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Les femmes voilées sont «manipulées», dit Janette Bertrand

Janette Bertrand dit avoir rencontré plusieurs musulmanes qui... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Janette Bertrand dit avoir rencontré plusieurs musulmanes qui lui ont dit être en faveur de la charte parce qu'elles auraient ainsi un argument de plus face à leur mari pour se défaire du fameux voile.

Photo Robert Skinner, La Presse

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Katia Gagnon
La Presse

L'auteure Janette Bertrand et la metteure en scène Denise Filiatrault, toutes deux signataires d'une lettre qui plaide en faveur de la charte des valeurs québécoises, portent un jugement sévère sur les musulmanes qui disent choisir de porter le voile. «Ce sont des folles», tranche Mme Filiatrault. «Elles sont manipulées», croit Janette Bertrand.

En entrevue à La Presse, Janette Bertrand, la rédactrice de la lettre parue ce matin dans trois quotidiens et que 20 autres femmes ont co-signée, a sa réponse toute prête quand on lui demande ce qu'elle pense des femmes qui disent porter le voile par choix.

«Je ne les crois pas du tout. Quand j'allais à la messe avec un chapeau, je pensais que c'était moi qui avais choisi de porter un chapeau, dit-elle. Elles sont manipulées pour être les objets d'une religion. Je suis mal à l'aise avec les femmes exploitées par les religions. Je voudrais toutes les sortir de là. J'aimerais leur tendre la main et leur dire: faites-vous pas avoir!».

Janette Bertrand dit avoir rencontré plusieurs musulmanes qui lui ont dit être en faveur de la charte parce qu'elles auraient ainsi un argument de plus face à leur mari pour se défaire du fameux voile.

Les vingt co-signataires de la lettre rédigée par Janette Bertrand se sont elles-mêmes baptisées les «Janette», un clin d'oeil aux «Yvette» de la campagne référendaire de 1980, ces femmes qui avaient milité pour le NON à la suite d'une bourde de Lise Payette. Cette dernière avait comparé les militants du NON à la petite Yvette soumise présentée à l'époque dans les manuels scolaires.

Au nombre des «Janette», on retrouve la scénariste Chantal Renaud, la productrice Denise Robert, l'animatrice Julie Snyder, la conférencière Michèle Blanc et la metteure en scène Denise Filiatrault.

Cette dernière n'y est d'ailleurs pas allée par quatre chemins, ce matin, en entrevue au 98,5. «Qu'est-ce que vous dites aux femmes qui disent avoir choisi de porter le voile?», lui a demandé l'animateur Paul Arcand.

«Fuck off, c'est pas vrai, ça. C'est des histoires de bonhommes, s'est exclamée Mme Filiatrault. Quand elles ne le portent pas, elles se font réprimander quand c'est pas pire et au bout, quand ça marche plus, on les sacre dans le lac. C'est notre choix? Voyons donc, ce sont des folles.»

Une étincelle nommée Dalida Awada

Janette Bertrand dit avoir eu l'impulsion d'écrire sa lettre en faveur de la charte après le passage de la jeune Dalida Awada à l'émission Tout le monde en parle. «Elle parlait comme les religieuses parlaient, avant. Elle répétait, dit-elle. Qui l'a envoyée? Les religieux. Ils ont dit toi, tu vas nous représenter.»

«Ça m'a choquée, dit-elle. Après avoir vu Djemila Benhabib (signataire de la lettre) contre cette fille-là, je me suis dit : il faut que j'écrive! Cette belle fille bien maquillée qui arrive avec un joli voile, ce n'est pas ça que je vois dans la rue. C'est des femmes couvertes des pieds à la tête, de la possessivité complète de la part du mari!»

Mme Bertrand compare la situation des femmes voilées à celle qui prévalait au Québec avant la Révolution tranquille. Elle craint, en fait, un retour en arrière. «Les hommes ont utilisé de tous temps la religion dans le but de dominer les femmes», écrit-elle.

Janette Bertrand se méfie des accommodements raisonnables «souvent réalisés au détriment des femmes.» Elle estime que la présence de femmes voilées dans les services de garde est «troublante» et hésiterait à se faire soigner par un médecin voilée.

«Je n'aimerais pas être soignée par une femme voilée. J'aurais peur. Je me dirais : tout d'un coup, dans sa religion, qu'on ne soigne pas autant les femmes que les hommes, qu'on laisse partir les vieux plus vite.»

Dans sa lettre, l'auteure compare le débat actuel à la lutte pour le droit de vote des femmes. «Beaucoup d'hommes et même de femmes ne voulaient pas de cette loi. Et pourtant, sans ce droit de vote, où serions-nous aujourd'hui?»

Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, s'est félicité de l'intervention des «Janette» sur l'importance de l'égalité homme-femmes. « C'est un fait qu'il y a eu des reculs sur l'égalité homme-femme à cause des accommodements déraisonnables qui ont été accordés ces dernières années. Nous, on veut s'assurer que ça ne se reproduise plus.»

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