Tony Accurso brise son silence

Tony Accurso est enfin sorti de l'ombre. L'entrepreneur en construction a commencé son témoignage à la commission Charbonneau, hier, sans toutefois faire de grandes révélations. L'homme de 62 ans a surtout fait le récit de ses premières années en affaires, après qu'il a eu pris les rênes de l'entreprise familiale à la mort de son père, au début des années 80.

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Amaigri et vêtu d'un complet bleu marine, Tony Accurso a commencé son témoignage de façon cohérente et détendue, décochant même quelques sourires.

Tony Accurso a expliqué qu'il baigne dans l'entreprise familiale depuis l'âge de 6 ans. Il a raconté qu'il a commencé à accompagner assidûment son père dans les chantiers à partir de l'âge de 16 ans «C'est juste cela que je sais faire», a-t-il déclaré devant la Commission.

Dans les années 70, fraîchement diplômé en génie civil, il travaille beaucoup sur le terrain. «Pour réussir, on ne peut pas faire comme les autres», réalise Accurso, qui, à l'époque, veut comprendre le processus de soumission, ainsi que le fonctionnement des chantiers. «Les chantiers compliqués m'intéressaient», a-t-il déclaré.

Accurso a aussi beaucoup vanté le travail des travailleurs de la construction québécois, «les meilleurs ouvriers en Amérique du Nord», selon lui. Quant à Hydro-Québec, avec qui il a fait affaire, c'est l'un des meilleurs donneurs d'ouvrage au monde, a-t-il dit.

La procureure en chef de la Commission, Me Sonia Lebel, lui a demandé s'il se souvenait qu'en 1964 son père Vincenzo avait été trouvé coupable de collusion avec cinq autres entreprises qui soumissionnaient pour des contrats à la Ville de Montréal. «Personne n'a amené ça à mon attention», a-t-il répondu.

Les amitiés d'Accurso sous la loupe

Tout au long de son témoignage, Accurso a fait l'éloge de son ami Louis Laberge, ancien président de la FTQ.

M. Laberge lui a été présenté par l'entrepreneur Marcel Melançon dans les années 80, plusieurs mois après le décès de son père. «Ça lui a pris plusieurs mois avant de me convaincre de m'asseoir et de le rencontrer, parce que franchement, j'avais peur. J'étais jeune, j'avais

28 ans. M. Laberge avait beaucoup d'expérience. Faire face à M. Laberge dans ce temps-là, c'était quelque chose.»

Au début des années 80, Tony Accurso a été l'un des premiers hommes d'affaires à investir dans le démarrage du Fonds de solidarité FTQ, par «amitié» pour Louis Laberge, a-t-il dit. «Je ne voyais pas comment une affaire comme ça ne pouvait pas être un succès.»

Au fil des ans, le Fonds FTQ a investi dans les entreprises de M. Accurso, contribuant à son succès. «Le Fonds m'a donné accès au capital pour avoir une chance de me rendre où je suis aujourd'hui. Mais à 13% de rendement sur 19 ans, c'est 95 millions de dollars en profit que j'ai donnés au Fonds de solidarité. Oui, c'était un excellent partenaire, mais j'étais un excellent partenaire pour eux autres aussi», a-t-il ajouté.

Aujourd'hui, Accurso est toujours actionnaire du Fonds de solidarité. «Avec fierté, a-t-il dit. Le Fonds de solidarité, c'est la meilleure institution au Québec pour les Québécois.»

En 1987, Tony Accurso et Marcel Melançon deviennent associés au sein de Construction Marton. Leur premier gros contrat: la construction de l'édifice abritant la FTQ et le Fonds de solidarité.

Lien avec Robert Abdallah

Tony Accurso a aussi confirmé ses liens d'amitié avec Robert Abdallah, ex-DG de la Ville de Montréal et ancien cadre chez Hydro-Québec. Ils se connaissent depuis les années 80. Le vendredi soir, a-t-il raconté, Laberge, Abdallah et Accurso commandaient des pizzas et se réunissaient pour jouer aux cartes toute la nuit.

À la fin de la journée, la Commission l'a interrogé sur ses liens avec Gérard Cyr, l'ancien président de l'International, considéré comme le syndicat rival de la FTQ-Construction. Selon lui, il n'y a aucun lien avec le succès de son entreprise Gastier, qui a eu recours à des syndiqués de l'International.

«Je l'ai admis tantôt, c'est un ami. Il veut que tu réussisses comme n'importe quel ami veut que tu réussisses.»

Accurso a aussi nié le phénomène du placement syndical, qui a été dénoncé devant la Commission. «Je ne pense pas qu'un syndicat puisse envoyer une batch de mauvais travailleurs... Si ton chantier n'est pas dirigé par des broches à foin comme contremaîtres ou comme surintendants, tes supposés pas bons vont se transformer en bons.»

Le témoignage d'Accurso reprend ce matin.

Témoignage d'Accurso: Les sujets qui intéressent la CEIC

  • Ses relations avec la FTQ, la FTQ-Construction, le Fonds de solidarité et différents officiers de ces entités
  • Le financement des partis politiques provinciaux et municipaux
  • Ses activités dans la grande région de Montréal
  • Les différents contrats publics de construction obtenus avec le gouvernement provincial
  • L'utilisation de son yacht le Touch
  • Ses liens, le cas échéant, avec des personnes liées au crime organisé
  • Les activités commerciales d'Accurso avec Hydro-Québec
  • Les partenariats publics-privés

Live Blog CEIC: témoignage de Tony Accurso



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