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Une organisation juive perçue comme extrémiste veut s'implanter à Montréal

Une manifestation contre la Jewish Defense League avait eu... (PHOTO BORIS HORVAT, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Une manifestation contre la Jewish Defense League avait eu lieu en 2009 à Paris.

PHOTO BORIS HORVAT, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

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Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne

La section canadienne d'une organisation déjà perçue comme extrémiste par les autorités américaines, la Jewish Defense League (JDL) veut étendre ses activités dans la région montréalaise et veut exercer une influence sur les prochaines élections fédérales.

L'objectif de la JDL sera d'unir les Québécois pour combattre ce qu'elle perçoit comme la menace grandissante de l'extrémisme islamique, a affirmé son directeur national, Meir Weinstein.

«Vous autres, vous avez un grave problème», a-t-il dit lors d'un entretien.

L'implantation du controversé groupe à Montréal a aussi des connotations politiques. La JDL veut aussi convaincre un plus grand nombre d'électeurs d'origine juive de la région montréalaise d'appuyer le Parti conservateur plutôt que le Parti libéral. «Nous sommes préoccupés de voir les principaux leaders de la communauté juive de Montréal soutenir les libéraux, a dit M. Weinstein. Nous voulons changer cela.»

Selon lui, les conservateurs ont adopté une position «plus forte et plus correcte» sur le terrorisme.

Un porte-parole du Parti conservateur, Cory Hann, a refusé de dire si la formation était heureuse de recevoir l'appui de la JDL. «Israël et la communauté juive n'ont pas de meilleurs alliés que le premier ministre Stephen Harper et le Parti conservateur», a-t-il écrit au courriel.

L'assemblée de fondation de la sous-section montréalaise de la JDL se déroulera lundi dans un hôtel de la région. M. Weinstein prévoit s'adresser à un auditoire important.

«Nous concentrons nos efforts pour établir une sous-section très active à Montréal», a-t-il dit.

Certains autres groupes, comme le Centre consultatif des relations juives et israéliennes de Montréal (CERJI), soutiennent que la présence de la JDL dans la métropole n'est pas souhaitable. Selon eux, les Juifs sont déjà bien protégés par la police et les gouvernements.

Le rabbin Rubben J. Poupko du CERJI rappelle qu'un grand nombre de Juifs montréalais avaient déserté le Parti libéral lors des élections de 2011. Il a ajouté que la communauté juive avait une très grande confiance aux services policiers. «Il est vrai que nous avons été victimes de nombreux actes de vandalisme antisémites à Montréal, mais à chaque occasion, il y a eu enquête, poursuites et emprisonnements.»

La JDL envisage aussi d'offrir des services de protection pour des événements de la communauté juive de Montréal. M. Weinstein dit aussi qu'elle compte aussi créer une équipe d'enquête indépendante pour enquêter et infiltrer des groupes prônant le fondamentalisme musulman. «On doit rassembler le plus de renseignements crédibles. Cela nécessite de placer des gens dans ces groupes comme nous le faisons à Toronto.»

L'annonce n'émeut pas vraiment le rabbin Poupko. «Je ne crois pas qu'elle ait les moyens pour faire quelque chose comme cela», estime-t-il.

La JDL est une organisation controversée. Elle était qualifiée «d'organisation extrémiste juive violente» par le FBI dans son rapport sur le terrorisme en 2000-2001. Les autorités américaines avaient arrêté deux militants de la JDL en 2001 alors qu'ils préparaient un attentat à la bombe contre une mosquée en Californie.

La section canadienne de la JDL n'a pas un passé violent, mais certains de ses membres ont été impliqués dans des manifestations qui sont devenues violentes. M. Weinstein n'est pas certain du nombre de ses membres, mais la liste de courriels du groupe compte 3000 adresses. Le groupe est financé par des dons provenant de partout au pays, a-t-il ajouté.

Le commandant Ian Lafrenière dit que le Service de police de Montréal compte suivre de près l'arrivée de la JDL dans la métropole. Il ajoute toutefois que les autorités n'ont recueilli aucun renseignement laissant entendre que le groupe est violent ou commettra des actes de violence.

Le président du Conseil musulman de Montréal, Salam Elmenyawi, veut rencontrer d'autres groupes musulmans et non-musulmans pour voir s'ils ne peuvent pas empêcher l'implantation de la JDL à Montréal. «Si ce qu'on lit à son sujet est vrai, sa présence ne doit pas être acceptée par les autorités. Elles devraient tenter de l'expulser du Canada en général et du Québec en particulier.»

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