Intégration des élèves en difficulté: les cégeps déçus d'être exclus

Selon la FNEEQ, les élèves en difficulté sont... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Selon la FNEEQ, les élèves en difficulté sont de plus en plus nombreux à fréquenter les cégeps. Ceux-ci seraient toutefois très en retard en ce qui concerne l'intégration de ces jeunes.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

Plusieurs groupes ne pourront participer à la journée de rencontre ministérielle sur l'intégration des enfants en difficulté, qui se tient aujourd'hui à Québec et qui réunira une centaine de participants. Mais selon la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, les exclus ne doivent pas s'inquiéter puisque la rencontre d'aujourd'hui «n'est pas une finalité».

«La rencontre vise à offrir un climat de respect pour nommer les difficultés et ensuite se bâtir une vision commune (...). Nous continuerons d'avoir des discussions autour de tables paritaires après. Et ma porte est toujours ouverte aux autres intervenants pour discuter d'intégration», assure-t-elle.

La ministre assure que son gouvernement compte arriver avec des solutions pour mieux encadrer l'intégration d'ici au mois de juin. «Je me dis que le débat est toujours entre la classe régulière et la classe spécialisée. Mais n'y aurait-il pas d'autres modèles d'organisation à regarder?» avance-t-elle.

Les discussions d'aujourd'hui ne se concentreront que sur l'intégration au primaire et au secondaire. La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), qui représente les enseignants du cégep, s'attriste de ne pas y participer. «Nous serons sur place, mais nous n'aurons pas droit de parole», explique la vice-présidente de la FNEEQ, Michelle Thibodeau.

Celle-ci explique que les cégeps accueillent de plus en plus d'étudiants avec des difficultés. «La croissance est super rapide. On remarque la présence de ces élèves surtout depuis deux ans», note Mme Thibodeau.

Selon elle, les cégeps «sont très en retard» en ce qui concerne l'intégration. «C'est le chaos dans les collèges. Parce qu'on ne sait pas quoi faire avec ces jeunes. Les services offerts varient d'un endroit à l'autre. Les enseignants manquent d'information et de formation pour composer avec cette nouvelle réalité», affirme Mme Thibodeau.

Brigitte Gagné enseigne en technique d'éducation spécialisée au cégep de Sherbrooke depuis 1986. Elle note qu'un nombre croissant d'élèves en difficulté fréquentent ses cours. «Depuis trois ou quatre ans, les jeunes nous disent qu'ils ont des troubles de l'attention. Qu'ils sont sous médication. On doit faire des adaptations pour eux», note-t-elle.

Mme Gagné explique que le principal changement est que les enseignants doivent offrir plus de temps hors de la classe pour aider ces élèves.

«Les enseignants doivent prendre le temps d'adapter leur matériel pédagogique et leurs évaluations», ajoute Mme Thibodeau, qui croit que le Ministère devra considérer la nouvelle réalité des cégeps en matière d'intégration.

«Nous allons le faire. Mais on doit franchir une marche à la fois», répond Mme Beauchamp.

Les exclus s'organisent

Outre les cégeps, un groupe d'organismes qui aident les jeunes en difficulté déplorent avoir été exclus de la rencontre d'aujourd'hui. Ces organismes se sont regroupés au sein du Ralliement engagé envers les jeunes exclus du système scolaire (REJESS) et seront présents cet après-midi à Québec dans l'espoir de parler à la ministre Beauchamp.

«C'est toujours les mêmes voix qui sont entendues. On travaille auprès des jeunes exclus des classes régulières depuis près de 30 ans. On a des choses à dire», note Suzanne Daneau, coordonnatrice de La Boîte à lettres de Longueuil et porte-parole du REJESS.




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