Le débat sur l'identité n'est pas à blâmer, estiment Lisée et Legault

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En marge de la conférence qui réunissait une douzaine de leaders de cette communauté à l'hôtel de ville de Québec, le chef péquiste Jean-François Lisée a réprouvé qu'on ait « fauché lâchement, tiré dans le dos » des pères de famille qui ont laissé dans le deuil des épouses et des enfants.

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(QUÉBEC) Les événements de Québec ne doivent pas chambarder la vie québécoise. Le débat sur la laïcité, sur l'identité, reste légitime estiment Jean François Lisée et François Legault.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont été les bougies d'allumage du débat identitaire, mais pour les deux chefs, cet enjeu n'a rien à voir avec le déclenchement de violence de dimanche soir, qui a causé la mort de six Québécois de confession musulmane.

En marge de la conférence qui réunissait une douzaine de leaders de cette communauté à l'hôtel de ville de Québec, le chef péquiste Jean-François Lisée a réprouvé qu'on ait « fauché lâchement, tiré dans le dos » des pères de famille qui ont laissé dans le deuil des épouses et des enfants.

Interpellé sur le débat identitaire - le gouvernement dont il faisait partie avait tenté de faire adopter une Charte des valeurs - M. Lisée a souligné : « quel que soit le mobile, la violence est toujours condamnable. Jamais des hommes violents ne doivent interdire à une société de tenir des débats paisiblement. Au Québec on est des experts des débats difficiles, y compris sur notre identité, de rester ou quitter le Canada. On le fait sans tirer de balles. Ca doit être le cas pour tous nos débats. »

« Le Québec, comme un tas de sociétés, a ce débat sur ce juste point d'équilibre entre la laïcité et le fait religieux. Il est normal qu'on ait ce débat. Ce qu'il faut distinguer, c'est entre nos citoyens arabes en général et une frange islamiste violente. Il faut toujours faire cette distinction ». Dans ce débat « normal », nos meilleurs alliés sont les citoyens musulmans « qui pratiquent une religion apaisée ».

« Ils ont été frappés parce qu'ils exerçaient un droit fondamental. Se réunir dans un lieu de culte. Nous sommes tous touchés parce que nous sommes porteurs de cette liberté de culte, c'est ce droit qui a été victime d'une attaque brutale » de poursuivre le chef péquiste. Pour lui on ne sait pas encore si cet acte « est proreligieux ou antireligieux », « c'est la violence en soit qui est si révoltante dans cet acte ».

François Legault, dans un point de presse à l'Assemblée nationale, a souligné « ne pas croire qu'il y ait un courant d'islamophobie » au Québec. Quand on lui demande s'il compte changer son discours clairement identitaire, il répond : « Non. D'abord il faut se garder de sauter trop rapidement aux conclusions. Il faut continuer de débattre des meilleures façons de lutter contre l'extrémisme. Le terrorisme cherche a faire taire les gens, arrêter de débattre ce serait donner raison aux terroristes. Mais aujourd'hui ce n'est pas le temps de parler de ce débat sur l'extrémisme. Aujourd'hui, il faut être uni contre cette violence barbare », de souligner M. Legault. Tous les députés de l'Assemblée nationale sont en faveur de l'intégration, « il ne faut pas arrêter de débattre. Les terroristes veulent qu'il y des bons et des méchants ».

« J'éprouve une grande tristesse pour ces Québécois de confession musulmane », a-t-il lancé. « Il faudra faire la lumière sur ce qui a déclenché une pareille phobie, ce qui est certain c'est que cette violence est absolument injustifiable ».

Un défi à relever, estime Couillard 

Au lendemain du sanglant attentat qui a coût la vie à six Québécois de confession musulmane, il est facile d'y aller de déclarations sur l'égalité des citoyens.

« Tout le monde tiendra ce discours au cours des prochains jours. Le défi sera continuer de le porter après, avec force et constance », de prévenir Philippe Couillard, dans sa réaction officielle au carnage de la veille.

Il a soutenu que le Québec « faisait le choix de la confiance, de l'ouverture. De la citoyenneté vraiment et pleinement partagée pour tous, quel que soit la couleur de notre peau, quel que soit nos croyances ou qui nous aimons », a-t-il soutenu.

Philippe Couillard tenait à faire cette réaction solennelle depuis son bureau de la Colline parlementaire. Il avait fait de même lors des attentats au Bataclan, à Paris et à Ouagadougou.

Sans questions des journalistes, il a lu en français puis en anglais son allocution. Le bureau de presse du premier ministre était inondé de demandes de l'étranger, pour qu'il fasse une déclaration en anglais.

« Notre capitale si belle, accueillante, pacifique. On le voit bien, personne n'est à l'abri », a-t-il soutenu avant de réitérer son message de condoléances aux familles.

« Pensons aux Québécois de confession musulmane, il faut le redire avec force. Nous sommes tous Québécois. Le monde entier nous regarde » a-t-il insisté.  « Les mots prononcés, les mots écrits aussi ne sont pas anodins. À nous de les formuler, de les choisir. Ils peuvent unir, guérir. Ou diviser et blesser. À nous de choisir ! », a-t-il souligné.




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