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Les Mohawks veulent réglementer le cannabis sur leur territoire

Le grand chef du Conseil des Mohawks d'Akwesasne,... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le grand chef du Conseil des Mohawks d'Akwesasne, Abram Benedict, n'écarte pas la possibilité que l'on interdise le cannabis dans la réserve, si tel est le désir de la population.

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(Ottawa) Les Conseils des Mohawks d'Akwesasne et de Kahnawake n'ont pas l'intention d'obéir aux diktats du gouvernement fédéral, ou des gouvernements du Québec et de l'Ontario, en matière de légalisation de la marijuana. Les deux conseils ont la ferme intention d'adopter leur propre loi afin de réglementer la production et la distribution de cette drogue.

Mais le grand chef du Conseil des Mohawks d'Akwesasne, Abram Benedict, n'écarte pas non plus la possibilité que l'on interdise le cannabis dans la réserve, si tel est le désir de la population. Dans une entrevue accordée à La Presse, M. Benedict a expliqué que le Conseil des Mohawks prendra une décision finale à ce sujet après avoir consulté la population.

M. Benedict a indiqué avoir déjà fait connaître les intentions du Conseil des Mohawks d'Akwesasne aux représentants du gouvernement de l'Ontario qui sont responsables du dossier de la légalisation de la marijuana et aux fonctionnaires du ministère fédéral de la Santé, en juillet, durant une rencontre dans la réserve.

«Nous avons le droit inhérent de gérer notre territoire. Nous avons déjà une loi qui interdit la vente d'alcool dans notre communauté, même si c'est légal ailleurs. Nous avons commencé à consulter les gens de la communauté pour obtenir leurs points de vue. Il y a un modèle économique possible pour la distribution à l'extérieur de la réserve. Mais la distribution à l'intérieur de la réserve est un sujet plus délicat», a affirmé le grand chef Benedict, dont la réserve chevauche la frontière canado-américaine et s'étend sur deux provinces, le Québec et l'Ontario.

«Il faut consulter les gens pour savoir s'ils sont à l'aise d'avoir un point de vente dans leur propre cour.» 

«Nous sommes en train d'élaborer une série de propositions pour être évaluées, mais nous allons suivre les directives de notre communauté, qui aura le dernier mot sur la marche à suivre», a-t-il ajouté.

Moratoire à Kahnawake

À la réserve de Kahnawake, le Conseil des Mohawks a annoncé hier qu'il imposait un moratoire sur la production, la distribution et la vente de cannabis sur son territoire. L'un des membres du conseil, la chef Gina Deer, a indiqué que la réserve entend suivre aussi les directives de la population. «Il est préférable de faire preuve de prudence dans ce dossier complexe au lieu d'agir rapidement et de faire des erreurs qu'on ne pourrait pas corriger par la suite», a-t-elle indiqué hier.

Au printemps, le gouvernement Trudeau a déposé son projet de loi visant à légaliser la marijuana d'ici le 1er juillet 2018. Il a toutefois laissé le soin aux provinces de déterminer l'âge minimal pour consommer et acheter cette drogue ainsi que les points de vente. Sous le couvert de l'anonymat, une source fédérale a souligné que le projet de loi du gouvernement Trudeau, dans sa mouture actuelle, ne contient pas de clause permettant à une province ou à un territoire de se soustraire de l'application de la loi. Mais elle n'a pas voulu commenter davantage le possible rejet de la loi fédérale par le Conseil des Mohawks.

En entrevue, le grand chef Benedict a souligné que les provinces du Québec et de l'Ontario n'ont pas encore indiqué quelles taxes pourraient s'appliquer à la vente du cannabis. Il a ajouté que la vente de cannabis dans la réserve pourrait être une option économique concurrentielle, étant donné que les consommateurs vivant à l'extérieur de la réserve n'auraient pas à payer de taxes fédérales ou provinciales.

«C'est une option qui sera aussi soumise durant la consultation. Toutefois, le fait que la marijuana sera toujours illégale sur la portion américaine de notre réserve pose un défi de taille. Personne ne pourra aller aux États-Unis avec ce produit. Nous ne voulons pas nous placer dans une situation où les gens circulent avec ce produit dans un endroit où c'est interdit», a précisé le chef Benedict.

En tout, la réserve d'Akwesasne compte quelque 23 000 membres.

Distributeur unique en Ontario

Le gouvernement du Québec tient actuellement des consultations régionales sur la légalisation de la marijuana. Pour sa part, le gouvernement de l'Ontario a annoncé la semaine dernière qu'il comptait ouvrir jusqu'à 150 magasins, gérés par la province, afin de vendre de la marijuana en Ontario à compter de l'été prochain. Ces points de vente seront supervisés par la LCBO, la Régie des alcools de l'Ontario.

Mais la LCBO ne vendra pas du cannabis dans ses succursales actuelles. Elle ouvrira plutôt de nouveaux magasins autonomes pour offrir ce nouveau produit. Le procureur général de la province, Yasir Naqvi, ainsi que le ministre de la Santé, Eric Hoskins, ont indiqué que cette approche garantira qu'un seul distributeur légal de cannabis sera en fonction en Ontario. 

Queen's Park a également annoncé que l'âge minimal pour consommer, acheter et posséder du cannabis récréatif en Ontario sera de 19 ans, tout comme pour l'alcool. M. Naqvi a ajouté que la consommation de marijuana sera interdite dans les lieux publics et les lieux de travail et devra donc se faire dans des résidences privées. Il a toutefois ajouté que la province étudiera la possibilité de délivrer des permis pour que la consommation soit autorisée dans certains établissements.

- Avec William Leclerc, La Presse, et La Presse Canadienne




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