Prison de Kandahar: «On aurait pu faire les choses autrement»

Les policiers militaires en mission en Afghanistan n'auraient... (PHOTO JOHN D McHUGH, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

Agrandir

Les policiers militaires en mission en Afghanistan n'auraient jamais dû effectuer des entrées dynamiques dans les cellules de détenus dans la prison de Kandahar, a affirmé hier le lieutenant-colonel Francis Bolduc.

PHOTO JOHN D McHUGH, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le Canada en Afghanistan

Politique

Le Canada en Afghanistan

Les dernières nouvelles de la situation du Canada en Afghanistan »

(Ottawa) Les policiers militaires en mission en Afghanistan n'auraient jamais dû effectuer des entrées dynamiques dans le centre de détention de la base de Kandahar où se trouvaient des prisonniers afghans, a affirmé hier le lieutenant-colonel Francis Bolduc.

Les policiers militaires en mission en Afghanistan n’auraient... (PHOTO Christoph Bangert, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES) - image 1.0

Agrandir

Les policiers militaires en mission en Afghanistan n’auraient jamais dû effectuer des entrées dynamiques dans la prison de Kandahar où se trouvaient des prisonniers, a affirmé hier le lieutenant-colonel Francis Bolduc.

PHOTO Christoph Bangert, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Mais ces exercices, qui ont eu lieu en décembre 2010 et janvier 2011, n'avaient pas pour but d'intimider les détenus pour les forcer à dévoiler des informations qui auraient pu être utiles aux soldats canadiens ou à leurs alliés occidentaux dans leur mission de combat contre les insurgés talibans, a soutenu du même souffle le lieutenant-colonel Bolduc, qui est commandant du Service national d'enquête (SNE) des Forces canadiennes.

Ils visaient à s'assurer que les policiers militaires « comprenaient bien leurs responsabilités, leur rôle et leur façon de réagir à des situations qui pouvaient survenir au centre de détention », comme des émeutes ou du grabuge au moment où l'on comptait une plus grande population carcérale, soit une quarantaine de détenus, a-t-il indiqué dans une entrevue accordée à La Presse.

« Le Service national d'enquête est une unité d'enquête indépendante du Groupe de police militaire. On prend ce genre d'allégations au sérieux. Notre mandat est d'enquêter sur les crimes graves et les enquêtes délicates. », soutient Francis Bolduc.

Durant ces exercices, aucun détenu afghan n'a été maltraité, a-t-il dit, précisant qu'il y avait eu quatre exercices de ce genre en tout (des sources avaient indiqué à La Presse qu'il y en avait plutôt eu une dizaine), dont un dernier, le 19 janvier 2011, dans une cellule de détenus.

« Ils n'auraient pas dû rentrer dans une cellule avec un détenu. Cela aurait dû se faire à l'extérieur du centre de détention. Mais c'est facile pour moi en 2015, quatre ans plus tard, d'analyser tout cela. On aurait pu faire les choses autrement », a-t-il affirmé.

Les incursions des policiers militaires dans les cellules ont été filmées puisque celles-ci étaient munies de caméras de surveillance. « Je ne sais pas si les vidéos de tout cela sont encore disponibles. On parle quand même de 2011 », a dit M. Bolduc.

Des caméras et des micros

Mais il y avait plus que des caméras de surveillance. Selon des informations obtenues par La Presse, des micros avaient aussi été dissimulés dans les cellules, à la demande du All Service Intelligence Center (ASIC), un groupe de militaires formés pour interroger les détenus. Ces micros avaient été installés quelques semaines avant le début des entrées dynamiques.

Durant l'entrevue avec La Presse, hier, M. Bolduc s'est porté à la défense du travail des policiers militaires en Afghanistan, bien qu'il soit le commandant du SNE, une unité de cette même police militaire chargée d'enquêter sur des délits ou des crimes graves commis par des policiers militaires.

La Presse a révélé lundi que le SNE avait ouvert une enquête sur ces incidents au centre de détention de Kandahar après avoir été saisi d'une plainte. Au terme de cette enquête, le SNE n'a pas déposé d'accusations contre les officiers supérieurs qui ont ordonné ces entrées dynamiques.

« L'enquête a vraiment démontré que les exercices ont peut-être été planifiés à la hâte, que cela a été mal exécuté et mal contrôlé », a indiqué le lieutenant-colonel Francis Bolduc.

« La planification, l'exécution, tout cela n'a pas été fait de façon adéquate. Mais rien durant l'enquête ne nous a démontré que le but de ces exercices était d'intimider les détenus et d'extirper de l'information lors des interrogatoires. Les policiers militaires n'étaient pas impliqués dans ce genre de tâche », a-t-il dit.

« Le but de ces entraînements était de s'assurer que les membres qui travaillaient au centre de détention connaissaient bien leur procédure. [...] L'allégation était qu'un détenu avait été maltraité. L'enquête a démontré qu'en aucun temps, les détenus n'avaient été maltraités de la part des militaires canadiens ou des policiers militaires. »

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer