Joseph Di Maulo: la vengeance des Rizzuto?

Joe Di Maulo a été assassiné dimanche soir... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Joe Di Maulo a été assassiné dimanche soir dans le stationnement de sa résidence, à Blainville.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

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Joseph Di Maulo, un des mafiosi les plus influents de la province, pourrait avoir payé de sa vie son manque de loyauté envers le clan Rizzuto. Dimanche soir, un tireur embusqué près de sa somptueuse maison, à Blainville, l'a froidement assassiné d'au moins deux balles dans la tête.

À 21h15, la femme de celui que tous appellent Joe rentrait à la maison, rue du Blainvillier, lorsqu'elle a trouvé son mari de 70 ans face contre terre dans le stationnement, près de son Cadillac Escalade.

«Je n'ai rien entendu. Le tireur devait avoir un silencieux. J'ai par contre entendu la dame crier. J'ai regardé par la fenêtre plus tard et j'ai vu les secouristes qui tentaient de le réanimer. J'ai pensé à un arrêt cardiaque», a raconté une voisine.

Joe Di Maulo, originaire de la région du Molise, dans le sud de l'Italie, était un voisin jovial et aimable.

Même s'il était un des mafiosi les plus discrets de la province, il n'en était pas moins un des plus influents.

Sa femme est la soeur de Raynald Desjardins, qui est actuellement détenu et accusé du meurtre de l'aspirant parrain Salvatore Montagna, et sa fille a épousé l'un des fils de l'ancien chef du clan calabrais, Frank Cotroni.

Fidèle de Cotroni, il est devenu proche des Siciliens du clan Rizzuto lorsqu'ils ont pris le pouvoir au détriment des Calabrais, au tournant des années 80. Il a déjà été partenaire de golf et compagnon de voyage de Vito Rizzuto.

Au début de 2010, alors que Vito Rizzuto était détenu depuis quelques années aux États-Unis, les attaques contre son camp se sont multipliées. Son fils aîné, Nick, a été assassiné, tout comme son père, Nicolo.

Le nom de Joe Di Maulo circulait comme étant l'un des acteurs de cette lutte d'influence. On le voyait comme un conseiller des nouveaux leaders plutôt que comme un parrain éventuel.

Il semble que les membres du clan Rizzuto n'aient pas aimé qu'il ne choisisse pas clairement leur camp.

Il est facile de croire que, quelques semaines après le retour au pays de Vito Rizzuto, ce meurtre soit l'un des premiers signes tangibles de sa volonté de reprendre le contrôle de Montréal.

C'est la thèse principale des enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ). Mais selon une source bien au fait des enquêtes sur le crime organisé, il y a d'autres possibilités.

«Des gens pensent que Di Maulo n'était peut-être plus en aussi bons termes avec Vito Rizzuto. Mais il faut aussi remarquer que Di Maulo ne se promenait pas avec des gardes du corps; il était seul lors du meurtre. Il ne s'attendait donc pas à être visé.» Les policiers l'ont toutefois avisé que sa vie était menacée, il y a plusieurs semaines.

Une autre personne très au fait des activités de la mafia montréalaise a néanmoins récemment fait remarquer que Di Maulo ne figurait pas dans la liste des gens de qui Vito Rizzuto pourrait vouloir se venger. Domenico Arcuri, Tony Magi et le chef de gang Ducarme Joseph seraient plutôt de ceux-là. Les deux derniers seraient vus par le clan Rizzuto comme ayant un lien avec le meurtre de Nicolo Rizzuto fils.

«Di Maulo a toujours démontré une grande habileté à atténuer les frictions entre Siciliens et Calabrais», confie cet informateur, qui se dit surpris de l'assassinat de l'homme. Et il n'est pas le seul.

Joe Di Maulo a un casier judiciaire presque vierge, si ce n'est une amende de 2000$ en 2008 pour possession d'une arme à autorisation restreinte sans détenir de permis. Ancien propriétaire de cabaret, il se targuait d'avoir lancé les carrières de plusieurs artistes. Il a jadis été acquitté d'un triple meurtre commis dans son cabaret, le Casa Loma, dans les années 70.

Jusqu'à ce qu'il achète son châtelet de Blainville, il y a quelques années, il menait une vie simple et discrète. Il roulait dans une vieille Oldsmobile et habitait un modeste triplex à Saint-Léonard. Il ne fréquentait jamais les bars. Il a été propriétaire d'une petite entreprise de production, boulevard Henri-Bourassa, à qui la SQ aurait confié, sans savoir qui était le réel propriétaire, la tâche de copier les CD de preuve dans les superprocès de l'opération Printemps 2001. Jusqu'à récemment, il possédait un bureau de financement à Saint-Léonard, où on le voyait encore régulièrement marcher seul, sans garde du corps.

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