Récit d'une journée sous tension à Ottawa

Les policiers ont sillonné les rues d'Ottawa en... (Image extraite d'une vidéo de Martin Leblanc, archives La Presse)

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Les policiers ont sillonné les rues d'Ottawa en établissant plusieurs périmètres de sécurité tout au long de la journée.

Image extraite d'une vidéo de Martin Leblanc, archives La Presse

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Attentat à Ottawa

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Attentat à Ottawa

Le 22 octobre 2014, des coups de feu ont été tirés sur la colline parlementaire, à Ottawa. »

Le coeur de la démocratie canadienne sentait la poudre et le sang, hier, alors qu'un deuxième soldat canadien était tué dans un attentat en sol canadien en seulement 48 heures. En quelques secondes, la colline parlementaire s'est transformée en véritable champ de bataille. Pour la première fois de l'histoire, le terrorisme tuait à l'ombre de la Tour de la Paix. Récit d'un jour de terreur, d'un jour d'innocence perdue.

UN MATIN COMME LES AUTRES

Depuis le début de la matinée, deux soldats des Argyll & Sutherland Highlanders du Canada assurent la garde d'honneur au pied du Cénotaphe, un monument aux morts situé à un jet de pierre du parlement. Les jeunes réservistes sont basés à Hamilton, en Ontario. La photo a émergé sur les réseaux sociaux juste après la mort du caporal Nathan Cirillo, à gauche sur la photo. On y voit bien la tombe du Soldat inconnu, au premier plan.

9H50 LE MEURTRE

À bord d'une berline beige sans plaque d'immatriculation, le tireur se gare rue Wellington, avant d'abattre le caporal Cirillo. Rapidement, des premiers répondants accourent et tentent de réanimer le jeune homme, sans succès. Le militaire sera transféré à l'Hôpital d'Ottawa. Le ministre Jason Kenney est le premier à annoncer la mort du deuxième militaire canadien victime d'un attentat mortel en 48 heures.

9H52 L'ASSAUT

Après son meurtre, le tireur reprend le volant de sa voiture. Il fait demi-tour et ne conduit que quelques secondes avant d'arriver devant le parlement canadien, presque en face du Cénotaphe. La vidéo, filmée du pare-brise d'une voiture, permet de voir que son visage est partiellement couvert par un foulard et qu'il tient une arme longue.

9H54 LA FUSILLADE

Le tireur entre dans un parlement bondé et ouvre le feu à plusieurs reprises. Un agent de sécurité reçoit une balle dans la jambe, sans que sa vie en soit menacée. Ses collègues crient aux députés, à leurs employés et aux journalistes de se barricader dans les salles où ils se trouvent et de n'ouvrir à personne. Dans le hall d'honneur, les détonations éclatent dans les tympans des agents de sécurité qui tentent de localiser le tireur.

10H30 L'INTERVENTION

Selon plusieurs sources concordantes, c'est le sergent d'armes Kevin Vickers qui abat le tireur avant que celui-ci fasse d'autres victimes. En temps normal, le policier de carrière se trouve surtout sous l'oeil des caméras lorsqu'il transporte la traditionnelle masse royale à l'intérieur de la Chambre des communes. Le député conservateur Bernard Trottier confirmer à 10h30 que c'est M. Vickers qui a mis un point final à la fusillade avec l'aide d'une arme à feu.

13H05 LA PANIQUE

Dans les rues d'Ottawa, les voitures de patrouille filent à toute vitesse pendant que les travailleurs qui ne sont pas confinés à leur bureau reçoivent les indications pressées des policiers armés jusqu'aux dents. Les autorités demandent aux résidants d'éviter le centre-ville dans la mesure du possible et ferment certains ponts qui séparent le Québec de l'Ontario.

15H58 L'IDENTIFICATION

Des médias américains sont les premiers à identifier Michael Zehaf Bibeau comme étant le tireur d'Ottawa. L'homme est âgé de 32 ans et est originaire du Québec, même si sa dernière adresse connue par les policiers se trouve à Vancouver. Les détails sur sa vie émergent rapidement: l'homme traînait un volumineux dossier criminel composé notamment de plusieurs infractions liées aux stupéfiants.

20H09 LA RÉPLIQUE

Stephen Harper s'adresse aux Canadiens en qualifiant de «terrorisme» les actes du tireur d'Ottawa. «Il ne peut pas y avoir de doute: nous ne serons pas intimidés, le Canada ne sera jamais intimidé», assure-t-il devant deux unifoliés. Le premier ministre avait été rapidement évacué dès le début de l'attaque sur le parlement, avant de rentrer à sa résidence officielle du 24 Sussex.

20H36 LE SOULAGEMENT

Plusieurs dizaines d'employés qui travaillent sur la colline parlementaire ont dû se barricader pendant presque 12 heures avant de pouvoir sortir. Après une mystérieuse réactivation du confinement en début de soirée, les autorités permettent à l'essentiel des édifices de la colline parlementaire de laisser sortir les individus qui s'y trouvent. Les policiers lourdement armés continuent toutefois de ratisser le périmètre à la recherche d'éléments qui pourraient faire avancer l'enquête.

- Avec Joël-Denis Bellavance et Hugo de Grandpré

Témoignages de cinq personnes qui ont vécu de près les événements

«Quelqu'un a crié "gun! ", et on s'est mis par terre. Après quelques secondes d'attente au sol, j'ai levé les yeux pour voir ce qui se passait. Je l'ai vu. Il ne courait pas, il marchait. Quand j'ai vu le fusil et que j'ai vu qu'il nous regardait, j'ai tout de suite baissé la tête. [ (...) Quelques secondes plus tard, on entendait la fusillade. Il y avait beaucoup, beaucoup

de tirs.»

- Greta Levy, attachée de presse au Nouveau Parti démocratique. Elle sortait du caucus de son parti quand elle a entendu des cris.

«Quand il était en train de manger des  Corn Flakes ce matin, ni lui ni personne d'autre n'aurait pensé qu'il serait un héros national. Pourtant, c'est vrai (...) Combien de vies ont été sauvées par Kevin Vickers? On ne le saura jamais (...) C'est un gars avec beaucoup, beaucoup de courage.»

- Don Boudria, ex-ministre libéral

«À un moment donné, on s'est dit: "Sont-ils en train de se faire déborder? Sont-ils plusieurs et vont-ils rentrer dans la salle? " J'étais en dessous d'une table et j'étais avec [la députée Marjolaine Boutin-Sweet. Je l'ai regardé et je lui ai dit: "Marjo, je veux juste te dire que je t'aime! Des fois que ce serait la dernière affaire que je dirais à quelqu'un."»

Alexandre Boulerice, député néo-démocrate

«Je pensais au début que c'était un exercice de tir, mais non. Mais non. Quand j'ai vu les soldats courir, un soldat par terre, j'ai su que c'était assez grave. Le monsieur a reculé son auto, est allé vers le parlement. Le monsieur avait une carabine (...) c'était très épeurant. On ne pensait pas que ça allait arriver ici.»

Marc Poirier, employé de Santé Canada qui avait stationné sa voiture près de celle du suspect

«C'était assez intense. J'ai entendu environ quatre coups de feu. Je suis encore un peu secoué. C'était assez proche de moi. J'ai cherché à me protéger après le deuxième coup de feu. [Le suspect] s'est enfui après le quatrième. Il avait de longs cheveux foncés, des pantalons blancs et une arme longue. Si je devais estimer son âge, je dirais qu'il était dans la fin de la vingtaine, début trentaine.»

Chuck Bromley, un résidant d'Ottawa qui marchait dans le secteur

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