La sécurité du parlement en quatre problèmes

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Une gerbe de fleurs déposée à l'entrée du parlement.

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Attentat à Ottawa

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Attentat à Ottawa

Le 22 octobre 2014, des coups de feu ont été tirés sur la colline parlementaire, à Ottawa. »

Katia Gagnon
La Presse

L'événement de mercredi constitue «un bris de sécurité majeur» à la colline du Parlement d'Ottawa, estime une source très au fait des questions de sécurité entourant ce genre d'édifices. Il croit que la sécurité de la Colline souffre de quatre failles principales dont a pu profiter Michael Zehaf Bibeau.

1. L'absence de barrière physique dans les entrées

Personne ne peut arriver en voiture sur la Colline du Parlement sans passer par un point de fouille, unique, situé près de l'édifice de la Cour suprême. Tous les véhicules qui y passent sont inspectés de fond en comble. Toutes les autres entrées pour les voitures sont fermées par des barrières capables de résister à l'impact d'une voiture. C'est ce qui explique que Michael Zehaf Bibeau ait dû voler une voiture qui se trouvait déjà dans ce périmètre pour se rendre jusqu'au parlement. Cependant, les entrées qui donnent sur l'intérieur du parlement, elles, ne sont fermées par aucune barrière physique. «Il faudrait absolument assurer un empêchement physique à l'accès intérieur.

Actuellement, on peut courir de l'extérieur, ignorer le point de fouille et se rendre dans le grand hall, note notre expert. C'est un système de sécurité qui est basé sur des humains. Si on met une barrière physique, ça ne sera peut-être pas joli, mais le contrôle de l'accès sera très rigide.»

2. Trop de services policiers ou de sécurité à l'oeuvre dans le périmètre de la colline du Parlement

La Gendarmerie royale du Canada est responsable de la sécurité sur la colline du Parlement à l'extérieur des bâtiments. Les autres édifices relèvent, eux, de la police d'Ottawa. La sécurité à l'intérieur du parlement est assurée par deux services de sécurité: celui de la Chambre des communes et un autre, distinct, pour le Sénat. Ça fait beaucoup de monde, croit notre spécialiste. «Généralement, il y a une bonne collaboration. Mais est-ce que c'est fait à la perfection? La réponse est non, dit-il. On avait cerné ce problème il y a quelque temps. On avait regardé la possibilité d'avoir une seule agence responsable de la sécurité pour le site. Mais il y avait eu plusieurs obstacles.» L'un d'eux est historique: en raison de la séparation des pouvoirs, les parlementaires n'ont jamais voulu que des policiers soient postés à l'intérieur des édifices du parlement.

3. La formation des agents qui assurent la sécurité dans le Parlement

Les agents des services de sécurité de la Chambre des communes et du Sénat ne sont pas nécessairement des policiers. «Le profil n'est pas le même que celui d'un enquêteur ou d'un policier. C'est sûr que quand on cherche quelqu'un pour rester debout pendant huit heures près d'un point de garde, on ne va pas nécessairement chercher ce profil-là. Est-ce que les compétences sont là? Ils font des exercices régulièrement, les gens semblent bien formés. Au quotidien, avant ce qui s'est passé hier, c'était suffisant. Est-ce que ça l'est maintenant?»

4. Les agents non armés

«La grande faiblesse en matière de sécurité, c'est l'esprit de liberté qu'on a voulu adopter touchant l'accès au parlement. Mais si on coupe ça, on se compare à des pays où on ne veut pas nécessairement habiter», dit notre source. S'il estime qu'il faut garder l'édifice accessible, un rehaussement des mesures de sécurité s'impose tout de même, selon lui. Faudra-t-il, par exemple, armer davantage le personnel de sécurité? «Il y avait d'autres mesures de sécurité en place, on ne voyait pas la nécessité d'avoir des gardes armés. C'était une volonté du gouvernement, on voulait garder ça», note-t-il. À l'heure actuelle, peu d'agents sont armés au parlement. Les agents de la GRC qui patrouillent à l'extérieur sont armés. Les policiers de la garde rapprochée, qui protègent le premier ministre et les autres chefs de partis, sont eux aussi armés.

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