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Le président du Sénat Pierre Claude Nolin est décédé

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Originaire de Montréal, Pierre-Claude Nolin avait été nommé au Sénat par le premier ministre Brian Mulroney en 1993.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Politiciens et dignitaires ont rendu vendredi de vibrants hommages au président du Sénat du Canada, Pierre Claude Nolin, décédé la veille à l'âge de 64 ans.

Le parlementaire, dont les qualités de rassembleur étaient vantées de son vivant, semble avoir réussi à faire l'unanimité dans son trépas également, s'attirant des hommages transpartisans.

Celui que certains surnommaient «PC» - pour Pierre Claude, mais également pour progressiste-conservateur - avait été nommé au Sénat en 1993 par le premier ministre Brian Mulroney, alors en fin de mandat.

«Je l'ai choisi parce que c'était un homme d'une très grande intégrité qui était entièrement dévoué aux intérêts supérieurs du Québec, mais dans un contexte canadien», a expliqué M. Mulroney en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Il avait ce que le président (français) François Mitterrand appelait la notion de l'État. Il respectait les institutions, il voulait les faire fonctionner», a-t-il ajouté.

Avant de devenir l'un des principaux organisateurs de Brian Mulroney lors des campagnes électorales victorieuses de 1984 et 1988, Pierre Claude Nolin avait été l'un des maîtres-d'oeuvre de son accession à la direction du Parti progressiste-conservateur, en 1983.

C'est à cette époque qu'il a croisé le fer pour la première fois avec Jean Charest, qui était alors dans le camp opposé - celui de Joe Clark - et qui a tenu vendredi à rendre hommage à un homme «au physique imposant», un individu «sérieux» qui commandait le respect.

«Sa carrière a été étonnante. Quand il a été nommé au Sénat, il avait seulement 42 ans, et les gens s'attendaient à ce qu'il ne reste pas longtemps. Mais au contraire, il a pris ça très au sérieux», a relaté l'ex-premier ministre du Québec en entrevue téléphonique depuis Boston.

Il a été l'un de ceux qui ont vécu harmonieusement le mariage politique entre les «vieux bleus» progressistes-conservateurs et l'Alliance canadienne, en 2003.

«Il n'a pas combattu la fusion, il l'a appuyée, mais en même temps, ça ne l'a jamais empêché de parler librement», a exposé M. Charest.

«La question de la marijuana, par exemple, ce n'était pas le sujet de Stephen Harper», a-t-il illustré en faisant référence au fait que M. Nolin a présidé un comité spécial du Sénat qui recommandait la légalisation de la substance.

La cause du décès de Pierre Claude Nolin n'a pas été précisée, mais il était connu qu'il luttait contre une forme rare de cancer depuis 2010.

Sa dépouille sera exposée en chapelle ardente au Sénat mardi prochain, et ses funérailles auront lieu deux jours plus tard à la Basilique Notre-Dame de Montréal.

Du côté d'Ottawa, vendredi, les députés de la Chambre des communes ont observé une minute de silence en sa mémoire.

Et pendant que le drapeau qui flotte sur la Tour de la Paix était mis en berne, les messages de condoléances affluaient de toutes parts.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, s'est dit «profondément attristé» du décès de M. Nolin, un homme plein de «courage» et de «patriotisme», «affable et cultivé».

«Il fait maintenant partie d'un petit groupe de personnes dont la vie et l'exemple ont permis de rehausser l'institution qu'elles servaient, tout en contribuant au bien commun», a déclaré M. Harper.

Le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, a pour sa part dit avoir eu «la gorge serrée» en apprenant la mort de ce «grand gentilhomme qui a voué sa carrière à la vie publique et qui a servi le Parlement et le public avec compétence et dévouement».

La reine Élizabeth II a transmis ses «pensées» et ses «prières» à sa famille et à «tous les parlementaires canadiens qui ont bénéficié de ses sages conseils».

Quant au gouverneur général du Canada, David Johnston, il a écrit que le souvenir de Pierre Claude Nolin «demeurera gravé dans la mémoire de tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître».

Présidence brève, mais marquante

La nomination de Pierre Claude Nolin au poste de président du Sénat remonte à novembre dernier. Il avait été choisi à l'unanimité par les sénateurs conservateurs, libéraux et indépendants.

Même s'il était «récemment devenu le président du Sénat», il était «un personnage important dans la vie publique depuis plusieurs décennies», a déclaré par voie de communiqué le leader du gouvernement à la Chambre haute, Claude Carignan.

«Bien que son passage en tant que président ait été bref, «PC» a réussi à laisser sa marque», a-t-il conclu.

Le leader de l'opposition au Sénat, James Cowan, a salué la «dignité» dont a fait preuve Pierre Claude Nolin jusqu'à la toute fin, malgré sa santé de plus en plus défaillante.

«Sa nomination au poste de président avait fait l'unanimité et, pendant sa trop brève présence à ce poste, il a su prendre des mesures positives pour améliorer le fonctionnement de notre institution», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Le décès de M. Nolin survient pendant le procès du sénateur suspendu Mike Duffy, qui fait face à 31 chefs d'accusation de fraude, de corruption et d'abus de confiance.

En amorçant ses fonctions de président, il avait fait part de son intention de se comporter de manière non partisane et de tout faire pour restaurer la réputation de la Chambre haute.

«Il a défendu le Sénat au moment où celui-ci était pris à partie» car il en comprenait l'importance dans le «pacte historique» qui a mené à la fondation du Canada, a plaidé Jean Charest.

La présidence du Sénat sera assurée de façon intérimaire par le sénateur québécois Leo Housakos en attendant la désignation d'un successeur à Pierre Claude Nolin.

Celui-ci laisse dans le deuil son épouse Camille, trois enfants et autant de petits-enfants.

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