Altercation entre le frère de Charest et un inspecteur de la CCQ

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Allégations de collusion entre les entrepreneurs en construction, liens avec le crime organisé, intimidation sur les chantiers: consultez notre dossier sur la crise dans la construction et la commission Charbonneau. »

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L'entrepreneur Robert Charest, frère du premier ministre du Québec, a récemment eu une altercation avec un enquêteur de la Commission de la construction du Québec (CCQ), a appris La Presse.

Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse

 

Francis Vailles
La Presse

L'entrepreneur Robert Charest, frère du premier ministre du Québec, a récemment eu une altercation avec un enquêteur de la Commission de la construction du Québec (CCQ), a appris La Presse.

L'événement s'est produit à la fin du mois d'avril dans un immeuble de la rue Aberdeen, à Sherbrooke. Deux inspecteurs de la CCQ visitaient alors le chantier de rénovations d'un bâtiment occupé en partie par l'entreprise de Robert Charest, Maburco-Armstrong. Ce jour-là, Robert Charest déménageait dans un autre immeuble son entreprise, qui distribue des matériaux de plomberie, de chauffage et de ventilation, notamment.

Les inspecteurs cherchaient le responsable du chantier. Ils ont croisé Robert Charest, à qui ils ont demandé une pièce d'identité. Robert Charest s'y est d'abord opposé, car il se demandait à qui il avait affaire.

À un moment donné, M. Charest aurait arraché des mains le cahier à anneaux d'un des inspecteurs. L'altercation aurait duré quelques minutes. Deux sources fiables nous indiquent que l'inspecteur a par la suite écrit dans son rapport que Robert Charest a fait entrave à son travail d'inspection.

Devenu locataire

Joint au téléphone, Robert Charest se défend d'avoir entravé le travail de qui que ce soit. Il dit avoir expliqué aux inspecteurs qu'il n'avait rien à voir avec le chantier. En octobre 2011, explique-t-il, il avait vendu l'immeuble de cinq étages et était devenu locataire d'une section jusqu'au déménagement du printemps 2012.

«Ils se sont adressés aux mauvaises personnes. On leur a tout de même remis copie de nos permis de conduire, moi et mon directeur général. On ne comprenait pas ce qu'ils voulaient de nous. Je n'étais que locataire», dit-il.

Avant de remettre ses papiers, Robert Charest dit avoir demandé aux inspecteurs de s'identifier. L'un d'eux aurait sorti un porte-documents contenant son insigne. «J'ai tendu le bras pour la voir, mais le gars m'a dit que je n'avais pas le droit d'y toucher», explique M. Charest, qui se défend d'avoir arraché le porte-documents.

«Offusqué»

«Je comprends que les gars de la CCQ sont en grève. Que je suis le frère du premier ministre. Mais je n'ai rien à voir avec cette affaire. J'étais locataire et je ne faisais pas de travaux sur le chantier. L'inspecteur a pu se sentir offusqué, mais j'étais tout aussi offusqué que lui, croyez-moi», dit-il.

À la CCQ, on ne peut confirmer ou non s'il y a eu un rapport ou une enquête au sujet de cette altercation.

Avec la collaboration de Vincent Larouche

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