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Une cinquantaine d'agents correctionnels sanctionnés par an

Un gardien de prison qui tombe amoureux d'un détenu, ça n'arrive pas que dans... (Photothèque Le Soleil)

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Photothèque Le Soleil

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Annabelle Blais
La Presse

Un gardien de prison qui tombe amoureux d'un détenu, ça n'arrive pas que dans les séries télévisées. Chaque année, une cinquantaine d'agents des services correctionnels du Québec sont congédiés ou suspendus pour avoir commis des «gestes inappropriés», par exemple des «relations personnelles» avec un détenu, du trafic de drogue ou le fait de dormir au travail.

Sur les 2600 agents correctionnels des 19 centres de détention provinciaux, 558 agents ont été congédiés ou suspendus pour leur comportement, depuis 10 ans, selon des documents obtenus grâce à la Loi d'accès à l'information.

On compte une dizaine d'agents congédiés ou suspendus (de 5 à 10 jours) pour avoir tissé des liens personnels avec une personne incarcérée ou un ex-détenu. «C'est un terrain glissant, a indiqué Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec. Ce n'est pas quelque chose de fréquent, mais ça arrive, il y a un côté humain à ce métier. Mais le syndicat ne cautionne pas ça.»

Un agent a notamment été suspendu 5 jours pour harcèlement sexuel au Centre de détention de Hull, en 2006. Un autre agent a de son côté été suspendu pour avoir consulté sur un ordinateur de l'établissement de Rivière-des-Prairies du matériel à caractère sexuel.

Plus troublant, on constate également deux cas de congédiement pour falsification de documents et trafic de stupéfiants, en 2006, au Centre de détention de Montréal (Bordeaux). Les cas de violence verbale et physique sont eux aussi fréquents.

«L'idéal, ce serait qu'il n'y ait pas de gestes inappropriés, mais le travail en détention n'est pas un monde idéal. On travaille avec des personnes particulières», poursuit M. Lavoie.

Coup de fatigue

Les cas d'agents qui se sont endormis au travail ou qui ont fait preuve de négligence en matière de surveillance ne sont pas rares. Ceux qui ont été épinglés alors qu'ils cognaient des clous au travail ont écopé d'une suspension de 5 jours.

«On travaille le jour, le soir, la nuit, et quand il y a beaucoup d'heures supplémentaires, le corps humain atteint sa limite», poursuit M. Lavoie.

On constate effectivement de nombreuses suspensions pour «refus de surtemps», dont 46 cas en 2007 seulement. «C'était une période de pénurie de personnel, les gens étaient obligés de faire des heures supplémentaires, et ils en avaient ras le bol de faire plusieurs fois des 12 ou 16 heures de suite», explique M. Lavoie.

«Lorsque des quarts de travail étaient à découvert, l'employeur procédait à la réquisition obligatoire d'un employé, c'est-à-dire que nous le maintenions en fonction jusqu'à ce que nous trouvions une relève, et ce, pour assurer la santé et la sécurité de tous les occupants de l'édifice», confirme Patrick Septembre, porte-parole du ministère de la Sécurité publique.

Il ajoute que la pénurie s'est depuis résorbée de façon marquée et que le recours à la réquisition obligatoire a considérablement diminué.

Pascal Bérubé, porte-parole de l'opposition officielle en matière de sécurité publique, estime qu'une cinquantaine de congédiements et suspensions d'agents chaque année, c'est «énorme». «Je crois qu'on est mûr au Québec pour un grand exercice sur le monde carcéral, que ce soit une commission parlementaire ou itinérante, afin de se pencher sur les mesures de sécurité, la formation des agents, les conditions de détention, la surpopulation carcérale», a-t-il dit.

- Avec Serge Laplante et William Leclerc




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