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Des yézidis en Irak se disent impatients d'arriver au Canada

Les Yézidis, un groupe de kurdophones d'Irak et... (PHOTO ANDREA DICENZO, COLLABORATION SPECIALE)

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Les Yézidis, un groupe de kurdophones d'Irak et de Syrie, ont été une des cibles de l'EI, de nombreuses femmes et filles yézidies ayant été réduites au statut d'esclaves sexuelles.

PHOTO ANDREA DICENZO, COLLABORATION SPECIALE

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Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
DOHUK, Irak

C'est par un mélange de frénésie et de soulagement que la communauté yézidie d'Irak a appris, cette semaine, que le gouvernement canadien s'engageait à accueillir plus d'un millier de ses membres d'ici la fin de l'année.

Victimes de persécution depuis l'avènement de Daech (le groupe armé État islamique), de nombreuses femmes et filles yézidies ont été réduites au statut d'esclaves sexuelles.

Parmi celles-ci se trouve Saud Khalid, kidnappée par des djihadistes en 2014 puis vendue à trois reprises comme esclave sexuelle avant qu'elle ne réussisse à s'échapper.

Des représentants des Nations unies sont venus à la rencontre de cette jeune femme de 23 ans pour la questionner sur son intérêt à quitter l'Irak pour s'établir au Canada avec son jeune fils.

«Nous espérons pouvoir aller vivre au Canada parce qu'ici, notre vie n'est pas bonne», a-t-elle expliqué à La Presse canadienne, mercredi, par l'entremise d'un interprète. «Nous vivons dans des conditions déplorables et nous voulons partir.»

«Si je suis acceptée pour partir au Canada, je ne reviendrai jamais ici. Et si mes proches, qui sont toujours sous l'emprise de Daech, réussissent à s'enfuir, j'espère qu'ils me rejoindront au Canada.»

Mardi, le ministre canadien de l'Immigration, Ahmed Hussen, a indiqué que 400 réfugiés yézidis étaient arrivés au pays depuis le mois d'octobre. Il a annoncé que le gouvernement libéral souhaitait en accueillir 800 autres d'ici la fin de l'année. L'initiative devrait coûter 28 millions $.

Une annonce bien accueillie

L'annonce a également été accueillie avec optimisme par la docteure Luma Alhanabadi, qui dirige le Centre d'aide et de traitement pour les filles et les femmes de Dohuk, en partie financé par le Canada.

Alors qu'elle s'était auparavant opposée à la réinstallation de survivants de Daech à l'étranger, Mme Alhanabadi affirme maintenant soutenir l'initiative canadienne.

Elle a d'ailleurs envoyé des formulaires de demande pour 15 membres de la communauté yézidie.

La docteure Alhanabadi - dont le centre offre des services gynécologiques, thérapeutiques et juridiques à environ 900 survivantes de Daech - explique que ce changement de cap est survenu après le départ de 210 yézidis vers l'Allemagne.

Elle affirme qu'ils ont pu trouver une certaine quiétude malgré les barrières culturelles et langagières. «Même sans suivre de thérapie, ils se sentaient bien», a-t-elle dit. «J'ai donc maintenant changé d'idée.»

Les Nations unies ont déclaré l'an dernier que les yézidis avaient été victimes d'un génocide après l'invasion de leur Territoire du Nord de l'Irak par des militants de Daech en août 2014.

Des milliers de yézidis avaient alors été faits prisonniers. La plupart du temps, les hommes ont été exécutés pendant que les femmes étaient contraintes à l'esclavage.

Les survivants de ce génocide sont considérés comme faisant partie de la population la plus vulnérable d'Irak, ce qui explique pourquoi le Canada et d'autres pays leur ouvrent leurs portes.

Gertrude Mubiru, à la tête du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) à Dohuk, qui vient également en aide au centre d'aide pour les femmes, dit avoir été heureuse d'apprendre que le Canada tendait la main aux yézidis.

«Personnellement, je suis contente qu'ils partent pour le Canada parce que là-bas, il y a beaucoup de soutien et de services qui sont disponibles», a-t-elle mentionné. «Ils auront la chance de vivre.»

Récits similaires

Saud Khalid est l'une des trois femmes yézidies qui ont accepté de s'asseoir avec un journaliste de La Presse canadienne pour parler des horreurs qu'elles ont vécues lorsqu'elles ont été contraintes de vivre sous le joug de Daech.

Leurs histoires sont, à bien des égards, similaires. Alors qu'elles tentaient de fuir la ville de Sinjar qui tombait sous le contrôle de Daech, les trois femmes ont été capturées, séparées de leur famille et forcées à se convertir à l'islam avant d'être vendues comme esclaves.

Suham Haji, âgée de 22 ans, a été vendue à six reprises à des djihadistes et a tenté de se tuer trois fois avant de réussir à s'enfuir avec son jeune fils après un an de captivité. Alors que son mari est toujours porté disparu, elle a été interviewée par l'ONU pour être accueillie par l'Australie à titre de réfugiée.

Samira Hasan, âgée de 23 ans, a vécu en captivité avec ses deux jeunes cousins, ce qui a rendu toute tentative d'évasion très difficile. Elle a expliqué comment un commandant de Daech l'avait offerte en trophée à l'un de ses combattants.

Un ami de sa famille a éventuellement réussi à la faire sortir, avec ses cousins, du territoire de Daech. Elle dit ne pas vouloir retourner chez elle, et déménagerait volontiers au Canada si elle en avait l'occasion.




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