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Terrorisme: le patron du SCRS prévoit «des décennies» de lutte

Le groupe armé État islamique compte dans ses... (Photo tirée d'un site web militant, archives AP)

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Le groupe armé État islamique compte dans ses rangs entre 25 000 et 30 000 combattants étrangers qui retourneront dans leur pays d'origine avec leur passé guerrier, a souligné Michel Coulombe, directeur du Service canadien du renseignement de sécurité.

Photo tirée d'un site web militant, archives AP

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(OTTAWA) La lutte contre le terrorisme ne prendra pas fin le jour où le groupe armé État islamique sera éliminé en Irak et en Syrie. Cette lutte durera des « décennies » encore après l'annihilation de ce groupe terroriste, estime le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Michel Coulombe.

C'est que le groupe armé État islamique compte dans ses rangs entre 25 000 et 30 000 combattants étrangers qui retourneront dans leur pays d'origine avec leur passé guerrier. Ces terroristes continueront de représenter un risque pour la sécurité nationale de pays comme le Canada, a averti hier le grand patron des services d'espionnage canadien dans un témoignage devant un comité du Sénat.

La lutte contre la menace terroriste, ici comme à l'étranger, accapare quelque 55 % du budget annuel du SCRS, a d'ailleurs souligné M. Coulombe. Autrefois, la moitié du budget de l'agence servait à lutter contre l'espionnage en provenance notamment de la Chine.

«Souvent, on entend qu'on va éliminer l'État islamique en Irak et en Syrie. Mais cela n'est pas la fin de la menace terroriste comme on la connaît.»

Michel Coulombe
Directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)

« Il y a présentement en Irak et en Syrie entre 25 000 et 30 000 combattants étrangers qui ne sont pas irakiens ou syriens qui, un jour, vont quitter la région pour aller ailleurs, retourner dans leur pays d'origine, aller dans un autre théâtre de djihad. Donc, c'est une menace avec laquelle il va falloir composer pendant, honnêtement, des décennies », a affirmé M. Coulombe.

DES DIZAINES DE CANADIENS SURVEILLÉS

Devant les membres du Comité de la sécurité nationale et de la défense du Sénat, M. Coulombe a indiqué qu'environ 180 Canadiens participent à des activités d'un groupe terroriste à l'étranger, soit environ une quarantaine de plus qu'il y a un an. De ce nombre, une centaine de Canadiens se trouvent en Irak ou en Syrie où ils ont grossi les rangs du groupe armé État islamique.

Il a aussi affirmé que le nombre de citoyens canadiens qui font l'objet d'une surveillance de la part de son agence parce qu'ils souhaitent se rendre à l'étranger est sensiblement le même, soit entre 90 et 100 individus.

Enfin, il a précisé qu'une soixantaine d'individus qui se sont rendus à l'étranger et qui sont revenus au pays font aussi l'objet d'une surveillance de la part du SCRS.

«Certains reviennent et reprennent une vie normale, et après une certaine période, on juge qu'ils ne représentent pas une menace. D'autres vont continuer à être impliqués de différentes façons.»

Michel Coulombe
Directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)

« Ils peuvent, par exemple, être impliqués au niveau du financement, au niveau de radicaliser d'autres personnes, faciliter le voyage d'autres personnes. Selon leurs activités, on va dédier plus ou moins de ressources à les surveiller. »

DES PREUVES DIFFICILES À COMPILER

Pourquoi ces Canadiens qui sont partis à l'étranger dans le but de gonfler les rangs d'un groupe terroriste ne se retrouvent-ils pas derrière les barreaux ?, a demandé le président du comité sénatorial, Daniel Lang.

M. Coulombe a indiqué que cette question devait être posée à la Gendarmerie royale du Canada, mais il a noté qu'il était souvent difficile de compiler suffisamment de preuves pour permettre la condamnation devant les tribunaux d'un individu soupçonné d'avoir participé à des activités terroristes à l'étranger.

Chose certaine, a soutenu M. Coulombe, les agences de renseignement comme le SCRS doivent conclure des partenariats fiables avec des agences étrangères afin de partager des renseignements indispensables pour contrer les menaces terroristes.

« Il n'y a aucun service de renseignements qui est capable seul de faire face à cette menace. Il faut travailler ensemble, partager de l'information. Il y en a qui ont de meilleures capacités dans certaines régions que d'autres. Il faut travailler avec eux pour tenter de cerner le mieux possible la menace », a-t-il dit.

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