux dernières années.

> La cote de crédit de l'UQAM a été relevée à deux reprises.

> Embauche de plus de 200 professeurs depuis 2007.

> Croissance du nombre de chaires et de contrats de recherche.

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