Famille Shafia: la Couronne rejette l'idée de tenir de nouveaux procès

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Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed demandent la tenue d'un nouveau procès. 

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Diana Mehta
La Presse Canadienne
Toronto

La Couronne a soutenu vendredi que c'est le père de la famille Shafia, et non un témoin expert au procès, qui avait fortement suggéré dans ses propos le concept de «crime d'honneur».

Le ministère public conteste en Cour d'appel la requête de Mohammad Shafia, de sa femme Tooba Yahya et de leur fils Hamed, qui demandent la tenue d'un nouveau procès. Reconnus coupables en janvier 2012 du meurtre de trois filles de la famille d'origine afghane et de la première épouse du père, ils plaident que le concept de «crimes d'honneur» introduit au procès était teinté de «préjugés» et de stéréotypes culturels.

La procureure Jocelyn Speyer a plaidé vendredi que dans des enregistrements entendus au procès, le père traite ses filles de «traîtres» et de «putains» parce qu'elles ont un petit ami et qu'elles adoptent de plus en plus un style de vie occidental. Mohammad Shafia a même lancé: «Je souhaite que le diable vienne (déféquer) sur vos tombes», et il rappelait souvent à quel point l'honneur était important pour lui, a indiqué la Couronne.

Selon Me Speyer, le jury devait être instruit sur le concept «d'honneur» comme mobile des crimes, et c'est pourquoi la Couronne a appelé un témoin pour le faire. Elle a assuré les trois juges de la Cour d'appel qu'il ne s'agissait en aucune façon de «profilage culturel», mais plutôt d'une information pertinente destinée à mieux outiller les jurés.

Elle a d'ailleurs rappelé que l'experte appelée à la barre au procès avait bien pris soin de préciser que les «crimes d'honneur» sont rares et qu'il ne fallait pas généraliser cette pratique à tous les ressortissants de l'Afghanistan ou du Moyen-Orient.

Les avocats de la défense plaident que le témoignage de cette experte a alimenté les préjugés et les stéréotypes culturels chez les jurés, et qu'elle les a encouragés à extrapoler à partir d'autres meurtres qui ne sont pas liés à cette affaire.

En juin 2009, la police avait découvert, dans un véhicule immergé dans le canal Rideau, à Kingston, les corps de trois filles de Mohammad Shafia et de Tooba Yahya - Zaïnab, 19 ans, Sahar, 17 ans, et Geeti, 13 ans - et de la première femme de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, 52 ans. La Couronne a plaidé que les filles étaient mortes parce qu'elles avaient «fait honte» à leurs parents, et que la première épouse avait simplement été éliminée. Le juge au procès a soutenu que c'est le «concept tordu d'honneur» des Shafia qui avait conduit aux meurtres.

Hamed Shafia, le fils aîné de la famille, souhaite quant à lui obtenir un nouveau procès devant un tribunal de la jeunesse, en raison de nouveaux documents prouvant, selon lui, qu'il avait 17 ans et non 18 au moment des crimes.

La procureure de la Couronne Gillian Roberts a affirmé cependant que les documents sont douteux et que le procès a été juste. Elle a plaidé que si la cour jugeait qu'Hamed Shafia était effectivement plus jeune que ce que l'on croyait, il aurait droit à une nouvelle audience pour la détermination de sa peine, mais qu'il n'y avait pas eu de déni de justice dans son cas.

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