Deux jeunes Burundais demandent l'asile au Canada

Les Burundais Don Ingabire, 16 ans, et Audrey Mwamikazi,... (Photo Reuters/Metropolitan Police Department)

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Les Burundais Don Ingabire, 16 ans, et Audrey Mwamikazi, 17 ans, ont demandé l'asile au Canada après avoir fait défection aux États-Unis.

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Deux jeunes du Burundi qui représentaient leur pays à une compétition de robotique à Washington ont fait une demande d'asile au Canada, a indiqué hier la police. Cette défection médiatisée permet d'attirer l'attention sur la crise humanitaire qui secoue depuis deux ans le petit pays d'Afrique de l'Est.

« La dernière fois qu'on les a vus, ils quittaient les États-Unis pour le Canada », a indiqué hier à La Presse Hugh Carew, membre de la police métropolitaine du District de Columbia, refusant toutefois de dire par quelle province ils étaient entrés.

Les deux jeunes en question sont Don Ingabire, 16 ans, et Audrey Mwamikazi, 17 ans. Les quatre autres membres de l'équipe burundaise du FIRST Global Challenge ont également fait défection mercredi, mais la police n'a pas voulu préciser où ils se trouvaient, assurant néanmoins qu'ils étaient en sécurité.

« S'ils ont été vus en train de traverser la frontière, on peut facilement présumer qu'ils ont fait une demande d'asile du côté canadien », croit l'avocat Stéphane Handfield, spécialiste des questions d'immigration.

« Il y a énormément de ressortissants burundais qui entrent au Canada à travers la frontière américaine », fait remarquer Sandra Barancira, vice-présidente de l'Alliance des Burundais du Canada, au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse.

Depuis le début de l'année, quelque 440 ressortissants burundais ont demandé l'asile au Canada. Il y en avait eu 695 pendant l'ensemble de l'année dernière et 265 en 2015.

RÉPRESSION VIOLENTE

Mme Barancira voit dans la médiatisation de cette affaire une occasion de faire prendre conscience à la population canadienne de la situation extrêmement difficile dans laquelle se trouve le Burundi, qu'elle n'hésite pas à qualifier de « génocide au compte-gouttes ».

« La crise est entre autres marquée par une répression violente de l'opposition, des journalistes et de la société civile par le régime au pouvoir, qui est un régime illégitime. »

- Sandra Barancira, vice-présidente de l'Alliance des Burundais du Canada

La situation sécuritaire s'est grandement détériorée dans le pays depuis que l'ancien leader de la rébellion hutue Pierre Nkurunziza a décidé de solliciter un troisième mandat à la présidence, en avril 2015, alors que la Constitution n'en prévoit que deux. Des manifestations de l'opposition ont été réprimées et un coup d'État a échoué en mai 2015.

Dans un rapport publié l'an dernier, une mission d'enquête des Nations unies tenait le gouvernement burundais responsable de « graves violations des droits, systématiques et constantes ». Selon l'ONU, au moins 564 exécutions ont eu lieu de la fin avril 2015 à la fin août 2016.

380 000 RÉFUGIÉS

En février, un comité de la Chambre des communes a rappelé dans un rapport que « plus de 380 000 Burundais ont fui parce qu'ils craignaient de subir des violences ou des violations brutales de leurs droits de la personne en raison de leurs convictions politiques ». Quelque 275 000 d'entre eux se sont réfugiés en Tanzanie voisine.

« Bien que des actes de génocide ne semblent pas envisageables dans l'immédiat, l'utilisation de discours à forte connotation ethnique par des représentants du régime devrait alerter la communauté internationale », ont ajouté les députés membres du comité parlementaire.

Hier, le président tanzanien, John Magufuli, a appelé les réfugiés burundais à rentrer dans leur pays après avoir rencontré M. Nkurunziza, qui effectuait dans le nord-ouest de la Tanzanie sa première visite à l'étranger en plus de deux ans.

Le mois dernier, la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada a autorisé le traitement accéléré des demandes d'asile déposées par des Burundais. Ottawa a en outre décrété un « sursis administratif aux renvois » de réfugiés vers le Burundi.

- Avec Gabrielle Duchaine et l'Agence France-Presse




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